mercredi 27 juin 2012

Réponse à un courriel blessant

Aujourd'hui, j'ai reçu ce courriel de la part d'une dame qui s'aime peut-être un peu trop et qui tient à contacter ceux qui ne lui ont rien demandé pour leur dire à quelle point leur réflexion n'est pas poussée. Je me permets de recopier l’entièreté du message afin de vous communiquer à quel point il est insultant et blessant de recevoir des lettres non sollicitées qui ne se veulent aucunement aidantes, mais critiques et méchantes.
Bonjour Mme Baribeau,

Je suis arrivée dans votre site via la page de la Gazette des femmes. Je considère votre point de vue légitime, mais je ne peux m'empêcher de déplorer les limites à la réflexion qu'imposent les bases sur lesquelles il repose. En effet, comme les athées qui se définissent en opposition aux croyants (s'ils n'y avait soudain plus de croyants, que deviendraient-ils? les croyants ne sont-ils que ça? le sont-ils tous de la même manière? peut-ont être diversement athée?), il semble que les "childfree" ou "non-parents" tracent les contours de leur identité en opposition à ceux qui ont des enfants, alors même que, très paradoxalement, ces "childfree" ou "non-parents", dont vous-même, dénoncent le fait que la parentalité est à ce point mise de l'avant dans les médias qu'elle finit par devenir réductrice. Vous demandez à ce que cette parentalité ne soit vue que comme une facette de l'identité de chacun - et tout particulièrement des femmes -, mais vous réduisez vous-mêmes l'identité de ceux qui ont des enfants, par rapport auxquels vous souhaitez vous distinguer ouvertement, à n'être que cela, des parents, des "avec enfants" (par opposition aux "sans", les "childfree").

Si vous souhaitez vraiment que les femmes se construisent elles-mêmes et soient vues socialement comme des amantes, des professionnelles et, parmi plusieurs autres facettes, des mères, vous devriez vraiment remettre en question la case dans laquelle vous enfermez ceux/celles qui ont des enfants, voire qui placent la famille au centre de leur vie. Ce n'est certainement pas une tare de le faire, et si les médias mettent la parentalité - et la maternité - de l'avant, c'est peut-être simplement parce qu'il s'agit de l'un des derniers lieux communs qui unissent l'humanité, aussi banal que cette explication puisse paraître (je n'avais plus aucun contact avec plusieurs membres de ma famille élargie avant d'avoir des enfants : j'étais l'intellectuelle d'un milieu populaire, la Montréalaise de passage dans la région natale, la voyageuse chez les sédentaires, la lectrice chez les télévores, loin de "ma nature", je n'avais rien pour réintégrer le clan, si l'on peut dire : je n'approuve pas ce procédé d'exclusion/réinclusion, je le remarque simplement, sans en faire tout un plat). Sans compter que les diverses représentations des biotechnologies n'ont rien pour rassurer personne et que, dans ce contexte, la "bedaine" est qqch de réconfortant. Je ne vois rien de plus misogyne là-dedans que dans le reste des aspects sous lesquels on donne à voir les femmes dans la sphère publique - il y en a des bien pires...

Je me souviens d'un jour de 2005, un an après la naissance de mon premier fils, où j'ai rencontré par hasard ma directrice de thèse dans une bibliothèque où je faisais des recherches : "Eh ben, vous n'avez pas l'air d'avoir arrêté longtemps." De la part d'une farouche "childfree" (qui avait déjà dit à l'une de mes amies que les bébés, c'est comme des petits animaux baveux et bruyant qui empêchait de vivre, etc., ou qqch d'aussi édifiant), cela m'avait bien fait rire. Pourquoi avoir fait allusion à ma récente maternité et m'avoir ainsi "inventé" des contraintes? Papa était simplement à la maison en train de s'occuper de poupon, auquel je ne pensais pas le moins du monde, totalement absorbée par mon travail. Si cela n'avait été de cette rencontre, ma maternité ne me serait revenue à l'esprit qu'en toute fin de journée.

Je me souviens encore d'un jour de 2008, peu après la naissance de mon deuxième fils, où je prenais tranquillement un café avec une connaissance rencontrée encore une fois par hasard. Bébé pleurait dans sa poussette et je tentais de le calmer tout en continuant ma conversation. Elle me lance : "Toi tu prends ça bien, on dirait, la maternité. Ça n'a pas l'air de t'énerver." Par où l'on doit évidemment entendre: "Moi ça m'énerve tellement que j'en fais une obsession et que si j'avais un enfant, ça me tuerait." D'ailleurs, cette femme a fait quatre fausses couches avant d'avoir un bébé, qu'elle a finalement eu par pur souci de normalisation sociale. Je ne dis pas qu'elle n'aime pas son enfant, mais l'angoisse autour de ça était si forte qu'elle a abouti à plusieurs psychothérapies, épisodes dépressifs médicamentés, congés forcés, etc. C'est certainement cela qu'il faut dénoncer. Mais le faire reviendrait à quoi, devant une personne aussi mal en point? Faut-il aller lui dire : "C'est la société qui te rend malade"? Ou faut-il accepter ce désir (même forcené) d'enfant comme légitime et offrir tout l'appui qu'on peut à cette femme, en évitant tout discours réducteur quant à son identité? Malgré ce que vous semblez croire, et malgré le bon sens lui-même, peut-être, il semble bien que la recherche du bonheur prenne des chemins bien plus impensables qu'on ne pourrait le croire. Aussi, si un certain pourcentage de parents s'estimeraient plus heureux sans enfants, cela ne signifie certainement pas que c'est la parentalité qui les empêchent d'être heureux, mais bien le manque de capacité autoréflexive (qui doit-on blâmer pour cela?) et, encore plus, d'appui social et communautaire aux familles. Se sentir désemparé en tant que nouveaux parents est très commun aujourd'hui, le soutien de la famille proche ou élargie pouvant être quasi inexistant.

