mercredi 24 février 2010

Livres "childfree" : Épanouie avec ou sans enfant et L'Envers du landau

Lors de la recherche pour mon documentaire Maman ? Non merci ! j'ai lu plusieurs livres touchant au passionnant sujet des femmes qui ne souhaitent pas avoir d'enfant. J'ai recensé plus d'une trentaine de bouquins sur le sujet (presque tous écrits par des Américaines ou des Européennes) et l'un de mes préférés est sans contredit Épanouie avec ou sans enfant d'Isabelle Tilmant que je vous conseille fortement de lire. Mme Tilmant opte pour une perspective neutre dans ce livre qui raconte du point de vue psychologique tous les mécanismes qui entrent dans le désir ou le non-désir de procréer. Sans aucun jugement, l'auteure nous dévoile les vies de mères qui regrettent, de femmes qui auraient voulu avoir des enfants et qui n'en ont pas eu, et le chapitre me touchant davantage: celles de femmes pour qui la maternité n'était d'aucun intérêt. 



Le grand débat qui me tombe profondément sur les nerfs à savoir de qui est la plus égoïste, celle qui veut vivre une vie libre sans enfant ou celle qui procrée pour se voir dans les yeux d'un enfant est vu d'une perspective tout autre nous expliquant que tout désir de maternité provient d'un désir égoïste, tout comme le refus de la maternité peut provenir d'une vision négative de ce qu'est une mère chez la femme lorsqu'elle était enfant. Bon... je simplifie sûrement un peu trop, mais je vous invite à vous faire votre propre opinion en lisant Épanouie avec ou sans enfant.

D'ailleurs, le premier ouvrage canadien-français sur le sujet des femmes ne voulant pas d'enfant est paru en janvier 2010. Il s'agit de L'Envers du landau écrit par Lucie Joubert, prof à l'Université d'Ottawa. Je n'ai pas encore eu la chance de le lire, j'espère pouvoir l'entamer sous peu. (il est très prisé à la Grande bibliothèque de Montréal et je suis 5e sur la liste d'attente depuis plusieurs semaines). 


Je me questionnais justement, il y a quelques mois, sur l'absence de livres canadiens sur le sujet. Boude-t-on la question de la non-maternité choisie ou est-ce un symptôme flagrant que les non-mères sont encore vues comme une tare si vilaine qu'il ne faut même pas en parler? Bref, je suis heureuse que Mme Joubert tire le voile sur ce tabou.

Avez-vous eu la chance de le lire? Qu'en avez-vous pensé? Je vous livrerai mes pensées sur le bouquin dans les semaines à venir. Je l'ai finalement commandé sur Amazon.

Je vous laisse en vous suggérant l'écoute de l'émission de Christiane Charette du 1er février dernier où était invitée Lucie Joubert pour discuter de L'Envers du landau. Silvia Galipeau  a d'ailleurs eu la primeur d'annoncer la parution du livre le 29 janvier dernier dans La Presse. Et Bazzo.TV en a parlé le 18 février 2010. Je sais, je sais, je suis en retard dans les nouvelles, mais que voulez-vous, j'ai démarré ce blog après la parution du livre... alors tant qu'à être quelques jours en retard, j'en profite pour vous en parler des semaines après tout le monde! ;)

lundi 22 février 2010

Et la stérilisation là-dedans?

Avez-vous déjà songé à la stérilisation chirurgicale pour vous ou votre conjoint? Qu'avez-vous choisi : une vasectomie ou une ligature?


Une dame que j'interviewais pour mon documentaire me dit que la vision des autres face à sa décision de ne pas avoir d'enfant a changé depuis sa ligature. "Lorsque je dis que je ne veux pas d'enfant, on me répond toujours que je vais changer d'idée. Je réponds que ça fait 25 ans que je veux pas d'enfant, mais on ne me croit pas. Mais maintenant, quand je souris et réponds d'un ton assuré que je me suis fait ligaturer, alors là, on me prend vraiment au sérieux. Comme si cette personne comprenait que là, je n'allais pas changer d'idée. C'est vraiment étrange de voir qu'on a cessé de m'infantiliser depuis mon opération."


