jeudi 25 février 2016

Utiles, oui, mais égaux?

On m'a reproché dans mon dernier billet d'avoir osé comparer les parents et les non-parents. Beaucoup de gens sont désormais prêts à admettre que les non-parents puissent avoir une certaine utilité dans la société et qu'enfanter n'est pas la seule manière d'être utile. (Je dis beaucoup, mais ma boîte de courriel remplie de messages d'insultes me rappelle que ce n'est pas encore tout le monde qui est prêt à comprendre que le non-désir d'enfant peut être légitime et qu'il est réellement possible pour une femme de « réussir » sa vie sans enfants.) Par contre, sous-entendre que les non-parents puissent être égaux aux parents, alors là, c'est un crime de lèse-majesté.

Trop occupée à changer le monde,
Rosa Parks n'a pas eu d'enfants.
Faudrait quand même pas pousser trop loin.
« Oui, oui, vous avez le droit de pas vouloir d'enfants, on peut comprendre, on pourrait même dire que vous êtes quand même utiles à la société, mais vous n'avez pas le droit à la même reconnaissance que les parents, quand même, faudrait pas charrier, là. »

Et pourquoi pas?

Vouloir l'égalité ne veut pas dire que nous soyons en tous points identiques. Je crois très important que les hommes et les femmes soient (un jour) égaux. Cela ne veut pas pour autant dire que je crois que les hommes et les femmes soient identiques. Vous me voyez venir, n'est-ce pas? Je crois sincèrement que les parents et les non-parents sont tout aussi utiles à la société. Pas de la même manière, évidemment.

Et je vais même aller plus loin en affirmant que le droit à le reconnaissance n'est pas l'apanage des parents. J'en ai un peu ras-le-bol du discours de certaines (parce qu'on s'entend, même en 2016, ce sont encore les femmes qui se tapent le gros du travail d'élever des enfants) qui croient que tout leur est dû parce qu'elles ont eu des enfants. Wô menute. Avoir des enfants, comme ne pas en avoir, est un choix.

Tous les non-parents sont aussi riches
qu'Oprah Winfrey, c'est bien connu.
Dans mon dernier billet, j'ai parlé de la contribution économique des non-parents à la société. N'étant pas économiste, je me suis basée sur les recherches de Lucie Joubert (dans son excellent L'envers du landau) et de Laura Carroll (dans le tout aussi excellent Baby Matrix) pour jeter de la lumière sur certains faits que personne ne mentionne sous peine de se faire jeter des pierres. Mais oui, c'est un fait, (tsé, même Gérald Filion et Radio-Can l'affirment)  les non-parents contribuent financièrement pour de nombreux services sociaux dont ils ne se prévaudront jamais. Et je le répète une deuxième fois : ça ne nous dérange pas. C'est le principe même de notre société. Tout le monde paye pour le système de santé, même ceux qui ne sont jamais malades. Et c'est ben correct de même. Mais tsé... on pourrait, nous aussi, demander un peu de reconnaissance pour notre apport à la société.



« Mais noooon, tu pousses trop loin, Magenta. Bon, on te permets de pas avoir d'enfants, on dit que t'es peut-être utile, tu vas quand même pas faire une Bianca Longpré de toi et dire qu'on t'en doit une. » Ben non! Personne ne me doit quoi que ce soit. Et en retour, je dois fuck-all aux parents itou.


Betty White applaudit les non-parents
comme elle.
Quand je parle de reconnaissance, je ne dis pas qu'on devrait ériger des monuments en notre nom, que le gouvernement devrait baisser nos impôts, que les parents devraient s'incliner bien bas devant nous. Pantoute. Mais j'aimerais bien que les gens arrivent à reconnaître (d'où le mot reconnaissance, z'aviez compris?) nos différentes contributions au monde dans lequel nous vivons. De la même manière que les non-parents reconnaissent qu'élever des enfants est très demandant et demande beaucoup de temps et d'énergie. Par exemple.

Bref personne ne doit rien à personne, sauf un modicum d'empathie. Parce que l'empathie, ça ne doit pas être à sens unique, vous savez. Ce n'est pas qu'à moi de dire à une collègue nouvelle maman : « Pauvre toi, t'as pas beaucoup dormi, la nuit dernière. Ça doit pas toujours être facile, hein? » On peut aussi me dire : « Man, ça doit pas être facile à tous les jours de te faire ramasser sur Internet dès que tu dis que tu veux pas d'enfants. » Un exemple, de même. Je sais pas trop où je l'ai pris, celui-là.

Katharine Hepburn te juge, non pas
parce qu'elle a pas eu d'enfants,
mais parce qu'elle est tannée
de cette guéguerre saugrenue.