Tout ça pour dire que cette opposition parentalité/non-parentalité me semble avoir tout les traits d'une obsession mal réfléchie. Une véritable analyse des représentations sociales actuelles de la parentalité (et peut-être plus spécifiquement de la maternité) devrait selon moi conduire au dépassement de cette opposition.

Considérant l'état actuel de votre réflexion, je comprends que votre projet n'ait pas reçu de financement. La stérilité par choix ne devrait pas être aussi appliquée à la pensée.

Madame Lachance
Montréal

Ma réponse, je l'avoue, écrite tout de suite après la réception, fut des plus brèves.

Madame Lachance,

je ne vous remercie pas pour ce courriel non sollicité où vous m'insultez dans mes réflexions alors que je ne vous ai rien demandé. Il est évident que vous n'avez rien lu de mes écrits puisque n'importe qui de moindrement ouvert d'esprit et capable de réflexion se rendrait compte en moins d'un instant que je n'ai jamais opposé parentalité et non-parentalité.

Si ce documentaire doit se faire, c'est bel et bien parce qu'il y a des gens comme vous qui insultent nos choix de vie privés et nous bombardent d'opinions qui, franchement, ne nous intéressent absolument pas.

Au plaisir que vous ne répondiez pas à ce courriel et que vous appreniez à garder vos opinions pour vous et adieu.

Magenta Baribeau
Je vais tenter maintenant d'expliquer de manière plus posée pourquoi un tel courriel m'a a ce point énervée.

Premièrement, madame Lachance, sachez que si l'on se "définit" en tant que childfree ou non-parent, c'est qu'il faut bien donner un terme à notre statut. Sachez de plus que je n'ai rencontré personne au cours des quatre dernières années de recherche sur ce documentaire qui se définit exclusivement comme childfree. Ce n'est pas un état en soi, c'est un qualificatif, un de plusieurs. Je suis une femme, je suis une artiste, je suis une amie, je suis intolérante au lactose, je suis non-parent, je suis Montréalaise, etc. Ce blog et ce documentaire se veulent une exploration de ce qualificatif, sans nécessairement le privilégier à tout autre.

Ce que je trouve de réducteur dans la passion des médias pour la maternité est le fait qu'ils se concentrent uniquement sur cette facette de la femme et oublient toutes les autres. Pour cette même raison, mon film Maman? Non merci! se penche sur toutes ces facettes et pas que sur la non-maternité. Une femme peut être une amante, une amie, une femme, une mère, une employée, une bénévole, etc. Ces titres ne s'excluent pas mutuellement. Par contre, beaucoup de médias aujourd'hui préfèrent réduire la femme à son seul statut de mère et le privilégier à tout autre. En faisant de la sorte, on finit par croire que la maternité est plus important que tout. Je me permets de demander: "Pourquoi?"

Je suis triste de constater que vous avez été blessée par votre directrice de thèse qui vous a semblé anti-enfant. Peut-être l'était-elle, peut-être n'était-ce que votre opinion, je ne le saurai jamais. Ceci dit, vous ne pouvez pas mettre tout le monde dans le même bateau. Ce n'est pas parce qu'une personne childfree vous a intimidée que tous les non-parents sont de même. J'ai rencontré beaucoup de childfree qui aiment les enfants. J'ai également rencontré des non-parents qui n'aiment pas trop les bébés. Par contre, qu'on les aime ou qu'on ne les apprécie pas outre mesure, le fait demeure le même: nous ne souhaitons pas en avoir pour diverses raisons qui n'ont pas à être justifiées auprès de quiconque.

Enfin, je me permets de répondre que si votre propre réflexion vous mène à croire que toutes les personnes qui, comme moi, revendiquent le droit de mentionner publiquement notre non-désir d'enfant sans pour autant être attaquées (comme vous le faites), sont obsédées par cette idée de non-parentalité, je tiens à vous rassurer que ce n'est pas du tout le cas. Nous vivons généralement très bien notre état puisqu'il a été choisi et est le fruit d'une longue réflexion. Nous n'opposons rien du tout, nous savons tout simplement ce qui est le mieux pour nous. Certaines personnes rêvent de maternité, d'autres non. Nous ne nous positionnons pas face à un refus de quelque chose, mais plutôt vers l'acceptation d'une réalité tout autre que celle d'élever des enfants. Je n'ai - et n'aurai - pas d'enfant non pas parce que je suis anti-bébé, mais parce que je préfère une vie sans enfant. J'aime ma vie. J'aime la vivre de la manière dont je le fais présentement. Il ne me manque rien. Je suis heureuse.

Comprenez-vous maintenant que ce n'est pas un refus. Ne vous arrêtez pas à la terminologie. Childfree, non-parent, infertile volontaire, nullipare, ce ne sont que des appellations. Il faut bien nommer les choses après tout. De nombreuses théoriciennes francophones et anglophones se sont penché sur la question de cette appellation. Chaque mot a une limite. Childfree ou "libre d'enfant" sonne comme si tous les enfants étaient des boulets. "Non-parent" est un refus de quelque chose. Etc. On cherche donc un autre terme qui serait plus positif, plutôt à propos de profiter de la vie autrement. Mais pour l'instant, ce terme n'existe pas. Alors au diable la terminologie. Il faut passer outre.

Enfin de terminer votre longue missive avec une pointe mesquine par rapport au financement de mon documentaire est, selon moi, vil et d'une grande bassesse. Vous pouvez ne pas être d'accord avec mes choix de vie, vous pouvez ne pas être intéressée par le sujet de mon film, mais de dire que ce documentaire fait avec les moyens du bord, avec beaucoup de bénévoles, avec de grands investissements personnels et de généreux dons de personnes (childfree ou non) qui croient en mon film, a bien fait de ne pas être financé, c'est mesquin, madame.

Finalement, si au départ je ne vous ai pas remercié pour votre missive, je me rétracte maintenant et vous remercie. Pourquoi? Parce que vous m'avez renforcée dans mes convictions, madame, que notre position de "childfree" est mal comprise et qu'il faut donc que je rectifie la donne. Ce film se fera, madame, sans votre soutien financier, bien évidemment, mais celui de bien des gens qui, comme moi, sommes fatigués de se faire insulter lorsque nous prenons position. Ce film se fera. Ce film se fait. Ce film est en gestation et il verra le jour sous peu.