Je m'intéresse à la question étant moi-même en train de peser le pour et le contre d'une ligature. Mon conjoint, comme sûrement beaucoup d'autres hommes, refuse d'entendre parler de vasectomie. 


J'ignore ce qu'il en est des femmes, mais pour les hommes, le bon fonctionnement de leurs testicules est au centre de leur estime sexuelle et leur assure une certaine virilité... que je comprends mal en tant que femme. Personnellement, je crois bien que je me sentirai aussi femme après ma ménopause que maintenant. Pour moi, féminité ne rime pas avec fécondité.

À ce propos, j'ai bien essayé de trouver un dessin comique traitant de ligature de trompes... en vain. Comme quoi il semblerait bien que la vasectomie exerce sur l'homme un plus grand traumatisme que chez les femmes...




Pour terminser sur une note amusante, je vous invite à écouter la "Vasectomy Song" qu'on a pu entendre dans un épisode de Family Guy


vendredi 19 février 2010

L'Âne, la chèvre, le chien et le taxi.

Je présente ce soir à Main Film (4067 Saint-Laurent suite 303, coin Duluth, à Montréal) un court métrage que j'ai tourné au Mali en janvier 2009. La soirée aura lieu de 19h à 22h et c'est gratuit ! J'espère vous y voir en grand nombre :)


(You can see below the original French-language film with English subtitles)





Ce court film de 2 minutes et demi raconte une fable malienne à propos des animaux du pays et leur comportement près des routes. Avec Moumouni Coulibali. Tourné au Mali, en Afrique de l'Ouest. Il se nomme L'Âne, la chèvre, le chien et le taxi.



jeudi 18 février 2010

Les femmes et le cinéma


Depuis la création des Academy Awards en mai 1929, seules trois femmes ont été nominées dans la catégorie "Meilleur réalisateur". Aucune d'entre elles n'a gagné.


Voici leurs noms:

Lina Wertmüller en 1976, nominée pour
Seven Beauties; mais John G. Avildsen l'a remporté avec Rocky.

En 1993, Jane Campion a été nominée pour
The Piano; mais le gagnant fut Steven Spielberg avec Schindler's List.

Enfin, en 2003: Sofia Coppola est nominée pour
Lost in Translation; par contre, Peter Jackson l'a remporté avec The Lord of the Rings: The Return of the King.

Images: gracieuseté des
Guerrilla Girls

Au Québec, malheureusement, c'est pareil. Une dépêche des Réalisatrices équitables en 2008 fait état de notre dure réalité. Seulement 14% des subventions accordées par la SODEC ( Société de développement des entreprises culturelles) reviennent aux femmes.

Toutes les statistiques de leur recherche

J'aimerais trouver davantage de données sur le sujet. Quel pourcentage des demandes de subvention au CALQ (Conseil des arts et lettres du Québec) provient-il de femmes. Et combien de subventions nous sont-elles accordées?

Déjà pour les artistes de la relève au CALQ, en septembre 2009, 42 demandes avaient été reçues par l'organisme, mais seulement 7 projets avaient reçu du financement en écriture. On me dit que la SODEC finance environ 3 projets dans son volet production (tournage) pour les Jeunes créateurs et je crains que le nombre de projets déposés se situe entre 50 et 100. Il est déjà très ardu d'obtenir du financement en art, mais pour les femmes, cette difficulté est décuplée.

Pourquoi?

Il est temps de réagir.



mercredi 17 février 2010

Problème de commentaires résolu



Désolée pour les problèmes qui survenaient lorsque vous tentiez de me laisser des commentaires. Le bogue est maintenant chose du passé !

Il est dorénavant d'une simplicité enfantine (ha! ha!) de laisser des commentaires sur le blog de Maman ? Non merci ! alors ne vous gênez plus.

Image gracieuseté de Spike Wolfwood sur DeviantArt

La parole est à vous !