Fait que on peut-tu enterrer la hache de guerre une bonne fois pour toutes et arrêter de comparer point par point chaque seconde de la vie d'un parent et d'un non-parent pour savoir qui est le plusssssse meilleur être humain ever? Tout le monde sur cette terre a de la valeur. Tout le monde est utile. Tout le monde est (ou devrait être) égal. Point à la ligne. Chantons Kumbaya autour d'un feu de camp, prenons-nous par la main pis Give Peace a Chance, 'stie.


mercredi 24 février 2016

J'ai pas d'enfants et je ne te dois rien!

Chère Bianca Longpré,

pourquoi as-tu décidé de stigmatiser, avec ton article, celles et ceux qui ont pris la décision bien réfléchie de ne pas avoir d'enfants au lieu d'essayer de nous comprendre? C'est pourtant pas très difficile, ça prend juste un modicum d'empathie. J'ai même réalisé un film sur la question de la non-parentalité. Allez, va le voir, ça va t'aider.

Je vais te confier un secret, tsé, ça a jamais été un concours de qui est le plus égoïste au monde, les parents ou les non-parents? Ce truc-là, ça a été inventé par des parents mal dans leur peau qui cherchent à justifier leur choix de vie et en se remontant en pilant sur la tête des autres et repris ad nauseam par des médias sensationnalistes. Et je vais te révéler un punch : on est tous égoïstes, les humains. Qu'on soit parent ou non-parent. Et il nous faut un peu d'égoïsme pour survivre, sinon on se ferait marcher dessus comme un paillasson à longueur de journée.

Ce que tu appelles l'égoïsme, c'est en fait l'écoute de soi et de ses besoins au lieu de crouler sous la pression que toute la société et des gens comme toi nous mettent constamment sur les épaules pour qu'on rentre dans le moule.

Tes faux arguments, ça fait des décennies qu’on les entend.
« Et plus tard, dans 30 ans, qui fera tourner l'économie? (...) [Les futurs enfants] feront rouler l'économie, les caisses de retraite et seront la main d'œuvre pour nous, les vieux, et même pour les vieux qui ont décidé de ne pas avoir d'enfant. Dans 30 ans, ceux qui ont décidé de ne pas avoir d'enfant vont quand même toucher leur retraite, vont profiter des services sociaux, des services publics, etc... Les gens qui «n'étaient pas faits pour avoir des enfants» vont profiter des mêmes avantages que ceux qui ont dû faire plusieurs sacrifices en ayant des enfants.

Et bien que de nombreux livres aient été écrits sur le sujet, qu’à toute évidence, tu n’as pas lus, laisse-moi résumer le tout.

Ahem. Premièrement, tous les travailleurs payent toute leur vie pour leur propre retraite. Parents, non-parents, Ensuite de ça, qui fait des enfants pour avoir une retraite dorée? Qui fait des enfants pour le gouvernement, pour la patrie, pour l'économie? Un autre scoop : PERSONNE. On fait des enfants parce qu'on a un désir d'enfant. Aussi simple que ça.

Je ne veux pas du tout rentrer dans un débat de « qui paye plus » qui est à mon sens vide. Il faut plutôt s'ouvrir les yeux sur ce que l'AUTRE apporte de différent à la société.

Mais pour contrer ta liste de griefs à notre encontre, laisse-moi t'en pondre une petite de mon cru. 
-Les non-parents n'ont pas de crédits d'impôts ou de rabais de la Ville pour l'achat d'une maison
- ils ont a un taux d'imposition généralement plus élevé que les parents
-ET ils payent pour : 
- les garderies,
- les pédiatres,
- les écoles,
- les congés parentaux, etc., et ce, sans pour autant utiliser les dits services.

Et sais-tu quoi? On ne s'en plaint pas, nous. On voit ça comme étant normal puisque nous faisons partie de la société. C’est comme redonner au suivant, comme tu dis. Sauf qu’encore une fois, je vais te contredire en écrivant qu’avoir des enfants n’est pas la SEULE ET UNIQUE manière de contribuer à la société et de donner aux autres.

Sais-tu également que les non-parents ont un taux d'absentéisme bien moins élevé au travail que les parents puisque ça n'arrive jamais qu'ils doivent s'absenter tout une journée parce que Junior est malade ou que Benjamin a un match de soccer? Mais ça, évidemment, tu ne le vois pas quand tu tombes dans la simplification excessive :  « parents = altruistes, non-parents = égoïstes et inutiles à la société ».

