Ce billet a été écrit par une collaboratrice: Mélissa Berniqué que vous pouvez rejoindre en écrivant un commentaire suite à ce billet ou par courriel.
Il y a un sujet qui n'apparaît pas sur le blogue, et pourtant...nombre de femmes sans enfants vivent cette situation: avoir un conjoint qui a un, ou plusieurs (ce qui est encore pire) enfants. Évidemment, bon nombre de gens bien pensants diront que nous n'avons qu'à éviter cette situation et à ne choisir que des compagnons comme nous, sans enfants. Il est évident que si l'amour n'était que rationnel et cartésien, il serait simple de se conformer à ce judicieux conseil. Toutefois...le coeur a parfois ses raisons, que la raison ne connaît pas, pour reprendre un adage bien connu. Et sans le vouloir, sans le prévoir...on se retrouve, à notre grand désarroi, belle-maman!
En outre, statistiquement parlant, à partir de trente ans, les chances de rencontrer un homme sans enfants s'amenuisent de façon quasi exponentielle. Il est toujours possible de rejeter du revers de la main un candidat potentiel du moment que les termes «enfant...garde partagée...ex-femme» sont évoqués...mais que faire si le candidat en question, nonobstant ce «défaut» majeur, s'avère être l'homme idéal pour nous? Ne serions-nous pas tentées de faire un compromis? Pour certaines, c'est sans appel: AU SUIVANT! Pour d'autres, dont je fais partie, nous accepterons de donner une chance au coureur, car on ne peut pas blâmer quelqu'un d'avoir eu une vie avant nous et d'avoir fait des choix de vie différents. Mais c'est sûr que le gars part avec une «strike» contre lui...
Commence alors la merveilleuse vie de famille reconstituée. D'entrée de jeu, je souhaite être claire: il n'est facile pour personne, même les femmes ayant déjà des enfants et/ou aimant beaucoup les enfants, de commencer une nouvelles vie commune avec un conjoint qui a des enfants.
Cependant, pour les femmes childfree, je trouve qu'il y a un enjeu supplémentaire: nous n'avons aucune, mais je dis bien A-U-C-U-N-E, crédibilité face à l'enfant du conjoint, et même face au conjoint, en ce qui concerne les enfants, l'éducation, ou les valeurs. Ce qui signifie, grosso modo, qu'en aucun cas nous n'avons le droit de nous insurger si l'enfant de notre conjoint nous manque de respect (cela dit je le fais quand même parce que ce n'est pas vrai que je vais me laisser marcher dessus). Dès que nous éleverons le ton et réclamerons un peu de respect, le conjoint nous dira: «C'est sûr que quoiqu'il fasse il va te faire chier...t'aime pas les enfants». Bon, il est évident que j'ai moins de patience que la moyenne des ours...c'est pourquoi je n'ai pas d'enfant entre autres raisons. Cependant, cela ne signifie pas que je n'ai pas de jugement et de bon sens, et que je n'ai pas le droit au respect. Mais souvent, les femmes sans enfants qui côtoient les chérubins de son chéri n'ont pas voix au chapitre, car bien entendu, on ne connaît rien.
Comme solution et compromis pour éviter les conflits, j'ai mentionné à mon conjoint que je ne m'impliquerai physiquement et émotivement auprès de sa progéniture; j'aime mon conjoint et je suis bien avec lui, mais je n'ai pas à me badrer de l'enfant, qui n'est, pour moi, que le rappel de son ancienne vie et en aucun cas une partie intégrante de son être. C'est l'homme que j'aime, pas le père. En clair, cela veut dire que les sorties au Parc Safari, les fêtes d'enfant avec Mme Ex et même garder le mioche...NO WAY! Il comprend et respecte ça, mais vous pouvez imaginer le tollé de protestations de l'entourage pro-bébé/enfant qui m'entoure...En fait, selon mon entourage, je devrais avoir le raisonnement suivant: si une femme accepte un homme avec un enfant, elle doit accepter de jouer à la maman, même si l'enfant a déjà une mère. Pourquoi y serait-elle obligée, je vous le demande? Il me semble que le fait d'accepter, dans notre maison, un enfant (alors que nous-mêmes n'en voulons pas) d'une autre femme (donc d'avoir l'ex dans les jambes) et souvent, de devoir payer une part plus grande des dépenses communes à cause de la pension alimentaire est un compromis correct. Mais non...en plus, il faudrait vouloir s'en occuper et l'aimer comme si c'était le nôtre. Sinon on n'est pas loin de la belle-mère dans Aurore l'enfant martyre...
Ceci pour dire qu'il encore est très politiquement incorrect, au Québec du moins, de dire que nous «tolérons» seulement l'enfant de notre conjoint. Et c'est souvent à ce moment que nos détracteurs nous diront: «Tu vas voir, quand tu vas avoir le tien, ça va être différent...» Eh misère! On n'arrête pas le progrès...
J'aimerais donc entendre des témoignages similaires d'autres femmes? J'aimerais bien en lire quelques-uns afin de voir comment elles vivent la situation, car parfois je capote.