De plus j'ai ajouté un lien en haut à droite, sous la photo, où vous pourrez très facilement lire ce blog sur votre Google Reader ou ailleurs.


mardi 16 février 2010

Le Jour de la famille ontarien

Au risque de choquer mes amis parents, j'ose exprimer mon doute quant à l'utilité du Jour de la Famille. En effet, hier avait lieu la deuxième édition du Jour de la Famille en Ontario et plusieurs bénéficiaient d'un congé payé par leur employeur pour passer du bon temps en famille.

Bien sûr, les non-parents peuvent utiliser ce jour de congé supplémentaire pour faire les courses, flâner au lit ou rêver de trouver un traitement contre le cancer, mais reste que ce congé peut être perçu comme exclusif. Pour les non-parents involontaires, ce congé peut être un rappel de leur infertilité douloureuse alors que les childfree le verront comme une autre occasion pour les familles de montrer la "normalité" de leurs choix de vie.

Ce n'est sans parler du poids économique d'un congé payé supplémentaire pour le gouvernement de l'Ontario ainsi que plusieurs PME.

Qu'en pensez-vous?

Et pour finir... une belle photo de la famille de George W. Bush, gracieuseté du site Awkward Family Photos

lundi 15 février 2010

L'hypersexualisation de l'enfance; un excellent documentaire

Documentaire explorant l'hypersexualisation de notre environnement ainsi que ses effets nocifs sur les jeunes. Nos enfants sont-ils poussés à devenir de petits adultes avant l'heure? La réalisatrice dénonce la culture malsaine dans laquelle baignent les enfants et les adolescents. Proposant plusieurs pistes d'action afin de lutter contre l'hypersexualisation et l'érotisation de l'enfance, le film nous invite à nous mobiliser pour mettre un terme à ce phénomène inquiétant.

Images et propos choquants. Excellent documentaire, à mon avis, qui nous dévoile un triste portrait de notre société post-féminisme.


Durée : 35 min 27

À regarder sur le site de l'ONF.ca


dimanche 14 février 2010

Combattre les stéréotypes

Ceci n'a aucun lien direct avec mon documentaire Maman ? Non merci ! mais témoigne quand même d'une réalité de la société dans laquelle je vis, réalité que je tiens à dénoncer puisque cet épidose n'est pas unique dans ma vie.

Vendredi, je suis allée au Future Shop avec mon ami Dominic. Je cherchais à acheter des DVDs vierges et je cherchais à me rappeler si mon ordinateur gravait des -R ou des +R lorsque Dominic me suggéra d'aller dans la section informatique voir si mon ordinateur n'y était pas. Miracle, il était encore en vente et j'ai donc pu constater qu'il était indiqué sur le graveur de CDs: -R/+R, RW.

Confusion. Je demande donc de l'aide d'un vendeur. Je lui parle bien gentiment, lui expliquant la situation dans laquelle je me trouvais. Au lieu de m'expliquer la différence entre les deux types de DVDs, il se tourne vers mon ami Dominic et commence à lui demander des spécifications techniques de l'ordinateur. Je le regarde et lui dis: "Excuse-moi, c'est moi qui te parlais." Afin d'avoir son attention. Dominic lui dit que la question était la mienne et que ça ne le concernait pas. Le vendeur finit donc son explication en parlant à la bonne personne.

Je ne peux me rappeler le nombre de fois que je me suis trouvée dans cette situation, étant dans une boutique d'électronique de mon propre chef, mais avec un ami et le vendeur discute presque systématiquement toujours avec l'homme, même si celui-ci était muet alors que j'étais celle qui posais des questions.

Quelle façon de faire déplorable. C'est honteux. On prend systématiquement pour acquis qu'étant une femme, je 1) me fous de tout ce qui est électronique 2) n'y connais que dalle et donc l'homme pourra mieux répondre que moi.

On se croirait en 1962, où la femme devait obtenir la signature de son mari pour pouvoir retirer de l'argent du compte commun. Comme quoi, plus ça change, plus c'est pareil.






samedi 13 février 2010

Une vidéo humoristique "childfree"

Raison numéro trois pour laquelle je ne veux pas d'enfant...