Pour être honnête avec toi, j’en ai ras le bol de devoir justifier mon existence à des gens comme toi. Je l’ai déjà fait en 2011, je t’invite à me lire sur la question. C’est triste de constater que cinq ans plus tard, on nous fait encore les mêmes reproches. Jamais je n’oserais demander des comptes à quiconque quant à la manière dont ils seront utiles à la société. Ça nous plonge dans tout un débat moral sur la question de l’utilité et de la valeur d’une personne. Premièrement, tout ça est bien subjectif, et deuxièmement, il serait souhaitable d’éviter de tomber dans l’utilitarisme. Souhaite-t-on vraiment faire des enfants juste pour créer d’autres producteurs et consommateurs? J’ose espérer qu’on fasse des enfants pour d’autres raisons que pour être des bâtons de vieillesse et des payeurs de taxes.

Au final, ton article, il servait à quoi à part stigmatiser les non-parents? Penses-tu vraiment nous faire changer d’avis? Penses-tu vraiment qu’il soit souhaitable pour une personne qui ne veuille pas du tout d’enfant de ne pas s’écouter et de donner naissance à un être qui ne la rendra (fort probablement) pas heureuse?

En lisant entre les lignes, je comprends bien que tu diriges mal tes flèches envenimées. Tu nous cibles, mais en fait, c’est le système capitaliste qui te fait chier. Tu n’as pas assez d’argent pour contribuer à tes RÉER, tu es trop imposée, tu manques de reconnaissance, tu travailles trop. Sûrement. Comme beaucoup d’entre nous, avec ou sans enfants. Alors au lieu de t’attaquer à des gens qui ont choisi de ne pas avoir d’enfants pour des raisons qui leur sont propres et qui n’ont pas à se justifier, participe donc à faire changer le système pour que justement tes enfants n’aient pas à vivre la même chose que toi dans 30 ans.

Magenta Baribeau
Une non-mère utile parmi tant d'autres

PS: Hé, j'ai écrit une suite. C'est ici

mercredi 28 octobre 2015

Au sujet des DVDs achetés en prévente

Bonjour, chères lectrices et lecteurs.

Plusieurs contributrices et contributeurs de mes campagnes de socio-financement me contactent de ces temps-ci pour me demander quand ils recevront une copie du DVD.

Je tiens tout d'abord à vous remercier, tous, pour vos contributions et encouragements à compléter ce projet d'envergure dans lequel je m'embarquais seule, sans maison de production ni budget. Votre aide financière m'a aidée à pouvoir payer toutes celles et ceux avec qui j'ai travaillé, de mon monteur, à mon preneur de son, à mon mixeur sonore, à la graphiste qui a conçu l'affiche. Je ne me suis versé aucun salaire tout au long de ce projet qui dure depuis maintenant plus de six ans et demi. J'ai même vendu mon appartement pour financer le film et travaillé de longues heures en tant que traductrice pour pouvoir ramasser les fonds nécessaires.

Au final, j'ai reçu près de 5 500 $ en dons, mais le coût total du documentaire dépasse largement les 17 000 $. Je travaille encore et toujours seule, sans producteur et sans maison de distribution.

Heureusement, mes efforts ont récemment été récompensés et comme vous le savez sans doute, Maman ? Non merci ! sera projeté en première mondiale à Montréal, le 15 et le 17 novembre prochains lors des Rencontres internationales du documentaire de Montréal. L'engouement médiatique au sujet de ce film me ravit également et j'ai bon espoir que mon documentaire puisse faire le tour de la planète et être projeté dans de nombreux festivals.

J'en viens donc à parler du DVD. Je ne vous oublie pas, chères contributrices et contributeurs et j'ai bien l'intention d'honorer ma parole en vous envoyant tous éventuellement une copie du film. Ceci dit, elle ne sera pas disponible avant encore plusieurs mois. Pourquoi, puisque le film est prêt?

Voyez-vous, le circuit des festivals internationaux demande des primeurs dans chaque pays et si j'envoie de suite des DVDs ou des liens pour télécharger le film à tous ceux qui l'ont acheté en pré-vente, il y a beaucoup trop de chances que mon film se retrouve piraté et disponible sur Internet - ce qui ferait en sorte qu'aucun festival ne le programme. Ce serait donc la pire chose qui puisse arriver. Pour ces raisons, j'attendrai donc à la fin du circuit des festivals (à l'été 2016) pour envoyer à tout le monde une copie du film.

Vous avez déjà été patients et m'accompagnez dans cette aventure depuis 2009. Je vous demanderais donc encore un brin de patience qui sera récompensée dès que je le pourrai.