25 commentaires:

aschellenberg a dit...

It is so sad that this woman felt she needed to take the time to write such a misplaced and angry email. I - for one - am thrilled that you have been making this documentary, and are showing people that they do have a choice if they become parents or not. I eagerly await your film, and in the meantime, I follow your blog and am glad there is someone who shares my interest in being childfree by choice.
Keep up the good work - and the positive message.

Anonyme a dit...

Là comme ça, j'aurais envie de te faire un câlin :'(
Nous sommes des gens biens, restons-en convaincus.
Merci encore pour ton travail, pour ce que tu fais :* J'ai hâte de voir ton documentaire, je suis certaine qu'il va être très bon!!

Flora.


PS : Mais quelle connasse!!

Magenta Baribeau a dit...

Merci, Flora.

Ceci dit, je préfère ne pas la traiter de noms. Je préfère en règle générale que personne ne traite personne de noms et que le tout se fasse dans le respect. Ceci dit, je l'admets, ce n'est pas toujours facile quand ça vient nous chercher dans nos entrailles et nos convictions.

Ce que j'espère faire avec ce film, et ce blog, est d'engager une discussion respectueuse. On peut vouloir avoir des enfants et respecter (lire: ne pas tenter de déconstruire les arguments d'autrui) ceux qui n'en veulent pas et vice versa. C'est du moins mon souhait.

Anonyme a dit...

Je comprends, ta démarche est bonne. Et je la partage ne comprenant pas moi non plus pourquoi il faudrait nous opposer.

Le "connasse" c'était pour l'humour, parce qu'au fond je trouve ce mail très violent, bien plus violent que si justement elle t'avait insulté de ce simple mot.

Tu es courageuse.

Flora.

Magenta Baribeau a dit...

Merci beaucoup. Oui, en effet, j'ai trouvé ça très violent et blessant. Je crois d'ailleurs que c'était son but. On verra si elle y répond.

I. Lachance a dit...

[La limite du nombre de caractères m’oblige à verser ma réponse dans plusieurs entrées. Voici la première.]

Bonjour Mme Baribeau (et les autres, maintenant qu’on en est rendu là. D’ailleurs, en voilà une décision hautement éthique d'avoir ainsi publié un courriel PRIVÉ… PRIVÉ, ça veut dire quoi selon vous? Vous savez que je pourrais entamer des recours juridiques seulement sur cette base? Si j'avais voulu publier dans votre blogue, je l'aurais fait. Or, ce n'est pas ce que j'ai fait. Maintenant, me voilà l'objet de remarques tout à fait déplacées.)

Pour ce qui est de votre réponse (dont je vous remercie, le débat nourrit la démocratie, pas le lançage d'insultes), j'y réponds ici même :

Vous écrivez :
"Premièrement, madame Lachance, sachez que si l'on se "définit" en tant que childfree ou non-parent, c'est qu'il faut bien donner un terme à notre statut."

Réponse :
Mais pourquoi est-ce que ce serait un "statut"? Vous dénoncez la pression sociale sur les femmes, mais vous vous soumettez vous-mêmes à cette pression sociale en vous définissant comme non-parents. Vous intégrez à votre identité un élément qui n'a pas à y appartenir autrement que si cette pression sociale agit sur vous - si vous la laissez agir sur vous.

Vous écrivez :
"Sachez de plus que je n'ai rencontré personne au cours des quatre dernières années de recherche sur ce documentaire qui se définit exclusivement comme childfree."

Réponse:
C'est tant mieux. Je n'ai jamais parlé d'exclusivité de mon côté.

Vous écrivez :
"Ce n'est pas un état en soi, c'est un qualificatif, un de plusieurs."

Réponse:
Je demeure donc perplexe face à l'idée d'en faire un documentaire, dans ce cas. S'il prend envie à quelques-uns de m'insulter parce que je suis perplexe, grand bien leur en fasse. Je ne savais pas qu'on pouvait l'être pour si peu.

Vous écrivez:
"Ce que je trouve de réducteur dans la passion des médias pour la maternité est le fait qu'ils se concentrent uniquement sur cette facette de la femme et oublient toutes les autres."

Réponse:
Mais depuis quand? Si une "veudette" apparaît à la une d'un média avec sa bedaine, c'est bien parce qu'elle était autre chose AVANT; autrement, on irait prendre n'importe qui dans la rue pour la mettre à la une (et là, on parlerait bien de propagande nataliste). La star X ou Y qui apparaît enceinte dans les médias est déjà connue au moment de passer à la une (chanteuse, animatrice, actrice, etc. rarement scientifique ou intellectuelle, avez-vous remarqué?), et là on s'intéresse à sa bedaine (et après ou avant à son mariage, puis à son bébé, à son enfant autiste, sourd, etc.). C'est du people, du "human interest" (cf. Chartrand) le plus plat et le plus ordinaire. Céline Galipeau a bien déjà passé au Téléjournal une capsule longuette sur Tasha Kheiriddin "en famille", en train de border son enfant dans son lit... C'était d'une impertinence sans nom, mais ce n'était rien d'autre qu'une manière d'"humaniser" la femme en question - c'est évidemment un procédé très douteux, qui repose sur l'a-priori voulant qu'une femme de carrière semble assez inhumaine pour qu'on ait besoin de la présenter avec son enfant et c'est bien cela que l'on doit dénoncer.

Magenta Baribeau a dit...

Oui, madame, c'est une décision éthique, et je vis très bien avec moi-même. C'est risible de dire qu'on peut entamer des recours légaux pour avoir publié votre courriel, alors que j'ai omis votre prénom et, bien évidemment, votre adresse courriel. Franchement! Vous me faites vraiment rire, dites donc. Merci!

I. Lachance a dit...

[Deuxième entrée.]