Cette pub que j'aime depuis nombre d'années ne cesse de me donner le sourire lorsque je la revois. Si vous ne la connaissez pas, ou pour la revoir, ça vaut le détour de cliquer ci-bas :)



vendredi 12 février 2010

La Domination masculine


J'ai été voir ce documentaire choc de Patric Jean hier au Cinéma Beaubien (honte à moi, c'était ma première excursion dans ce cinéma... mais certainement pas ma dernière) après n'avoir pu le voir en grande première au Québec aux RIDM parce que sold-out suite à la publicité découlant des menaces de mort qu'avait reçu le cinéaste s'il se pointait dans notre belle province de la part de masculinistes !

Béatement naïve, je ne découvre que cette année l'existence de ces hommes souhaitant un retour au "bon vieux temps" où la femme était soumise à l'homme... Eh oui, les masculinistes québécois ont un site web qui me donne la nausée. Un blog du nom de Marc Lépine... Faut quand même être dérangé pour idéaliser un tueur de femmes!

***

En premier lieu, j'aime beaucoup l'affiche que je trouve frappante et amusante. Les chroniqueurs de Bazzo.TV ne semblent pas d'accord avec moi. À vous d'en juger.


Quant à moi, je ne trouve pas cette affiche anti-féministe. La dame n'a pas particulièrement les ongles "négligés" à mon sens. Courts, oui. Rongés ou sales, non. Et son décolleté n'est pas voyeur. Montrer sa "craque de seins", comme disent les chroniqueurs n'est pas indécent. Une femme a des seins et j'ai vu des exemples bien plus dérisoires pour la femme que cette image.

Pour en revenir à La Domination masculine telle quelle, j'ai bien aimé ce film et surtout sa facture indépendante. J'ai l'impression que Maman ? Non merci ! sera la petite soeur de ce film, tous deux tournés au Québec, France et Belgique et décriant une chute libre du féminisme.

Je suis impressionnée par les personnages de Patric Jean, ils se livrent sans pudeur à sa caméra. Le film commence par un homme nu, passant au bistouri pour une chirurgie d'allongement du pénis. Cet homme que j'aurais cru pudique se montre à visage découvert et nous livre les raisons pour lesquelles il souhaitait cette chirurgie.

Plus tard, des femmes battues à la clinique nous racontent leurs mésaventures. Même un ex-homme batteur nous livre sa façon de penser. Je suis impressionnée par ces témoignages difficiles à récolter. Bravo!

Et excellente recherche de documents d'archive. Léo Ferré qui raconte à la télé en 71 que la seule chose créative dont est capable une femme est d'enfanter et qu'elle arrête d'essayer autre chose, m'a sidérée. De même que certaines pubs de voiture, livres pour enfants, etc.

***

Je vous dirais que ce qui m'a frappé le plus, est la différence de mentalités entre les Françaises et les Québécoises. Dans le premier quart du film, on rencontre plusieurs femmes lors d'une soirée de speed dating. Elles nous décrivent leur prince charmant : "Un homme qui fait bien entendu plus d'argent que moi. C'est quand même à l'homme que revient la tâche de subvenir aux besoins du couple." "Je cherche un homme jaloux, possessif... et arrogant." "J'aime les hommes qui me dominent..."

Je n'en croyais pas mes oreilles. Jamais, au Québec on n'entendrait une jeune femme dire cela. Peut-être le pense-t-elle, sait-on jamais, mais elle n'oserait le dire à voix haute. Choc culturel. Où est donc passé le féminisme des années 60-70? Dur retour du balancier. Du machisme intériorisé chez les femmes. À l'aide!

***

Je vous recommande donc le visionnement de La Domination masculine qui vous fera sans doute rouler des yeux une quantité incroyable de fois, soupirer et même rager. Mais je prêche sûrement pour ma paroisse...

Pour plus d'info:

Si le film vous intéresse, il est à l'affiche jusqu'au 18 février prochain au Cinéma Beaubien.