Je vous invite à suivre ma page Facebook ainsi que mon compte Twitter (en plus de suivre ce blogue) pour connaître toutes les dates de diffusion de Maman ? Non merci ! tant en France, qu'au Québec ou ailleurs. Vous pourrez donc peut-être le voir bien avant de recevoir votre propre copie du film.

Merci pour votre compréhension.

lundi 26 octobre 2015

Maman ? Non merci ! sélectionné aux RIDM de Montréal !!

J'ai l'immense bonheur de vous annoncer que la PREMIÈRE MONDIALE de Maman? Non merci aura lieu à Montréal, le 15 novembre prochain dans le cadre de mon festival de films préféré : les RIDM!!!



Deux représentations sont prévues : le dimanche 15 novembre à 21 h (mais comme le film ne dure que 74 minutes, vous pourrez quand même vous coucher tôt puisqu'il se terminera à 22 h 15) ainsi que le mardi 17 novembre à 17 h 30.

Les deux représentations ont lieu au Cinema Excentris. Il devrait déjà être possible de se procurer des billets en suivant CE LIEN.

Notez que lors de la représentation du 15 novembre, vous aurez l'occasion de rencontrer en personnes quelques personnages du film qui seront en avant avec moi pour répondre à vos questions.

Et la projection du 17 novembre sera suivie d'un débat-discussion « La maternité, un idéal à repenser ? » qui est présentée par la Fédération des femmes du Québec.

J'ai très, très hâte de vous montrer « mon bébé »!

vendredi 9 octobre 2015

La bande-annonce de Maman? Non merci! est enfin prête !

Et la voici!

Je suis extrêmement fière de notre travail et surtout de la super post-production faite par Étienne Langlois (monteur) et Gordon Neil Allen (conception sonore).


Bande-annonce de Maman? Non merci! / Trailer for No Kids For Me, Thanks! from Magenta Baribeau on Vimeo.

Depuis sa mise en ligne, il y a un peu moins de deux jours, plus de 1 700 personnes ont visionné la bande-annonce! Aidez-moi à ce qu'au moins 2 000 personnes l'aie vue d'ici la fin de la journée. Faites-la donc circuler :)

Notez que je ne connais pas encore les dates des premières projections, mais soyez assuré.e.s que je vous tiendrai au courant ici ainsi que sur ma page Facebook et mon compte Twitter. Suivez-moi pour ne rien manquer!

vendredi 28 août 2015

Le documentaire Maman? Non merci! enfin terminé !

C'est avec énormément de bonheur et d'enthousiasme que je vous annonce que mon film d'auteur est enfin terminé, après plus de six ans et demi de dur labeur!



Je suis maintenant en train de le soumettre à plein de festivals aux quatre coins du monde. Je vous donnerai plus de nouvelles quant aux dates où vous pourrez le voir en salle au cours des prochains mois!

Quant à celles et à ceux qui m'ont encouragée lors de la production du film en achetant le DVD d'avance, je ne vous ai pas oubliés. Je communiquerai avec vous au cours des prochaines semaines pour vous donner plus d'information sur la manière dont vous obtiendrez une copie du film.

Pour les autres, ne désespérez pas, vous aurez sûrement la chance de voir Maman ? Non merci ! en salle quelque part au Québec, en France, en Belgique ou ailleurs! C'est du moins mon plus grand souhait.

Magenta

jeudi 18 juin 2015

Nominez quelqu'un en tant qu'homme ou femme childfree de l'année

Le International Childfree Day cherche des candidats pour le titre de femme et d'homme childfree de l'année.

Comme vous le savez peut-être, j'ai été la lauréate de ce prix, l'an dernier et Théophile de Giraud le remporta en 2013.

C'est maintenant l'heure de nominer d'autres personnes pour l'année 2015!

Connaissez-vous des gens qui ont milité pour la cause childfree? Qui ont travaillé pour la reconnaissance de notre style de vie? Qui ont pris la parole? Qui ont écrit sur le sujet? Etc. Bref des gens que l'on devrait remercier et célébrer.

Suivez ce lien pour savoir comment nominer une personne (en anglais). C'est très simple! Vous pouvez également vous nominer vous-mêmes.

vendredi 5 juin 2015

Rappel - La fête des non-parents se déroulera demain - le 6 juin !

***RAPPEL, la fête des Non-parents aura lieu demain, samedi, le 6 juin dès 17 h 30!
au Bar populaire (
6584 boul. St-Laurent, Montreal près de la rue Beaubien)***

Déroulement de la soirée :
17 h : arrivée et premiers verres


18 h - 19 h 30 : discussion animée par Magenta Baribeau (blogueuse et auteure de Maman? Non merci!), Elise Desaulniers (auteure et militante childfree) et Gisèle Palancz (auteure de Pas de bébé à bord) à laquelle tous les gens dans la salle sont bien évidemment conviés à participer.

