mardi 26 juillet 2011

Derrière chaque femme sans enfant se cache une histoire

Quel bon timing après mon dernier billet, que de trouver ce superbe article (anglophone) célébrant les réalisations et contributions sociales des femmes sans enfant.
Not everyone has to be a mother in order to contribute to society. That doesn’t make motherhood wrong in any way, or any less selfless or glorious, but neither does it make being childfree freaky.
http://gateway-women.com/2011/07/25/behind-every-woman-without-children-is-a-story/

Petite question en terminant, pourquoi est-ce mieux vu pour une femme de rentrer chez les soeurs (Mère Thérésa) que de choisir de vivre en couple sans vouloir d'enfant ? Une religieuse qui ne travaille pas auprès des enfants et passe sa vie dans les cuisines de sa communauté religieuse est-elle plus utile à la société qu'une femme mariée sans enfant qui travaille en garderie et paye ses taxes ? Et surtout... j'en reviens donc à mon dernier billet : comment peut-on se permettre de juger de l'utilité d'autrui ? Est-on vraiment rendu dans ce type de débat ?

dimanche 24 juillet 2011

Chanson pro-parentalité ou pro-bébé ?

J'ai besoin de votre aide ce matin. Je cherche des chansons francophones faisant l'éloge de la vie de parent, des bébés ou des enfants en général. Idéalement, une chanson yéyé disant "J'ai hâte de me marier et faire des bébés" quelque chose d'un peu insipide et rétro :)

Merci de m'aider dans ma quête !

vendredi 22 juillet 2011

Inutiles, les non-parents?

Récemment, sur quelques forums, je me suis carrément fait dire que si je n'ai pas d'enfant, et si de surcroît je ne fais pas de bénévolat, je suis complètement inutile à la société. D'autres nous rabâchent les oreilles avec les mêmes stéréotypes: on est égoïstes et immatures... of course!

(C'est étrange que des sujets royaux si égoïstes et inutiles se vantent de leur condition.)

(Ces gens ont fait le bon choix. Ils ont compris assez tôt qu'ils étaient trop égoïstes et immatures pour avoir des enfants et donc ils n'engendreront pas une autre générations de gens égoïstes et immatures.)

(Hé, la documentariste, pourquoi ne pas faire un documentaire sur un vrai sujet? (...)
...Qui va s'occuper de vous quand vous serez vieux et qui paiera pour votre "décision personnelle"? Vous ne mentionnez que votre esprit collectif lorsque ça vous arrange. Je n'ai qu'un mot à vous dire: vous êtes des merdes!)


Vraiment? Je suis inutile, égoïste, immature et une merde! Jamais je n'oserais porter un tel jugement sur quiconque. Certaines personnes ne travailleront pas de leur vie, jamais je n'oserais les traiter de sangsue ou d'inutile. Certaines personnes passeront le restant de leurs jours en prison, et pourtant je ne les traiterais pas d'inutile. Mais moi, je n'aurai pas d'enfant, je suis un monstre, je ne mérite pas de vivre.

Il faudrait que je donne du sang, que je fasse 25 heures de bénévolat par semaine, que je donne à des organismes de charité, que j'adopte un enfant, devienne grande soeur ou famille d'accueil pour que ma vie ait un sens? Pourquoi? Et surtout pour qui? Qui se permet de juger la vie d'autrui? Pourquoi faudrait-il qu'une vie sans enfant soit une vie immature ou égoïste?

Je crois plutôt que la pluralité des points de vue fait grandir la société. C'est rare que je me présente comme "childfree" avant tout autre qualificatif. Je suis une femme, je suis une documentariste, je suis une amatrice de framboises et de produits locaux. Je suis aussi childfree. On m'a laissé entendre que si justement j'oeuvrais dans le milieu communautaire et que j'aidais les gens, je serais plus utile et ça compenserait pour avoir "failli" à mon (non) rôle de mère... Moi qui croyais que faire des films, exposer des points de vue alternatifs, composer un blog pour gens se sentant seuls et incompris c'était utile... bien, il faut croire que je m'étais mis le doigt dans l'oeil jusqu'au coude!

Sans vouloir pointer un doigt accusateur vers les parents, j'ose croire que certains parents ne sont pas non plus des exemples vertueux d'altruisme. Oui, ils élèvent des enfants, mais peut-être polluent-ils avec leur VUS, travaillent-ils pour une compagnie de cigarettes ou mangent-ils exclusivement au McDo? Oui, vous m'avez surpris en flagrant délit d'exagération. C'est pour prouver à mes détracteurs que leurs exemples ne tiennent pas plus la route. Les parents seraient-ils exempts de dons de sang, de bénévolat, de trouver un travail bon pour la planète juste parce qu'ils ont fait des enfants? Mais fallait le dire que lorsqu'on accouche, on nous remet une belle petite carte "get out of jail free" comme au Monopoly et qu'en tant que parent on peut presque tout faire sans aucune justification alors que nous, on doit expliquer nos motivations derrière nos achats, voyages et hobbies. Ça suffit!