Cliquez ici pour connaître les horaires :





dimanche 7 février 2010

Un peu de folie... et de controverse.

Un peu de n'importe quoi pour égayer ce dimanche. En 2006, un artiste illuminé du nom de Daniel Edwards décidé qu'il était impératif de créer une statue (en grandeur réelle) de Britney Spears donnant naissance sur une peau d'ours. Si le sujet même me semble complètement frivole, l'ajout de la peau d'ours ne fait qu'amplifier mon sentiment de : c'est pas sérieux, ça?!

Ce qui me choque dans cette sculpture n'est pas qu'on montre une femme donnant la vie, mais que M. Edwards a décidé de créer cette oeuvre dans le but d'acclamer la décision de Britney de favoriser sa vie de famille plutôt que sa carrière musicale. Mon questionnement n'est pas de déterminer si Britney Spears est une bonne chanteuse ou non, mais de comprendre le but de l'artiste. Le titre Monument to Pro-Life: The Birth of Sean Preston me fait grincer des dents. Je ne peux m'empêcher de croire que cette oeuvre s'inscrit dans la propagande pro-bébés.





Qu'en penses-vous? Est-ce de l'art naïf, du fanatisme pro-vie, une caricature de la chanteuse ou un autre symbole patriarchal tentant de remettre la femme à sa "juste" place?






vendredi 5 février 2010

Petit historique de la contraception au Québec

Le mouvement féministe des années 60-70 au Québec tout comme en Europe et aux États-Unis cherchait à donner aux femmes davantage de possibilités de carrière que celle de lafemme au foyer. Nombre de féministes de cette époque refusèrent d'obéir au modèle patriarcal de contrôle de la femme en n'ayant pas d'enfant. Le retour du balancier s'opère dans les années 2000. On enregistre une hausse du taux de natalité de 16% depuis 2002 eten 2008 l'indice de fécondité a atteint son sommet depuis 1976.

La libéralisation de la contraception est une des grandes victoires de la révolution sexuelle. Le travail du Dr Morgentaler à la fin des années 60 révolutionne la façon de penser du Québec face à l'avortement qui est finalement décriminalisé en 1988. La stérilisation autant masculine que féminine reste un tabou dont on entend beaucoup moins parler que de la pilule, du préservatif ou de l'avortement. Aujourd'hui encore, c'est beaucoup plus ardu pour une femme d'y avoir accès que pour un homme alors que le taux de réversibilité est le même.

Quelques dates importantes

1870 Le premier préservatif apparaît sur le marché français. Mise en marché commerciale vers 1900. (date inconnue au Québec).

1930 Le stérilet est conçu, mais mis sur le marché qu'après la Seconde Guerre mondiale

1956 La première pilule contraceptive est créée par le Dr Grégory Pincus. Cette pilule est mise sur le marché afin de remédier aux troubles du cycle menstruel. Le Code criminel canadien interdit la diffusion de toute information concernant la limitation des naissances et certains députés réfractaires à la contraception prédirent l’extinction de la population sur dix années. L’Église catholique interdit la contraception sous peine d’excommunication (tout en permettant son utilisation pour le contrôle des difficultés menstruelles)

1960 Ce n’est qu’en 1960 que cette pilule contraceptive est autorisée aux États-Unis en tant que moyen contraceptif. D'abord réservé aux seules femmes mariées, puis étendu aux femmes célibataires, son usage se généralise en dépit de résistances légales. Le 10 juin 1960, le gouvernement conservateur de John Diefenbaker autorise la commercialisation de la première pilule contraceptive et son utilisation ne cesse de croître. L'apparition des méthodes de contraception permet aux couples de contrôler leur reproduction.

1969 Le Parlement canadien décriminalise la contraception. L'avortement reste illégal

Au terme de modifications adoptées en 1969, les médecins qui pratiquaient un avortement pouvaient, dans certaines conditions, bénéficier de l'immunité. La loi légalisait l'avortement s'il était effectué par un médecin dans un hôpital accrédité après qu'un comité eût certifié que la continuation de la grossesse mettrait probablement en danger la vie ou la santé de la mère. Cette modification codifiait le moyen de défense théorique excipant de la nécessité.