Vous écrivez:
"... beaucoup de médias aujourd'hui préfèrent réduire la femme à son seul statut de mère et le privilégier à tout autre. En faisant de la sorte, on finit par croire que la maternité est plus important que tout. Je me permets de demander: "Pourquoi?""

Réponse:
Et je me le demande aussi à chaque fois. Surtout quand une personne connue devient tout à coup un/e interlocuteur/trice sur des questions familiales et n'a rien de plus intéressant à dire que n'importe qui sur le sujet (cf. le conseil de famille à la défunte émission d'après-midi à la Première chaîne de R.-C.). D'ailleurs, dans mon message PRIVÉ, je donne une hypothèse à ce sujet (c'est une manière de lieu commun, une manière de se relier, un des derniers lieux du vivre-ensemble - c'est bien sûr pathétique et on aimerait des projets sociaux plus larges, mais il semble que la parentalité en soit un pour l'instant : pendant quelques minutes, Madame X lit son magazine et se sent liée à Coeur de Pirate parce qu'elle va avoir un bébé.) Je n'ai jamais dit que votre projet était illégitime, je VOUS faisais seulement remarquer (et NON à la planète entière) que la réflexion me semblait trop courte, en raison de l'opposition sur laquelle elle repose. Il ne me semble pas que je méritais de me faire traiter de CONNASSE PUBLIQUEMENT pour cette raison. (D'ailleurs, franchement, si j'étais appuyée par des gens se permettant de tels écarts de langage dans une tribune publique, je me questionnerais sur mes appuis.)

Vous écrivez:
"Je suis triste de constater que vous avez été blessée par votre directrice de thèse qui vous a semblé anti-enfant."

Réponse:
MAIS ABSOLUMENT PAS! C'est bien ça que vous n'arrivez pas à saisir : on peut porter un regard DISTANCIÉ sur le discours d'une personne! Ses propos sur les bébés ne me blessent pas, je les trouve seulement SYMPTOMATIQUES d'un état peu enviable. L'amie à qui elle avait tenu ces propos ne les avait jamais sollicités, ce qui était d'autans plus surréaliste. Pour ma part, franchement, l'opinion de x, y ou z sur le fait d'avoir ou non des enfants dans tel ou tel milieu m'indiffère au plus haut point quant à mes choix personnels. Et il faudrait se demander ici si avoir des enfants est seulement un choix personnel - la vision du bonheur individuel qui sous-tend votre démarche peut aussi être questionnée. Encore une fois, elle est légitime : c'est bien sûr à la femme de décider si elle enfantera ou non, mais dans la mesure où nous vivons en société, c'est AUSSI une question sociale. Si la parentalité est devenue problématique (et elle l'est très certainement), c'est que notre vision individuelle et collective du bonheur s'est modifiée, au point où les enfants peuvent devenir un problème - ce n'est pas rien de le dire.

Vous écrivez:
"J'ai rencontré beaucoup de childfree qui aiment les enfants."

Réponse:
Il y a aussi une tonne de parents qui ne les aiment pas (cf. la DPJ...). Ce n'est pas là la question. Je voulais seulement dire que les personnes que j'ai rencontré qui faisait tout un plat du fait d'avoir/de ne pas avoir des enfants étaient généralement assez malheureuses. Ce n'était pas un "statut", mais bien un problème - et leurs discours relevaient bien plus du malaise, parfois même psychosomatique (et c'est déplorable), que de la véritable défense d'un statut, qui relèverait, elle, du politique.

I. Lachance a dit...

[Troisième entrée.]

Vous écrivez:
"... nous ne souhaitons pas en avoir pour diverses raisons qui n'ont pas à être justifiées auprès de quiconque."

RÉPONSE:
Dans ce cas, pourquoi faites-vous un documentaire? C'est bien la question que je me pose! Faites des oeuvres d'art au sens complexe et impénétrable, si vous ne voulez vraiment pas vous justifier! (J'aimerais bien, ici, avoir une réponse de Flora, sans insultes s. v. p.)

Vous écrivez:
"Enfin, je me permets de répondre que si votre propre réflexion vous mène à croire que toutes les personnes qui, comme moi, revendiquent le droit de mentionner publiquement notre non-désir d'enfant sans pour autant être attaquées (comme vous le faites),"

RÉPONSE:
Je vous invite à relire mon message PRIVÉ. Je ne vous "attaque" pas à ce sujet (s'il faut employer ce terme), mais bien au sujet de l'a-priori sur lequel repose votre projet. Franchement, à l'âge auquel j'ai moi-même décidé d'avoir des enfants, ayant branlé dans le manche comme pas une, je ne vais pas aller écoeurer ceux qui n'en veulent pas! Voyons donc!

Vous écrivez:
"Nous vivons généralement très bien notre état puisqu'il a été choisi et est le fruit d'une longue réflexion. Nous n'opposons rien du tout, nous savons tout simplement ce qui est le mieux pour nous."

Réponse:
Je ne reviendrai pas longuement là-dessus, mais oui, vous "opposez" "non-parents", c'est une opposition. Et ce n'est pas une opinion personnelle que j'émets ici: "non", ça veut dire "non". Si je dit que je suis une "non-végétarienne" (en voilà un autre truc qu'on aime attribuer aux vedettes), c'est que je considère qu'il y a une pression sociale à s'exprimer là-dessus. Or, je ne le dis pas (je sors cet exemple parce qu'il est similaire), tout simplement parce que je me contrefiche du discours médiatique à ce sujet. Le gros burger juteux qu'on nous a mis à la une de L'Actualité pour présenter un questionnement sur le fait qu'on mange ou non trop de viande est absurde. Je ne suis pas végétarienne, mais je n'engouffre rien d'aussi écoeurant non plus. Encore une opposition stérile : gros burger versus salade de quinoa. Connerie.

Vous écrivez:
"Certaines personnes rêvent de maternité, d'autres non."

Réponse:
On n'a pas à "rêver" pour devenir parents. Des décisions peuvent se prendre sur un plan rationnel, vous savez. Ça se fait encore.