De toute manière, cette quête d'utilité ne devrait-elle pas être privée? N'est-ce pas justement là la recherche perpétuelle du sens de notre vie? Certains trouvent du sens à la leur en ayant des enfants, d'autres en vivant tout simplement, en découvrant la vie à travers des voyages et des rencontres, d'autres veulent sauver le monde, mais certains sont bien heureux de faire leur petit 9 à 5 et ensuite rentrer à la maison et écouter la télé toute la soirée. Qui peut réellement juger? Que ceux qui sont réellement constamment utiles à la société et qui n'ont jamais posé le moindre geste égoïste jettent la première pierre. 

Une chance, il reste quand même plusieurs personnes compréhensives, polies et avec un bon sens de l'humour pour prendre notre défense.


(C'est ironique que la plupart des adultes qui ne souhaitent pas se reproduire sont en fait ceux qui devraient le faire: des gens assez inteligents pour donner à leurs (non)enfants une bonne éducation et de bonnes valeurs. Malheureusement, ce sont les plus stupides qui se reproduisent le plus.)

Reste que je ne comprends absolument pas la haine qui peut surgir à l'encontre des childfree. Dois-je m'habiller en hippie, sortir le tambourin et chanter "Live and Let Live" pour qu'on finisse par essayer se comprendre et arrêter de s'accuser mutuellement parce que vraiment, les insultes, ça fait mal à la longue.

mercredi 20 juillet 2011

Aucune subvention pour Maman? Non merci!

C'est officiel, mon documentaire n'aura eu aucun financement gouvernemental. J'ai reçu ma dernière lettre de refus ce matin. Je ne peux appliquer que trois fois pour le même projet auprès des organismes subventionneurs gouvernementaux et c'était ma troisième tentative.

Comme quoi le gouvernement trouve mon sujet trop choquant, trop tabou. Mon film est pourtant inclusif, j'interview des hommes et des femmes, des couples et des gens célibataires, des mères et des non-parents et même une femme ayant changé d'idée... alors ce n'est certainement pas parce que mon sujet est trop fermé.

Lorsque j'étais associée à un producteur l'an dernier, qui voulait que je fasse un film de 46 ou 52 minutes pour la télé, chose qui ne m'intéressait pas le moindre du monde (j'y reviendrai), il m'a dit d'enlever le mot "féministe" de ma proposition de documentaire que je soumettais aux organismes de financement public. "Pourquoi?", dis-je surprise! "Parce que le féminisme a mauvaise presse maintenant." Alors j'ai enlevé le mot, mais le sujet reste le même. Je m'interroge quant à la place de la femme dans la société en 2011 lorsqu'on lui répond encore une fois que sa vraie tâche est de faire des enfants. Ça reste donc un film féministe, puisqu'il est à propos de la condition de la femme.

Je reviens donc à mon producteur, enfin mon ex-producteur puisque, comme je vous disais, l'idée de faire un 46 minutes ne m'intéressait pas du tout puisque j'ai depuis le début l'intention de réaliser un documentaire d'une durée approximative de 80 minutes. De plus, mon but avec ce film est de faire le tour des festivals et ouvrir un débat de société, chose souvent possible avec des panels de discussion post-film dans des festivals, alors qu'une diffusion télé n'a lieu qu'une fois... et les gens pourront bien en parler dans leur salon, ça ne reste qu'un murmure souvent solitaire

Bref tout ça pour dire, un sujet féministe, de surcroît un film à propos d'un grand tabou de société : ceux qui ne veulent pas entrer dans le moule et avoir des enfants, ça ne reçoit pas une cenne du gouvernement.

C'est déprimant quand même de penser que pour que ce film se finisse, il me faudra sûrement dépenser 20 000$ que je n'ai pas. Mais je suis têtue et toujours aussi convaincue de la nécessité de faire ce film. Et il se fera, coûte que coûte, je vous le promets !