Plusieurs individus ont milité pour le droit à l'avortement sur la place publique, un des principaux acteurs étant Henry Morgentaler. Le site concernant l'historique de
l'avortement stipule que "Dans les années 60, le médecin Henry Morgentaler pratique ouvertement l'avortement en cabinet privé. De plus, il demande publiquement l'abolition de la loi sur l'avortement en 1967." Les Québécois ont commencé assez tardivement une lutte pour le droit à l'avortement. Ce n'est qu'en 1973 que s'oppèrent le début des batailles juridiques au Québec.

• Durant les années 1960-1970, les stérilisations chirurgicales sont accordées selon une règle mathématique basée sur l'âge et le nombre d'enfants. Durant les années 1980, la stérilisation est accordée davantage sur la base du choix individuel. Dès le début des années 1990, le ministère de la Santé et des Services sociaux s'inquiète du nombre élevé de couples de 30 ans et plus dont l'un des partenaires est stérilisé.
(Québec, Orientations ministérielles en matière de planification des naissances, p. 15).

L'Institut de la statistique du Québec signale que les ligatures des trompes sont en décroissance depuis un certain nombre d'années. De 26 705 en 1980, elles sont passées à 9 947 en 1999. Durant la même période, le nombre de vasectomie a augmenté de 15 317 à 18 113. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce renversement de situation: les hommes assument une plus grande responsabilité face à leur fertilité; la vasectomie est une intervention chirurgicale moins lourde et moins coûteuse que la ligature, etc. Globalement, le nombre de stérilisations féminines et masculines a chuté de 42 000 à 28 000 ces 20 dernières années.

Le 28 janvier 1988, la Cour suprême du Canada déclarait inconstitutionnel l’article 251 du Code criminel dans le célèbre arrêt Morgentaler, parce qu’il restreignait les droits à
la vie, à la liberté et à la sécurité des femmes. L’avortement était enfin décriminalisé.

2008 La pilule du lendemain est maintenant en vente libre au Québec.

2010 Un homme peut se faire vasectomiser au Québec dès l'âge de la maturité (18 ans) alors qu'une femme de plus de 30 ans doit toujours insister pendant plusieurs années avant qu'on lui accorde un rendez-vous pour une ligature des trompes. Le Dr Nicolas Nélisse, spécialiste en vasectomies (Votrevasectomie.ca) me répond dans un courriel où je lui demande si mon copain (fictif) de 19 ans pouvait se faire vasectomiser: « Je ne refuse pas de patient en fonction de leur âge. La vasectomie est une chirurgie définitive. Il existe bien une chirurgie pour reconnecter les
canaux mais cette procédure n'est efficace que dans 30-35% des cas. Donc, chez la majorité
des gens, une fois la vasectomie effectuée, il n'y a plus de retour en arrière. »

Le mythe veut que la vasectomie soit plus accessible que la ligature des trompes puisque réversible, ce qui est faux, elle ne l'est qu'à 30%. Donc 70% des vasectomies sont ad vitam aeternam. Même chose pour une ligature des trompes. Bref, aucun âge minimal pour un homme adulte, mais pour une femme adulte, oui.





jeudi 4 février 2010

Un peu d'humour

Ces quelques posters métalliques sont sur le mur face à mon bureau de travail... lors de moments de grande lassitude, ça m'aide à continuer :)








"Bien non, tu vas changer d'idée!"

Le très célèbre "Bingo des parents chiants" se trouvant sur plusieurs sites "Childfree" m'amuse toujours beaucoup. En tant que femme trentenaire sachant pertinemment bien que je ne veux pas d'enfant(s) et n'en voudrai jamais je trouve ce bingo fort à propos. En effet, on m'a servi au moins une demi-douzaine de ces répliques au cours des dernières années.