19 h 30 : PRIMEUR: premier extrait du documentaire de Magenta Baribeau : Maman? Non merci!

19 h 45 à ??? : on prend tous un verre ensemble et on festoie!

ÉVIDEMMENT LE TOUT EST GRATUIT!! LE BAR EST ÉGALEMENT ACCESSIBLE À TOUTE PERSONNE À MOBILITÉ RÉDUITE.

Pour plus d'information, visitez la page Facebook de l'événement.

mardi 26 mai 2015

Première Fête des non-parents à Montréal - le samedi 6 juin

Bonjour, chères lectrices et lecteurs,

c'est avec grand plaisir que je vous convie à la PREMIÈRE Fête québécoise des non-parents qui aura lieu le samedi 6 juin prochain à Montréal.

Venez célébrer avec nous votre choix de ne pas avoir d'enfant(s).

À l'instar de la FDNP créée en 2009 en Belgique, la PREMIÈRE Fête québécoise des Non-parents se veut rassembleuse et festive. Trop souvent dans notre société, célèbre-t-on les parents, il est injuste que les non-parents demeurent dans l'ombre. Bref, entre la fête des Mères et la fête des Père se déroulera la FÊTE DES NON-PARENTS!

Vous êtes childfree et tanné-e-s d'être incompris-e-s? Vous êtes un-e infertile volontaire et vous souhaitez rencontrer d'autres gens comms vous? Vous n'êtes pas certain-e si vous voulez des enfants? Vous êtes parent, mais respectez le choix de celles et ceux qui ont décidé de ne pas se reproduire? VENEZ CÉLÉBRER AVEC NOUS!

Vous avez décidé de ne pas vous reproduire pour des raisons écologiques, personnelles, politiques ou philosophies? VENEZ EN DISCUTER AVEC NOUS!

--Déroulement de la soirée:--

***RAPPEL, la fête des Non-parents aura lieu demain, samedi, le 6 juin dès 17 h 30!
au Bar populaire (
6584 boul. St-Laurent, Montreal près de la rue Beaubien)***

Déroulement de la soirée :
17 h 30 : arrivée et premiers verres


18 h 00 - 19 h 30 : discussion animée par Magenta Baribeau (blogueuse et auteure de Maman? Non merci), Elise Desaulniers (auteure et militante childfree) et Gisèle Palancz (auteure de Pas de bébé à bord) à laquelle tous les gens dans la salle sont bien évidemment conviés à participer. Le tout se veut une discussion où tout le monde a sa place.
19 h 30 : PRIMEUR: premier extrait du documentaire de Magenta Baribeau : "Maman? Non merci!"
19 h 45 à ??? : on prend tous un verre ensemble et on festoie!

ÉVIDEMMENT LE TOUT EST GRATUIT ET LE BAR EST ACCESSIBLE À TOUTES ET TOUS.

***Notez que cet endroit est un bar et n'accepte personne de moins de 18 ans.****


LIEU: Bar populaire (6584 St-Laurent, Montréal, QC H2S 3C6)
HEURE : Un 5 à 7 qui s'étirera sûrement un peu et qui commence seulement à 17 h 30 :)

Vous pouvez vous inscrire sur l'événement Facebook : https://www.facebook.com/events/535279663279914/

mardi 17 mars 2015

Une fête des non-parents à Montréal

Bonjour, chères lectrices et non-parents,

je suis en train d'organiser une Fête des non-parents à Montréal, ce printemps. À l'instar de celle qui a lieu en Europe depuis 2009, j'aimerais qu'elle se déroule entre la fête des Mères et la fête des Pères.

La formule serait assez simple : une discussion où tout le monde est convié à participer (s'ils le souhaitent), animée par quelques spécialistes (auteurs, conférenciers, etc.) dont moi. Ça se déroulerait un samedi en fin d'après-midi (formule un peu 5 à 7), probablement dans un bar (18 ans et plus et donc pas d'enfants). Le tout serait évidemment gratuit, plus l'achat de vos propres consommations.

Afin d'organiser un événement qui soit le plus intéressant possible, je vous demande votre avis : qui aimeriez-vous entendre (et qui soit domicilié au Québec) ?

J'espère que nous serons nombreux. Je vous reviendrai avec plus de détails lorsque j'en aurai.

dimanche 8 mars 2015

Bonne Journée des droits des femmes

Bonjour, chères lectrices et lecteurs,

je sais, je vous néglige. Mais ce n'est pas parce que je ne pense pas à vous, loin de là. Je suis bien occupée avec mon film et avec ma vie personnelle qui est composée de hauts et de bas.

