J'aimerais
beaucoup avoir le courage de parler à mes voisins du son inapproprié
que font leurs enfants. Je tiens tout de suite à dire aux parents
qui me liraient que je sais pertinemment que je vis en société, que
les enfants ont le droit de s'exprimer et que cela fait partie des
choses normales de la vie. Tout à fait. Ceci dit, il faut quand même
les encadrer.
Quand
j'étais enfant, ma mère me disait souvent : "Baisse le
ton." "Parle moins fort." "Crie pas, t'es pas
toute seule au monde." Mon enfance n'a pas été brimée pour
autant. Au contraire, j'ai appris
que j'évoluais à l'intérieur d'une collectivité et que la liberté
des uns s'arrête là où commence celle des autres, bref que je
pouvais m'amuser et exister sans pour autant faire chier les gens
autour de moi.
En tant qu'adulte, je ne parle donc pas très
fort, je suis une bonne voisine qui ne marche pas fort, qui enlève
ses chaussures à l'intérieur, qui ne claque pas les portes, qui ne
met pas la musique à tue-tête. Bref je respecte le droit à la
quiétude des autres. Et j'aspire à ce que ce soit réciproque.
Je sais que dire aux
autres comment élever leurs enfants est un sujet sensible, voire à
éviter tant que possible. Mais pour quelle raison ne peut-on pas, en
tant qu'humain membre d'une collectivité, émettre une opinion quant
à certains comportements problématiques? Le bruit excessif est un
grave problème de discorde en société. On appelle la police pour
se plaindre de la musique d'un voisin qui fait vibrer notre vaisselle
à toute heure du jour ou de la nuit, d'un party qui nous réveille à
grands coups de drum and bass, etc. Pourquoi doit-on tolérer le
bruit infernal que mènent des bambins lorsque c'est réellement
épouvantablement fort? Parce qu'il faut bien que jeunesse se passe?
Oui... et non.
Il y a un peu plus de deux ans (et je vous en avais déjà parlé à l'époque), j'ai
changé de quartier pour m'établir dans Rosemont qui est
certainement un lieu plus familial que Centre-Sud. Et j'ai rapidement
sû que mes voisins avaient des jumeaux en bas âge – ils doivent
avoir à peu près quatre ans maintenant – qui HURLENT à plein
poumons dès qu'ils sont dehors. Le problème, c'est que mon appart
est situé à l'arrière du building, à environ un mètre de leur
cour, et que j'entends tout comme si ça se passait chez moi. Ce qui
me met le feu au c-- (pour reprendre une expression de ma mère),
c'est que les parents sont là, dehors, avec les enfants, et qu'ils
ne font rien, rien du tout, pour que le volume baisse. Au contraire,
ils leur achètent des jouets hyper bruyants et parlent très fort
entre eux. Comme quoi, le problème est vraiment au niveau de
l'éducation des enfants.
Bref, ça fait deux ans
que j'endure, me disant que ça va passer, que ça va s'améliorer,
mais non. J'aimerais avoir le courage de mes convictions et prendre
le temps de descendre leur parler au risque de passer pour une folle,
ce que je ne crois réellement pas être. La tolérance est une
vertu, mais elle a aussi ses limites. Reste juste à trouver une
manière de leur expliquer la situation calmement, parce que
généralement, je n'ai envie de leur parler que lorsque je suis
excédée... À suivre.
Si cela vous est également arrivé,
je serais curieuse de savoir comment vous avez réglé la situation.