En effet, c'est considéré comme complètement farfelu que je puisse savoir hors de tout doute à seulement 31 ans et trois quarts (oui, oui, 31 et 3/4!) que je ne veux et voudrai jamais être mère. On pense toujours que je vais inévitablement changer d'avis. Imaginez un moment que j'aie raison et que je me connaisse assez après avoir vécu assez intimement avec moi-même depuis près de 32 ans pour pouvoir affirmer qu'en effet la vie de mère ne m'intéresse pas le moindrement. Et pas qu'aujourd'hui. Pardi, je ne me suis pas réveillée un matin, récemment en me disant: "Tiens donc, je n'aurai pas de bébé aujourd'hui." C'est un long processus de réflexion qui s'est enclenché en mon for intérieur avant que je sois en mesure de clamer haut et fort que non, les enfants, ce n'était pas pour moi.

Je n'ai tout simplement jamais voulu d'enfant. Pourquoi? Parce que ça ne m'intéresse pas le moins du monde. Peut-être en effet manquerais-je de beaux moments où le sourire de mon enfant sera la plus belle chose au monde. Oui. Et puis après? Je manquerai aussi beaucoup d'autres belles choses. Je ne serai probablement jamais pilote d'avion. Je ne vivrai probablement jamais sur une plage près d'une des mers du Sud. Bien oui, faut faire ses choix et j'ai fait les miens.

Maman? Non merci. Pas pour moi. Pas maintenant, pas dans dix ans. Je vais oser dire quelque chose de choquant : "Les bébés, ça m'énerve. Je trouve très rarement ça cute, et très souvent ça me dérange." J'ai l'impression d'être réaliste en disant qu'avoir un enfant change une vie... et ne la change pas de manière qui m'intéresse. Parler couches et coliques, pas avoir le temps de ranger sa maison, des jouets partout, courir après le petit qui découvre le monde, amener la petite à l'école, ensuite aux cours de nage, faire les devoirs... Ouf! Juste à écrire ça, je suis essouflée. Très peu pour moi. Désolée, j'ai d'autres plans de vie qu'être une bonne.

Et au juste, pourquoi est-ce inconcevable que je refuse la maternité? À mon sens, l'horloge biologique est un mythe inventé par la société moderne afin de culpabiliser celles qui n'avaient pas encore eu d'enfant à 30 ans.



C'est vrai que la société nous forme toutes dès le plus jeune âge à devenir d'éventuelles mères. Mais il est possible de choisir une autre vie que celle-là, une vie bien remplie et pas plus égoïste qu'une autre. Une vie d'épanouissement, de romance et de calme. Ça m'a l'air bien plaisant tout ça.




mercredi 3 février 2010

Qu'est-ce que "Maman ? Non merci !" ?

Maman ? Non merci ! est un projet documentaire long métrage visant à redorer le blason des femmes qui choisissent de ne pas être mères. Pourquoi? Parce que les médias ne s'intéressent pas assez à nous qui ne voulons pas avoir d'enfant.

Le combat des femmes qui ne veulent pas d’enfant demeure, encore en 2010 au Québec, une réalité incomprise par une grande partie de la population. Pire encore, dans une société pro-bébés où les journaux font tout un plat de la célébrité du jour affichant une bédaine, personne ne s'interroge à propos des maintes femmes qui choissient de vivre leur vie différemment.

Ce documentaire d'auteur examine en profondeur les valeurs, sentiments et raisonnements qui s'affrontent dans le quotidien de ces femmes dont je fais partie. Ce documentaire est une quête: la mienne. Je suis une de ces femmes qui ne ressentent pas le besoin d'enfanter et j'essaie de comprendre comment mon choix personnel de ne pas avoir d'enfant entre dans le domaine public et pourquoi je cause toujours un choc lorsque j'affirme à haute voix que je ne veux pas avoir d'enfant.

L'appel aux témoignages est toujours en vigueur. Il me fera plaisir de recevoir vos commentaires de femmes refusant d'envisager une vie de mère, de couple "childfree", de femmes rurales pour qui être sans enfant est peut-être plus rock and roll qu'en ville.

Pour me contacter et pour plus d'information sur mon documentaire visitez http://www.magentabaribeau.com>