J'en profite quand même pour écrire un petit mot ici pour souligner la Journée des femmes (et non de LA femme, nous sommes quand même plurielles) et surtout son importance en 2015.

Je suis en pleine lecture de Ainsi soit-elle de Benoîte Groult (écrit en 1974, mais encore d'actualité, malheureusement) que je vous recommande chaudement. Les inepties qu'on a pu penser (et que certains rétrogrades pensent encore) à notre sujet sont éloquentes.

Benoîte note d'ailleurs que notre société a peur du con (lire vulve, n'ayons pas peur des mots). En effet, de nombreuses sociétés continuent à le mutiler de peur que si notre clitoris restait intact, nous courrions jambes écartées telles des animaux sauvages pour attaquer sexuellement tous les hommes que nous rencontrions. (!) Plus près de chez nous, combien d'hommes (et par la bande, de femmes) craignent qu'en ayant un enfant, leur vagin ou celui de leur partenaire, ne soit plus attrayant. Même chose pour le sein qui a d'autres utilités dans la vie que de plaire à l'œil. Tant et aussi longtemps que les hommes verront ce que nous avons entre les jambes comme déplaisant (oh non, il s'y écoule parfois du sang et des bébés sortent par là, ouache!) ou même inexistant (nous n'avons qu'une fente, un vide, et non pas un membre pendouillant comme le leur), nous ne pourrons jamais espérer l'égalité des sexes. Après tout, nous parlons bien de l'égalité entre SEXES. L'égalité des genres, c'est toute une autre histoire! Déjà, faudrait le déconstruire question de cesser de penser de façon binaire. Le genre est multiple et peut-être fluide, si on le souhaite. 
« Les hommes ont toujours été ravis quand nous étions capricieuses, coquettes, jalouses, possessives, vénales, frivoles... excellents défauts, soigneusement encouragés parce que rassurants pour eux. Mais que ces créatures-là se mettent à penser, à vivre en dehors des rails, c'est la fin d'un équilibre, c'est la faute inexpiable. » (Benoîte Groult, Ainsi soit-elle)

Alors osons sortir des rails. Osons déranger. Osons répliquer. Osons demander. Osons parler de nos menstruations. Osons vivre sans avoir d'enfants. Osons faire des métiers soi-disant masculins. Osons être poilues. Osons sortir du carcan qui nous a été attitré et cessons d'essayer de plaire à l'autre, cet autre qui ne nous respecte pas telles que nous sommes. Osons être cohérentes avec celles que nous sommes réellement : des femmes et non LA femme, toutes différentes mais espérons-le, solidaires.

Je vous souhaite donc une année 2015 où nous nous serrons les coudes entre femmes et cesserons de nous juger entre nous. Finis les regards de jugement au sujet de la taille ou du poids d'une de nos sœurs. Finies, les blagues de blondes qui sous-entendent la stupidité des femmes. Finis, les commentaires désobligeants sur la soi-disant masculinité d'une telle qui ose déroger aux normes sociales. Encourageons-nous plutôt mutuellement à être des personnes uniques et belles avec nos bourrelets, nos rides et nos boutons, nos vergetures, nos cheveux blancs, nos ongles cassés, nos jambes et lèvres supérieures poilus. Si nous ne commençons pas à nous accepter et à nous soutenir, nous n'arriverons jamais à faire changer le standard de beauté dont nous sommes esclaves depuis trop longtemps. 
 
Et parlant de beauté, peut-on aussi commencer à penser à nous d'autre manière autre que comme objets? Doit-on être belles? Ça me rappelle un peu trop « soit belle et tais-toi ». Si au lieu de mettre tous ces efforts pour être constamment jolies, nous cessions de nous taire et nous essayions aussi d'être vues comme étant intelligentes et non comme des potiches. C'est effarant quand même d'écrire ceci en 2015. J'ai l'impression de parler du gros bon sens ici, et pourtant lorsqu'on écoute ce qui se dit dans les médias, tant au niveau des fictions à la télé que des politiciens, on se rend compte que malheureusement encore aujourd'hui, on s'attend de toute femme qu'elle soit jolie et posée.

Rejetons donc les standards de beauté qui nous ont été imposés et mettons de l'avant nos autres qualités: notre intelligence, notre empathie, notre force, et j'en passe, évidemment. Cessons d'être les douces petites filles modèles et emboîtons plutôt le pas de Sophie* qui est un personnage beaucoup plus intéressant que ses cousines si parfaitement féminines qu'elles tombent dans l'oubli.