Vous écrivez:
"Nous ne nous positionnons pas face à un refus de quelque chose, mais plutôt vers l'acceptation d'une réalité tout autre que celle d'élever des enfants. Je n'ai - et n'aurai - pas d'enfant non pas parce que je suis anti-bébé, mais parce que je préfère une vie sans enfant."

Réponse:
Mais pourquoi en faire tout un plat? Est-ce qu'il y a qqn qui arrive chez vous à tout bout de champ pour vous dire de faire des enfants?

Vous écrivez:
"J'aime ma vie. J'aime la vivre de la manière dont je le fais présentement. Il ne me manque rien. Je suis heureuse."

Réponse:
Tant mieux, et vous me voyez contente de l'apprendre. Mais cela n'empêche pas de réfléchir, il me semble. Et de considérer qu'il y a peut-être des points de vue qu'on n'avait pas encore considéré. Le vôtre, en revanche, m'est tout à fait familier : il est partout chez les gens qui font tout un plat des enfants et qui cessent tout à coup de nous inviter/côtoyer/etc. dès leur naissance. Alors que, franchement, si je parle pour moi, je ne vois pas trop en quoi mes enfants m'empêchent de faire quoi que ce soit (par exemple de perdre du temps de travail à répondre à des messages publics au sujet d'un message privé?)

I. Lachance a dit...

[Quatrième entrée.]

Vous écrivez:
"Comprenez-vous maintenant que ce n'est pas un refus. Ne vous arrêtez pas à la terminologie... Alors au diable la terminologie. Il faut passer outre."

Réponse:
On ne peut penser/agir en-dehors du langage. La langue, ce n'est pas de la terminologie. Surtout quand ça sert à délimiter des identités. La langue nous pré-existe, nous naissons dedans, elle se met dans notre tête, dans notre bouche malgré nous et tout ce que nous faisons est nommé - encore plus dans le domaine des arts, vous devriez savoir ça.

Vous écrivez:
"De nombreuses théoriciennes francophones et anglophones se sont penché sur la question de cette appellation. Chaque mot a une limite. Childfree ou "libre d'enfant" sonne comme si tous les enfants étaient des boulets. "Non-parent" est un refus de quelque chose. Etc. On cherche donc un autre terme qui serait plus positif, plutôt à propos de profiter de la vie autrement.

Réponse:
Voilà un sujet intéressant, mais encore une fois, je remarque : "profiter de la vie", qui repose sur la conception du bonheur dont je parlais (dans mon message PRIVÉ et plus haut ici même). Pouvez-vous seulement concevoir que des personnes (dont je m'exclus, pour être assez versée sur le plaisir) ne cherchent pas à "profiter de la vie"? C'est assez choquant d'y penser, mais ça se peut! Comment conçoit-on le fait d'avoir/de ne pas avoir des enfants dans ce contexte, je veux dire à côté de la poursuite du bonheur, objectif que nous héritons de la modernité mais qui n'est peut-être pas valorisé par tous (même si c'est bien triste d'y penser)?

Vous écrivez:
"Enfin de terminer votre longue missive avec une pointe mesquine par rapport au financement de mon documentaire est, selon moi, vil et d'une grande bassesse."

Réponse:
Mais pourquoi? Le non-financement par des institutions est une décision publique.

I. Lachance a dit...

[Cinquième et dernière entrée.]

Vous écrivez:
"Vous pouvez ne pas être d'accord avec mes choix de vie,"

Réponse:
Relisez mon message et dites-moi en quoi je questionne votre choix de vie. Ce que je questionne, c'est l'opposition (simpliste). D'ailleurs, le sujet me semblait d'un grand intérêt, et c'est pourquoi je me suis rendue dans votre site. Si les questions que vous posez l'avaient été de manière plus intéressante, je vous aurais versé une contribution immédiatement. Le fait même de ne pas pouvoir nommer l'état que vous décrivez en-dehors d'une opposion est bien le noeud de l'affaire et c'est par là que l'on perçoit le plus la pression sociale. Elle passe bien par le langage, n'est-ce pas? Donc : évacuer la question du langage (en considérant cela comme de la simple "terminologie") empêche la réflexion d'être conduite jusqu'à son terme et de la sortir du simple choix personnel - puisque la parentalité n'est pas seulement cela. Et je ne vous servirai pas le discours habituel sur le fait que mes enfants vont payer vos soins de santé avec leurs impôts, vous le connaissez certainement déjà.

Vous écrivez:
"Finalement, si au départ je ne vous ai pas remercié pour votre missive, je me rétracte maintenant et vous remercie. Pourquoi? Parce que vous m'avez renforcée dans mes convictions, madame, que notre position de "childfree" est mal comprise et qu'il faut donc que je rectifie la donne."

Réponse:
Si ce merci n'est pas ironique (et je ne crois pas qu'il le soit, quoique j'ai bien cru avoir envoyé un message privé qui est soudainement devenu public... voyez par là la mesure de mon ingénuité), je vous dis bienvenue.

Vous écrivez:
"Ce film se fera, madame, sans votre soutien financier, bien évidemment, mais celui de bien des gens qui, comme moi, sommes fatigués de se faire insulter lorsque nous prenons position."

Réponse:
Que savez-vous de mes intentions? Lisez-vous à ce point dans les pensées des gens que vous devinez par exemple qu'ils voulaient voir leur message publié en ligne alors ils l'envoyaient à votre adresse privée? Hmmm... Si je décide de verser de l'argent dans votre projet, je vais le faire. Vous n'avez pas à penser à ma place.

Vous écrivez:
"Ce film se fera. Ce film se fait. Ce film est en gestation et il verra le jour sous peu."

Réponse:
Et j'irai le voir si je le vois passer.

Magenta Baribeau a dit...

J'espère que votre diatribe est terminée. J'en profite donc pour vous répondre très simplement: lisez mon blog pour avoir la réponse à toutes vos questions, que ce soit du pourquoi de la nécessité d'un tel documentaire, de la non-nécessité de se justifier et de ce qu'est le rêve d'enfant par rapport à un projet d'enfant.

