Le Washington Post publiait des chiffres étonnants, hier matin. En effet 49 % des grossesses ne seraient aucunement planifiées. Toutefois le taux d'avortement serait en baisse (ce qui réjouirait la journaliste, voir 2e paragraphe de la citation).
Researchers at the Guttmacher Institute in New York City pooled data about pregnancy intentions, live births and abortions to establish rates of unintended pregnancies. The paper, published today in the journal Contraception, found that of the 6.7 million pregnancies in 2006, almost half (49 percent) were unintended. While that number is only slightly higher than in 2001 (when it was 48 percent), it indicates that we’re moving in the wrong direction.
The report does offer a couple of bright notes: The unintended pregnancy rate for 15- to 17-year-olds actually decreased, and the percentage of unintended pregnancies ending in abortion among all women decreased from 47 percent in 2001 to 43 percent in 2006.
Les résultats de l'étude du Guttmacher Institute sont disponibles
ici.
Moi, ça me fait peur. Si la moitié des grossesses ne sont pas planifiées et que l'avortement est en baisse, l'indice de bonheur serait-il peut-être lui aussi en déclin?
Au Québec, j'ai pu trouver des statistiques quant au nombre d'interruptions volontaires de grossesse, mais aucune à propos du nombre de grossesses non souhaitées (parce que celles-ci ne se terminent pas automatiquement pas un avortement, et les avortements peuvent être pratiqués malgré une grossesse volontaire.)
Je crois que tout le débat est là. Dans ce non-choix. Je crois qu'il est faux d'affirmer qu'en 2011, on fait des enfants par choix. Souvent, on décide de garder l'enfant après la surprise de découvrir une grossesse non voulue. Ceux qui font réellement le choix d'avoir des enfants sont en marge, une strate privilégiée et plus scolarisée de la société. Faites le test, demandez autour de vous pourquoi vos collègues, amis, membres de la famille ont eu ou veulent des enfants et vous verrez que leur réponse ressemble généralement à "Qu'est-ce que tu veux dire par pourquoi?"
À mon avis, les gens ne s'interrogent pas assez avant d'avoir des enfants. Je crois qu'il est de notre devoir en tant que citoyen de la planète qu'avant de mettre une bouche de plus à nourrir au monde, on se questionne quant à nos raisons.
Je continue de le dire, je crois qu'il y a d'excellentes raisons d'avoir des enfants... et des moins bonnes. Il en va de même des raisons pour lesquelles ne pas en avoir. Reste qu'il faille se questionner... et ce plusieurs fois dans notre vie, puisque nous, humains, sommes des êtres qui, souhaitons-le, évoluons tout au cours de notre vie.
J'espère que la sortie de mon documentaire fera réfléchir les gens. C'est ce que j'espère de tout coeur. J'ai espoir qu'un jour, plus de gens se posent des questions avant de poser un geste définitif. Parce que contrairement à la décision d'avoir ou non un condo, de vivre ou non à la campagne, avoir un enfant est irrévocable.
Nous connaissons tous des parents qui admettent (parfois à demi-mot ou sous le couvert de l'anonymat sur Internet) regretter d'avoir eu des enfants. Les journaux parlent souvent d'enfants maltraités (et donc de parents malheureux et en crise) et on lit malheureusement trop souvent des histoires d'infanticide dans les manchettes. Toutes ces choses font foi qu'il est possible de regretter être parent. Il ne faut pas oublier de penser aux enfants dans tout ça. Ils méritent des parents heureux et donc des parents qui ont pris le temps de réfléchir à leurs motivations et de prendre une décision éclairée.
Alors je dis à tous : pensez-y bien avant d'avoir des enfants. Interrogez-vous sur les raisons. Peut-être vous surprendront-elles. Peut-être vous rendrez-vous compte qu'en fait, il n'est pas nécessaire d'avoir des enfants pour être heureux ou peut-être constaterez-vous que vos raisons de ne pas en vouloir ne tiennent plus la route après tout ce temps et changerez-vous d'idée. Ça arrive, me dit-on :) L'essentiel est d'être heureux avec ses décisions, peut importe ce qu'elles sont.