*Pour celles qui n'auraient pas grandi avec la Comtesse de Ségur, je parle ici du livre Les petites filles modèles où Camille et Madeleine (des fillettes calmes, posées et donc modèles) doivent user de patience dans leurs interactions avec Sophie, la fille adoptive d'une voisine cruelle qui est colérique, vive, curieuse (donc masculine), gourmande... des traits qui lui sont reprochés et qu'elle devra corriger si elle aussi veut devenir une « vraie dame ».

dimanche 12 octobre 2014

Des nouvelles de mon documentaire

Bonne nouvelle, chères contributrices, lectrices, amies et homologues masculins,

je suis en plein rush de montage ! Eh oui, après avoir vendu mon appartement il y a quelques mois, j'ai maintenant l'argent nécessaire (vive les cartes de crédit !) pour terminer mon film.



Il n'y a toujours pas de date officielle de sortie de prévue - je vous en donnerai une dès que j'en aurai une - mais le projet avance bon train.

Je serai donc en montage intensif lors des prochains mois afin de terminer ce projet le plus rapidement, mais efficacement possible.

Comme certaines d'entre vous le savent, en janvier, cela fera six ans que j'ai commencé ce projet de film documentaire. Je ne m'attendais aucunement à ce que « mon bébé » prenne autant de temps à naître. Mais dans la conjoncture économique actuelle, avec toutes les coupes budgétaires dans le domaine des arts et de la culture, je ne suis malheureusement aucunement une exception au Québec. Faire un film complètement en dehors du système, de manière DIY, ça prend du temps... et de l'argent qu'on n'a malheureusement pas toujours.

C'est donc avec grand plaisir que je vous annonce que la période de post-production est bel et bien en branle et que Maman ? Non merci ! devrait être prêt d'ici quelques mois.

Je ne vous oublie donc pas, chères lectrices et lecteurs, et tenterai de vous donner des nouvelles de la post-prod le plus souvent possible.

Sachez qu'il est toujours possible d'acheter le DVD de Maman ? Non merci ! avant sa sortie officielle afin de m'aider à défrayer les coûts de la post-production (qui sont franchement faramineux) en m'envoyant un don de $25 (ou plus) par Paypal. Vous n'avez qu'à cliquer sur l'icône Faire un don, ci-bas.

vendredi 3 octobre 2014

Un shower de bébé... childfree?

J'ai une petite question pour vous, chères lectrices et lecteurs. Une amie m'a demandé d'organiser son "baby shower" en y insufflant de mes convictions childfree.

Ouf, toute une affaire! Surtout pour une fille qui n'a jamais été dans un "baby shower". Auriez-vous des idées de jeux amusants à faire pendant la soirée qui seraient hors norme voire childfree?

mardi 5 août 2014

About my childfree documentary - A Q&A with Laura Carroll

Q&A With Magenta Baribeau on her documentary, Maman? Non merci!
Collaboration with Laura Carroll of ICD.

I recently had the pleasure of talking with Magenta Baribeau, the 2014 Childfree Woman of the Year about the documentary she is working on, Maman? Non merci! Here’s the Q&A:

What inspired you to do your documentary, Maman? Non merci! (roughly translated as Being a mom? No thanks!)

I started thinking about doing a documentary film about women who chose not to procreate in the fall of 2008 after hearing one too many “Oh, you’ll change your mind!” comments said to me strangers after I  answered their question about my not wanting any kids. I started wondering if I was the only thirty year old in the world who did not want to have children. I realized there was a lack of representation of childfree women in the media and searched for documentary films on the subject and couldn’t find any. That’s how I got the idea to make my own.

How did you find childfree people to interview in Canada, France and Belgium?

I decided to interview various people from the Western world about their disinterest in maternity because I wondered if there was a difference in perception between various countries. I also opted for Western countries because I knew that there would be such a great difference in opinions and laws if I were to include, let’s say Africa and Asia, that I’d have enough material for 3 more films!

So I chose France, Belgium and Canada mostly because my first language is French and I wanted to make a French-language film (with English subtitles). I noticed that a lot of books on the subject were written by French and Belgian women and that’s how I ended up flying across the great pond to interview them.
Furthermore, after deciding to make a film on the reality of childfree women, I wanted to meet as many as possible, so I started a blog on the subject and got great responses from all over the globe. I interviewed close to fifty women in and around Montreal and finally selected about fifteen Canadian women to showcase in my film.

Why have you interviewed childfree people and people who changed their minds and became parents?