Mon budget prévoit au bas mot 12 000$ pour le montage de ce film. C'est beaucoup, je vous l'accorde, mais il n'y a absolument aucun moyen de baisser ces coûts. Ce qui est très important en documentaire est d'avoir un bon son, ce qui nécessite donc un bon mix de son (et fait toute la différence entre un film amateur et un bon documentaire.) Le mixage sonore se fait donc dans un bon studio, avec un bon mixeur et un bon équipement, ce qui coûte très cher. Même chose pour le montage. Une certaine partie peut être effectuée à la maison, mais la correction couleur, etc., doit être faite en studio. Côté tournage, j'avais prévu le coup, je me suis achetée mon propre éqiupement l'année dernière et donc il m'est possible de faire mes tournages à moindre coût avec le plus de bénévoles possible. Reste que la majorité des preneurs de son avec qui je travaille ont besoin d'être payés... alors je les paye de ma poche.

C'est pourquoi j'ai encore besoin de votre aide. Au cours du printemps, certains d'entre vous ont été très généreux et m'ont envoyé des dons pour mon documentaire (certains ont été tellement généreux que j'en suis littéralement tombée en bas de ma chaise...) MERCI ENCORE! Mais j'ai encore besoin de vous qui croyez en ce film. Il est toujours possible de faire un don. Tous les montants sont les bienvenus. 




  • Pour seulement 25$, vous pouvez acheter mon DVD en prévente. Vous le recevrez dès sa sortie.
  • Pour tout don de 100$ ou plus, si vous le souhaitez, votre nom apparaîtra au générique.
  • Pour tout don de 1 000$ ou plus, je viens vous rencontrer pour vous prendre dans mes bras en sautant de joie pour vous remercier!

lundi 18 juillet 2011

Ce midi à Radio Noon (88.5 FM)

Ce midi, je serai sur les ondes de CBC Radio Noon (88.5 FM) de midi à 13 h pour parler du sujet des non-parents.

Cette émission est un forum de discussion, alors n'hésitez pas à appeler pour commenter.

J'ai rajouté le lien ci-haut pour écouter ou réécouter cette émission, donnez-m'en des nouvelles.

dimanche 17 juillet 2011

Retour sur le pique-nique childfree du 16 juillet

Après envoir envoyé nombre de communiqués de presse aux télés, journaux, radios de Montréal, seule la CBC (le radio et télédiffuseur public du Canada, pour mes lecteurs européens) est venue au pique-nique childfree que j'organisais hier après-midi.


(© Magenta Baribeau)
L'article est court et l'auteur semble mélanger la terminologie, mais l'essentiel y est. Je tiens cependant à corriger le tir, mon documentaire n'est pas à propos des "childless" (ceux qui n'ont pas pu avoir d'enfant), mais bien à propos des "childfree" (ceux qui ont choisi de ne pas en avoir). Par ailleurs, j'ai organisé ce pique-nique seule, bien que l'article me prête des collaborateurs. Qui sait l'année prochaine, peut-être en aurais-je vraiment ;)


(© Magenta Baribeau)
Je suis néanmoins très heureuse de savoir que ce pique-nique et que la "cause" des childfree, si je puis dire, intéresse au moins un média. J'aurais espéré qu'il y ait plus d'intérêt médiatique, surtout avant l'événement afin que plus de gens entendent parler de ce pique-nique et se joignent à nous, mais que les médias parlent enfin de ce sujet est un pas dans la bonne direction. J'en d'ailleurs longuement parlé avec le journaliste de l'absence de ce sujet dans les médias et j'aurais apprécié que l'article en fasse part.



(© Magenta Baribeau)


Quant au pique-nique comme tel, il s'est déroulé par une journée spendide. Comme quoi Dame Nature est peut-être childfree après tout... Nous étions près de 10 à participer à ce pique-nique. Ce fut intime et très enrichissant. J'ai reçu beaucoup de commentaires positifs et de requête pour en refaire d'autres. J'espère que la prochaine fois, plus de childfree, mais aussi de parents sympathisants, se joindront à nous.


Bref, merci à tous ceux qui sont venus. Et pour les autres, vous avez manqué un bel après-midi, de belles rencontres et des discussions très enrichissantes. 

lundi 11 juillet 2011

Rappel: pique-nique pour non-parents le 16 juillet à 13 h

Juste un petit mot pour vous rappeler que le premier pique-nique pour non-parents (et sympathisants) aura lieu ce samedi 16 juillet à 13 h au Parc Lafontaine.

Rendez-vous au coin sud-ouest du parc (angle Cherrier et Lafontaine) à 13h. Nous partirons ensuite vers un endroit encore inconnu dans le parc, alors il est souhaitable d'arriver à 13h et non plus tard, pour avoir une chance de nous trouver.

Notez qu'il est possible de boire de l'alcool dans les parcs de Montréal à condition que ce soit dans le cadre d'un pique-nique donc qu'il y ait de la bouffe présente. Alors avis aux amateurs de vin ou autre breuvage alcoolisé, vous pouvez en amener... avec de la nourriture, bien sûr.