Je cesse par la présente de vous accorder plus d'attention puisque vos messages sont on ne peut plus agressifs depuis le début et que je n'ai pas l'habitude d'encourager les discussions remplies de fiel.

Anonyme a dit...

Ben? Mes deux postes précédents ne passent pas. tant pis.. Sans vouloir envenimer cette discussion je dirais que je ne suis pas du tout d'accord que le fait d'être une femme child-free n'est pas problématique dans cette société. Personnellement j'ai senti beaucoup de pression et des jugements auxquels il n'est pas facile de résister. Ce n'est qu'un des problèmes comme aussi l'apparence qui peuvent isoler quelqu'un. Je peux m'imaginer que certaines jeunes femmes finissent par céder et le regrettent amèrement après. Il faut absolument faire un documentaire là-dessus pour que les femmes puissent enfin être elles-mêmes sans culpabiliser. On est au 21me siècle mais il y a encore un long chemin. Et ce n'est sûrement pas en minimisant et en disant qu'il n'y a pas de problème que les mentalités vont évoluer.

Annie a dit...

Mme Baribeau,

Je ne peux seulement vous dire tout simplement BRAVO! Je vous encourage fortement à continuer de percer pour faire ce documentaire, car il est temps que le monde voit un autre point de vue que celui des mamans à tout prix. Votre point de vue est tout à fait légitime et je suis tellement contente de voir qu'il y a d'autre femme comme moi dans le monde.

Ceci dit, je ne suis pas non plus anti-enfant, au contraire, je les aime bien pour la plupart, par contre j'ai fait un choix il y a longtemps de ne pas en avoir. La raison, tout comme la votre est bien simple, j'aime ma vie tel qu'elle est, je suis heureuse, je n'ai pas besoin d'un enfant pour compléter ma vie, au contraire, je la trouve très bien remplie tel qu'elle est.

Pour ce qui est des propos de cette madame Lachance, vous faites bien de ne plus lui accorder de temps, car déja cette dame à gaspiller beaucoup trop de temps en vous écrivant tous ces courriels non solicités. Elle à droit à son opinion, tout comme vous et le reste du monde. Pourquoi elle s'est senti obligé de vous écrire un courriel pour vous faire part de son opinion reste un mystère. Elle est chanceuse d'avoir un emploi qui lui permet de perdre autant de temps, j'aimerais bien savoir ce qu'elle fait dans la vie.

J'espère de tout coeur que votre documentaire sera une réalité un jour, car je vous assure que je serais la première en file pour acheter mon billet. Continuez à écrire votre blogue, j'adore vous lire et passer un petit moment à rire un peu.

Annie

LM a dit...

Je pense que Mme Lachance n'a tout simplement pas compris l'objet du documentaire de Magenta. Personnellement, je n'ai pas senti d’agression de sa part, mais plutôt un souhait d'amener le sujet de départ vers d'autres réflexions. Je peux me tromper, c'est simplement ce que j'ai ressenti.
Je ne vais pas parler au nom des autres personnes qui ont choisi de ne pas avoir d'enfant, mais en ce qui me concerne, je m'intéresse à ce type de discussion parce que je sens une pression sociale, notamment de mon entourage, parce qu'il y a une incompréhension de leur part. Et parfois, cette incompréhension, cette façon de ne pas suivre ce qui semble être la suite logique et inévitable pour tout couple, et donc quelque chose qui peut paraître anormale, amène des violences verbales. Ceux qui ne comprennent pas, n'ont certes pas forcément envie de comprendre, sinon ils n'en viendraient pas à des agressions verbales voire à des attitudes méprisantes à notre égard. Mais, je me dis que peut-être, si ce sujet devient enfin médiatique, peut-être commenceraient-ils à mieux tolérer cette différence. Parce qu'en fait, tout est ici une histoire de tolérance de la différence, comme pour beaucoup d'autres sujets... Alors j'estime que oui, ce documentaire est utile. Et je languis de recevoir le DVD suite au don que j'ai effectué ^^

Nikky a dit...

Wow...quelle joute!

Je pense Magenta (je me permets de vous appeler par votre prénom) que comme LM l'a dit, qu'il n'y avait pas d'agressivité dans cette missive. Certes, elle vous a diablement confrontée et vous en étiez peut-être déstabilisée, mais ce fut fait sans manque de respect. Votre côté émotif a pris le dessus ;-)

Je dois avouer que pour moi aussi, cette idée de faire un reportage au sujet des "childfree" me laissait perplexe. Faire un reportage sur quelque chose qu'on n'est pas (un parent) donne en effet l'impression que vous vous mettez en opposition à quelque chose (les parents). Après avoir parcouru votre blogue, on comprend un peu mieux que vous voulez aborder l'aspect de la pression sociale et du fait qu'on accorde beaucoup d'importance à la famille.

Par ailleurs, il faut quand même comprendre que la majorité des adultes ont ou auront des enfants au cours de leur vie, et qu'une cellule familiale exige plus de soutien, d'aide et d'intérêt qu'un foyer sans enfants (politique familiale, garderies, soins, écoles, documentation pour renseigner les parents, etc.).

Donc le fait qu'il y ait des "non-parents" n'est pas, à priori, digne d'intérêt à part pour certaines "childfree" qui n'ont, finalement, rien de particulier à demander et pour qui le "statut" n'intéresse pas grand-monde. De ce point de vue là je comprends très bien l'argumentation de Mme X. Je crois aussi que c'est pour ces raisons que vous n'avez pas su obtenir les subventions demandées.

Cela dit, selon l'angle et du contenu que vous apportez à votre projet, il m’apparaît tout à fait possible que vous puissiez en créer un documentaire pertinent et intéressant. Et je compte bien le visionner, même si je suis mère, quand il finira par sortir, un jour, de l'étape du montage.

Magenta Baribeau a dit...