My film is about childfree women, women who really know that maternity is not for them for various reasons. They are the main focus of my documentary. I chose to film women instead of men or couples because in my research, I found out that there is a much greater pressure to procreate exerted on women than on men. So I thought I’d give them a voice.

But to put their experience into perspective, I had to also interview couples and even a former childfree woman who decided at age thirty-seven her reasons not to have any children weren’t valid anymore. I thought it important to add her views to the film, not because, like most people think, we will sooner or later “change our mind and want to become parents,” but because there are as many reasons not to want children as there are childfree people. Every experience is both unique to each individual and shared by other childfree people around the globe.

What have you learned the most from producing your documentary so far?

That it is a hard and long process... haha especially when you’re doing a DIY film. Quebec and Canada have been cutting funding to the arts for the last four years and documentary filmmaking has been the hardest hit. There used to be a lot of resources to help budding filmmakers make their first film, but now everything has been cut.

We don’t have patrons or sponsors in Canada to help directors make a film; we rely on government help and right now there isn’t any. Even major directors that have been to Cannes and nominated for Oscars have trouble finding funds to complete their films, so imagine a first-time director such a myself!

That said, I have a bachelor’s degree in cinema and know a lot of ways to make a film on a small budget. I started a crowdfunding campaign a few years ago on IndieGogo to help me fund my film by asking people to contribute what they can (from $10 to…well, the sky’s the limit). I have spent a lot of time networking, trying to get funds so I can pay my collaborators (soundman, editor, music composer, etc.)—time I could not spend on my film. Making DIY films is a full-time job, yet you have to make ends meet and pay your rent. It’s been quite the puzzle.

I’ve learned a lot from the process, not only artistically speaking, but also on a personal level. I’ve met incredible people on this journey, people who believe in my film and have contributed time and money just because they think this subject ought to hit the festival circuit and be shown in theaters because not wanting children is still a taboo in 2014.

The film has received a lot of interest from local and international media, which is making me hopeful that maybe one day, not wanting children will be regarded as just another lifestyle that deserves respect, which is the very subject of my film.

How can people help you fund the post-production phase and help get your film out into the world?

After five years on the project, I’m now at the editing stage, which is the longest and most costly stage. I need to book rooms and editors (for both the sound and image), and so far I’ve been really fortunate.  I was awarded fifty percent off at one of the best post-production studios in Montreal.

Still, even after fifty percent off, paying people to edit the film full-time for three months will still cost me close to $15,000. I’ve managed to save up $5,000 by working like a maniac, selling my house and through my crowdfunding campaign. I’m still $10,000 short. Any financial or volunteer help would be most welcome. I may need help starting and managing a new crowdfunding campaign.

It is possible to buy the DVD of my film in advance on my blog for $25 (click the Paypal icon), which will help me finish it. It is also possible to contribute more. Anyone donating $100 or more will be featured in the credits and thanked a million times!!

(Make a donation)
 

vendredi 1 août 2014

Magenta Baribeau - lauréate du prix "Childfree woman of the year"



« Le 1er août 1973, l'Alliance nationale pour la maternité facultative (National Alliance for Optional Parenthood) a décidé de célébrer quelque chose d'extraordinaire, soit la Journée des non-parents en décernant un prix masculin et féminin à des non-parents. L'an dernier, soit 40 ans plus tard, nous avons choisi de faire revivre cette initiative et l'avons nommée Journée internationale des childfree (International Childfree Day). 
Cette année, deux Canadiens sont à l'honneur en tant qu'homme et femme childfree de 2014. La femme childfree de l'année est Magenta Baribeau, documentariste et blogueuse, et l'homme childfree de l'année se nomme Dann Alexander.
Dann Alexander est un écrivain pigiste de la Nouvelle Écosse. Son livre, Planned Unparenthood: Creating a Life Without Procreating, a joué un rôle significatif dans l'univers des non-parents en tant que premier livre écrit par un homme sur ce sujet. Dann a contacté de nombreux hommes childfree afin de les encourager à partager leur histoire personnelle, même si certains d'entre eux craignaient de parler ouvertement de leur non-désir d'enfant. Il blogue et écrit sur divers sujets childfree par volonté de rejoindre un auditoire international et partager ses pensées sur le mode de vie childfree. Dann envisage également de travailler avec de nombreux groupes de défense des droits des non-parents afin de promouvoir la question childfree autour du globe. On peut le contacter sur Twitter @WriterDann. »
Vous pouvez trouver plus d'information au sujet du International Childfree Day ainsi que des lauréats sur la page (anglophone) de l'ICD.

Encore une fois, merci au comité de sélection de m'avoir choisie. Je suis très touchée!