Je crois que le concept "pot-luck" serait une excellente façon de briser la glace. Mais si vous préférez ne pas partager, nous n'en ferons pas tout un plat non plus :) 

Alors ne soyez pas gênés. J'ai déjà rencontré plusieurs personnes qui seront présentes au pique-nique et elles sont toutes charmantes et surtout, nous avons beaucoup de trucs en commun. Alors venez faire un petit tour!

Et vous n'êtes pas obligé d'être des "childfree" convaincus pour venir. Il nous fera plaisir de discuter avec des gens indécis, curieux de nous connaître, ainsi que des parents qui appuient nos choix. L'essentiel est que tout se déroule dans le respect.

À samedi !

PS: Vous pouvez confirmer votre présence sur Facebook. J'y ai créé cet événement.

vendredi 8 juillet 2011

Vox pop... un peu raté

Un fait plutôt étrange s'est produit lundi dernier lors d'un vox pop filmé que j'ai fait près du festival de jazz de Montréal. Je demandais aux gens s'ils avaient des enfants, pourquoi ils en ont eu, s'ils en voulaient un jour, etc.  Le but de ce vox pop est d'intégrer des réponses de citoyens dans mon film et de montrer à ceux qui ne le savent pas, que bien souvent, nous childfree, recevons de drôles de commentaires lorsqu'on dit ne pas vouloir devenir parent.

Par contre, à la question: "Que pensez-vous des gens qui disent ne pas vouloir d'enfant" (ainsi que "Et si votre fils/fille vous disait ne pas vouloir d'enfant, vous lui diriez quoi?"), tout le monde m'a dit la même chose, sans hésitation, avec un beau sourire: "Ah, j'ai aucun problème avec ça!", "Je comprends très bien ça, moi, j'ai des enfants, mais je peux comprendre que certains n'en veulent pas, c'est beaucoup de responsabilités." Etc. 

Ce qui m'a, vous le comprendrez bien, étonnée. Généralement quand je dis que je n'en veux pas, 75% des gens disent: "Pourquoi?" d'un air dubitatif et certains osent même dire que je vais le regretter, que je vais changer d'idée, que c'est un choix égoïste. Mais sur 15 répondants d'âges variés: jeune vingtaine, trentaine, cinquantaine voire soixantaine, tout le monde était d'accord pour nous accepter. C'est très beau, tout ça. Seulement, j'aimerais que ce soit vrai. Mon expérience, ainsi que celle de presque toutes les femmes qui ont témoigné pour mon film, me disent d'autre chose. 

Alors comment ça se fait que je n'aie pas eu droit à ces réponses? C'est la caméra qui fait peur? Les gens essaient-ils d'être politically corrects? Ou suis-je vraiment tombée sur les gens les plus ouverts et sympathiques du monde? Ma théorie: plusieurs personnes ont refusé de répondre à mon sondage. Je pense que ceux qui m'ont accordé deux minutes sont les gens les plus ouverts d'esprit et donc je n'ai pas eu accès aux gens plus fermés, plus conservateurs, si on veut, plus "la famille, c'est tout. Quiconque n'en veut pas doit être un peu fou." Parce que oui, j'ai déjà entendu des trucs comme ça. J'ai aussi souvent, malheureusement, lu des commentaires de ce genre sur Internet (vive le couvert de l'anonymat d'Internet, hein!)

Alors je demande votre aide. Où devrais-je aller pour trouver des répondants qui reflètent davantage la société dans laquelle on vit. Parce que c'est le but de ce vox pop filmé. Je ne veux pas avoir qu'un seul point de vue dans mon film, je veux que la vérité sorte. Alors où aller? Avez-vous des idées?

Ma seconde question est: peut-être est-ce que ma question était mal formulée. Je ne suis pas une grande reporter habituée à faire des vox pop sur la rue à tous les jours, j'ai donc peut-être utilisé les mauvais mots, des formulations déficientes. Alors votre avis? Que dois-je demander pour avoir droit aux "vraies" réponses que nous, childfree, entendons généralement lorsqu'on dit ne pas vouloir d'enfant?

dimanche 3 juillet 2011

Tournages, tournages, tournages...

Juste une petite note rapide pour vous dire que je n'ai pas disparu, cessé de vouloir écrire ici ou changé de convictions... bien au contraire ! Je suis simplement très occupée avec les tournages pour mon documentaire de ces temps-ci. Alors j'espère vous voir au pique-nique childfree du 16 juillet prochain.

En attendant les premières images de mon film qui ne sauraient tarder, voici un lien que m'a envoyé une petite fée (en anglais), mais le titre du blog est éloquent : http://www.shitmykidsruined.com/