Si je puis me permettre, je crois que le sujet du rôle de la femme dans la société est aussi pertinent pour une mère, une non-mère, une femme voulant des enfants, une belle-mère sans enfants à soi, etc. Pourquoi? Parce qu'en 2012, on pense encore que toute femme doit avoir des enfants. Donc oui, en effet, je crois que ce documentaire est très intéressant et pertinent pour tout le monde. Et je trouve très blessant qu'on puisse se permettre de dire que "mon docu n'est pas digne d'intérêt pour tous et donc c'est pourquoi il n'a pas eu de financement" puisqu'au Quénec on finance nombre de fictions et documentaires qui sont d'intérêt à très peu de gens. Je crois qu'on a tous droit à nos opinions, par contre d'envoyer un courriel non sollicité à une documentariste pour lui dire que son sujet est peu pertinent et surtout peu réfléchir, oui, je trouve ça très insultant.

Nikky a dit...

"Parce qu'en 2012, on pense encore que toute femme doit avoir des enfants."

Mais si je peux me permettre, je ne vois pas ce qu'il vous fait dire cela...

En Occident, les femmes sont encouragées à faire des études, à avoir une carrière, à s'épanouir dans ce qui leur plait, en toute liberté, que ça soit maternité, travail ou tout ensemble.

Une femme qui affirme ne pas vouloir d'enfant aura plus de chances de décrocher un travail ou de progresser dans sa carrière!

Oui, une femme sans enfant se fait peut-être questionner de temps en temps...mais ma foi, quand on n'a pas d'enfant, on nous juge, quand on a un seul enfant, on nous juge aussi, quand on en a 6, on nous juge encore! Tout est une question de s'assumer pleinement dans nos choix et surtout de s'estimer heureuse de POUVOIR faire ce choix, sans gun sur la tempe. Les regards, les commentaires, ma foi, c'est de la petite bière.

"Et je trouve très blessant qu'on puisse se permettre de dire que "mon docu n'est pas digne d'intérêt pour tous et donc c'est pourquoi il n'a pas eu de financement" puisqu'au Quénec on finance nombre de fictions et documentaires qui sont d'intérêt à très peu de gens"

Loin de moi l'idée de vouloir blesser, mais je pense que de laisser sous-entendre que votre sujet de documentaire n'a pas su obtenir de subventions parce que le sujet est tabou ou d'une quelconque "conspiration" visant à faire taire tout documentaire sur les "childfree" est surestimer le sujet en lui-même...

En ce qui me concerne, je suis certaine que vous en ferez un documentaire pertinent et intéressant. ;-)

Quant au "courriel non sollicité" de cette dame qui en avait long à vous dire...je ne vois pas trop la différence entre si elle l'avait écrit directement sur votre blogue ou l'envoi direct par courriel.

Nikky

Anonyme a dit...

Ma chère Magenta, je pense vraiment que vous ne devriez pas répondre a ce genre de mail. Il est en effet évident que cette personne est peut ouverte d'esprit et le type même d'individu inapte a comprendre que d'autres puissent pensez différemment.
Je suis absolument outrée par son mail qui a mon sens n'a ni queue ni tête et semble dénoté d'une certaine frustration à être parent.
Bref, je suis de tout coeur avec vous face a cet exemple aberrant de personne méchante et faible d'esprit.

Néanmoins ces messages auront eu le mérite de bien me faire rire, surtout ces lignes où elle est fière d'avouer s'immerger dans son travail afin d'oublier sa progéniture et où elle menace de vous intenter en justice par ce que vous publiez son message. Peut être n'assume t elle tout simplement pas son point de vu après tout ?
Ah il aurait été dommage d’être aveugle et manquer cela...

I. Lachance a dit...

"Une femme qui affirme ne pas vouloir d'enfant aura plus de chances de décrocher un travail ou de progresser dans sa carrière! ... Loin de moi l'idée de vouloir blesser, mais je pense que de laisser sous-entendre que votre sujet de documentaire n'a pas su obtenir de subventions parce que le sujet est tabou ou d'une quelconque "conspiration" visant à faire taire tout documentaire sur les "childfree" est surestimer le sujet en lui-même..." (Nikky, ici même) + "Personnellement, je n'ai pas senti d’agression de sa part, mais plutôt un souhait d'amener le sujet de départ vers d'autres réflexions. Je peux me tromper, c'est simplement ce que j'ai ressenti" (LM). Comme quoi... Merci Mme Baribeau de publier tous les commentaires; très apprécié.

Magenta Baribeau a dit...

Bien sûr que je publie tous les commentaires. Les seuls commentaires que je ne publie pas sont ceux qui sont injurieux. Sinon toute opinion, semblable ou contraire à la mienne, mérite d'être publiée.

Mariposa a dit...

Je pense que les personnes qui n'ont pas pris cette décision de ne pas avoir d'enfants peuvent avoir en effet du mal à ressentir la nécessité de ce documentaire et que c'est une excellente raison pour qu'il se fasse.
C'est vrai que vu de l'extérieur, on se dit qu'en Occident en 2012, une femme peut ne pas faire d'enfants si elle ne le souhaite pas. Oui certes, personne ne la mettra en prison pour cela. Mais toutes les questions et culpabilisations incessantes dont on est victime dans la vie familiale et sociale en prenant cette décision constituent une forme de "prison" parce que les gens ont tendance à nous mettre à l'écart, à tracer une frontière invisible entre eux et nous. Cela a existé de tous temps, ceux qui ne sont pas comme les autres (la majorité) ont toujours suscité la méfiance voire l'animosité.
Je ne vois pas pourquoi en se définissant comme non-parent, on s'opposerait forcément aux parents. Comme dit Magenta, il faut bien un mot pour définir cet état. Un homosexuel ne s'oppose pas à un hétérosexuel. Une famille recomposée ou une mère célibataire ne s'opposent pas à une famille dite "classique". Un transexuel ne s'oppose ni aux femmes ni aux hommes. Un végétarien ou végétalien ne s'oppose pas à un omnivore. Il a fallu des mots pour définir tous ces états et beaucoup de reportages et de documentaires pour faire comprendre et accepter les homosexuels, transexuels et autres modèles familiaux différents de ce qui est censée être la "norme".
Lorsque j'ai annoncé dans ma famille que je ne souhaitais pas avoir d'enfant, j'ai vraiment eu l'impression de faire un coming out. Donc ce documentaire est nécessaire, d'utilité publique et aurait mérité un financement public. Car plus on parle de certains sujets et plus ils s'intègrent dans la "normalité". Je pense que notre souhait à tous, nous les non parents ou les sans enfants ou je ne sais quel terme pourrait convenir à tout le monde, c'est qu'un jour, le blog de Magenta et son documentaire n'aient plus de raison d'être. Mais ce n'est pas encore le cas, loin de là.
D'autant plus que là, on parle de la situation en Occident. Mais il n'y a pas longtemps, j'ai vu un reportage qui se déroulait dans un village mauritanien où les femmes interrogées sur la question répondaient qu'une femme sans enfant était soit folle, soit une femme de petite vertu. Bref, que rajouter ?

Anonyme a dit...

Très intéressant ces échanges, mais pourquoi tant d’emphase sur « les FEMMES qui ne veulent pas d’enfant » ? Globalement, il faudrait plutôt parler de « COUPLES qui ne veulent pas d’enfant » car à ma connaissance, si un couple n’a pas d’enfant volontairement, ce n’est pas parce que la femme l’a ainsi décidé, c’est également le choix de l’homme et un couple en désaccord sur ce point ne ferait pas long feu selon moi…

Les sujets soulevés sont éloquents et de toute évidence, il existe effectivement un fossé, voir un gouffre, entre des parents et un couple libre d’enfant. Les couples libres d’enfant vivent une sorte de deuil à mesure que leur entourage procréé car les centres d’intérêts de chacun subissent de profonds bouleversements. Environ 90% des sujets de conversation tenues par les parents tournent autour de leurs enfants lorsqu’ils sont en présence d’individus n’en ayant pas, comme s’ils voulaient les convertir... Non seulement ma conjointe et moi ne sommes plus intéressés à entendre parler de la rentrée scolaire, des derniers amours de leurs progénitures, de leurs exploits sportifs, de leurs projets de vacance en famille… mais ça commence à nous irriter royalement et attendez que leurs enfants deviennent à leur tour parents, ce sera encore pire et l’ostracisassions des couples libres d’enfant de ce milieu familial hermétique sera alors complète.

J’ai compris certaines choses il y a quelques jours en prenant une marche dans un sentier aménagé. J’y ai croisé une personne se déplaçant en fauteuil roulant motorisé qui discutait avec une autre et devinez quel était leur point commun?, bingo!, ils se déplaçaient tous les deux en fauteuil roulant et ils discutaient de l’autonomie de leurs engins respectifs! Imaginez un instant que seulement une de ces personne soit confinée à un fauteuil roulant et que l’autre, en mesure de marcher, lui parlerait constamment de ses expéditions en montagne, de ses cours de danse salsa latino, de sa passion pour la planche à voile… vous avez sans doute compris qu’un désintéressement s’installerait chez la personne handicapée et qu’elle s’efforcerait de remplacer ce compagnon par un autre lui ressemblant davantage et possédant un minimum de points communs.

Le monde qui entoure les parents n’est pas le notre car le fait d’être libre d’enfant devient effectivement une sorte d’handicap lorsque nous comparons nos modes de vie et nos centres d’intérêts avec des parents. D’un autre côté, ces parents bénéficient d’un auditoire parfait lorsqu’ils s’adressent à des couples libres d’enfant car ceux-ci ne risquent pas à leur tour de se faire casser les pieds avec les histoires des enfants des autres. Sachez cher parents que votre manque d’intérêt est réciproque. Jean Némarre de faire semblant que les histoires de leurs enfants m’intéressent. Pour ne pas être stigmatisé par mon entourage ou la société, je me sens même obligé d’affirmer que j’aime les enfants alors que ce n’est pas le cas. J’aime les chats et j’en ai un…

Comme plusieurs, nous avons été traités d’égoïstes face à notre décision de ne pas avoir d’enfant. La dernière fois que c’est arrivé, la personne qui m’a balancer cette brillante remarque m’a mentionné cinq minutes plus tard « mais qui va prendre soin de vous lorsque vous serez vieux, qui va venir vous voir !?!?!?!? ». Là, j’ai pété ma coche comme on dit, lequel de nous deux est le plus égoïste, celui qui ne veut pas d’enfant pas choix ou celui qui en a en pensant à ses vieux jours? Ce fut la dernière fois où nous avons côtoyé ces personnes et nous les avons laissés à leur bonheur, s’il en est un.

Finalement, chers parents, ouvrez vous donc un blog et foutez-nous la paix!

Jean Némarre

Magenta Baribeau a dit...

Bonjour Jean, je me permets de répondre à votre question "pourquoi tant d'emphase sur les femmes qui ne veulent pas d'enfant" parce que ce blog accompagne un film documentaire que je suis en train de compléter à propos, justement, des femmes qui ne veulent pas avoir d'enfant (les hommes y sont un peu représentés), mais j'insiste sur la position des femmes puisqu'en 2012, on met encore davantage de pression sur les femmes que sur les hommes pour procréer, comme si avoir des enfants était du domaine exclusif des femmes. Je suis bien d'accord avec vous, un enfant se fait à deux et s'élève également à deux :)

Nicolas a dit...

Bonjour Magenta,

je suis un homme, comme vous je ne souhaite pas avoir d'enfants, et je suis content de tomber sur ce blog qui met pas mal de mots sur mon ressentis.

En lisant cette article/réponse à Mme Lachance, je m'aperçois que cette décision fait débat, et j'espère que grace à des personnes telles que vous, cela ne le soit plus (comme le fait d'être athé, ou d'être gay et marié, un jour, qui sait..) et que surtout les gens comprennent que comme un parent se doit normalement d'être tolérant vis à vis des non parents, le contraire est tout aussi vrai. Il n'y a pas une bonne façon de faire sa vie, il faut trouvez la sienne!

Bonne chance pour votre documentaire!