jeudi 3 novembre 2011

Peut-on réellement dire qu'on ne voudra jamais d'enfant ?

Certaines femmes m'ont dit qu'elles ont toujours su qu'elles n'auraient jamais d'enfant. Toutes petites, elles disaient à leurs parents: "Moi, j'aurai jamais de bébé!" D'autres ne se sont réellement penché sur la question qu'à l'âge adulte, souvent confronté au désir d'enfant de leur conjoint ou lors d'une grossesse involontaire. 

Certaines femmes m'écrivent et me disent qu'elles ont 18 ans et ne voudront jamais d'enfant. Je les crois. D'autres diront qu'à cet âge-là, on ne peut pas réellement savoir. Et moi, je me dis, pourquoi pas ? Moi, j'ai toujours su que les enfants ne m'intéressaient pas trop et que la vie de parent me semblait d'un ennui mortel. Je le savais à 14, 18, 22, 27 et maintenant 33 ans. J'avais donc raison à 18 ans de dire que je ne voulais pas d'enfant.

Pourtant on ne me croyait pas. "T'es jeune, tu vas changer d'avis." On m'assommait avec ce fait. Comme si inévitablement tout le monde changeait d'avis. Comme si c'était impossible de se connaître assez pour savoir qu'être parent n'est pas dans nos valeurs. Parce que pour moi, ça revient souvent à ça. Le désir d'avoir des enfants est un choix de vie que font certaines personnes qui ont des valeurs, besoins et désirs que je n'ai pas.

Certes, certaines personnes changent d'avis. Tant mieux pour elles. Une amie (ex-?)childfree est justement devenue mère il y a environ un mois et demi et elle m'avoue surprise qu'elle est heureuse et comblée. Bien, tant mieux! Tant mieux si après s'être interrogé sur nos motivations et raisons pour ne pas avoir d'enfant, on se rend compte qu'en fait, ça ne s'applique plus et qu'on change d'avis. Et tant mieux si cette nouvelle vie nous plaît. Le contraire serait plutôt triste. 

Oui, c'est possible de changer d'avis parce qu'on évolue en tant que personne tout au cours de notre vie. Mais c'est aussi possible de rester fidèle à nos valeurs de base qui peuvent ne pas être compatibles avec la vie de  parent comblé. Moi, par exemple, l'idée de passer 6 mois, voire un an à la maison avec bébé attaché à mon sein, à mal dormir et à ne penser qu'à mon enfant, ça me semble être le comble de la platitude. C'est trop basique pour moi. Oui, après, bébé grandit, mais reste qu'après le boulot, aller chercher l'enfant à la garderie, l'aider avec ses devoirs, lui donner son bain, lui faire à manger, ranger, faire les courses, etc, beurk! Désolée, ça ne m'intéresse pas. Bien contente que d'autres ne trouvent pas ça emmerdant, moi, oui.

Reste que beaucoup de femmes qui disent à 18 ans, 22 ans, 25 ans, 29 ans, 36 ans, qu'elles ne voudront jamais avoir d'enfant... peuvent avoir raison et méritent donc par le fait même d'être traitées avec respect sans se faire dire "tu peux pas savoir que tu changeras jamais d'avis, t'es trop jeune, etc." Oui, c'est possible de se connaître assez pour le savoir. Certaines personnes se connaissent extrêmement bien à 16 ans... d'autres ne se connaîtront jamais réellement. C'est donc du cas par cas. Toutefois tout le monde mérite d'être pris au sérieux. 

Et puis, serait-ce réellement la fin du monde si quelqu'un avouait à 20 ans ne pas vouloir d'enfant et décide d'en avoir à 37 ans? Non, pas trop.

15 commentaires:

julie a dit...

Bonjour!

Un thème qu'on aborde que trop peu. Souvent mal vue, la femme qui ne désire pas d'enfant doit en plus se justifier très souvent. Je n "en" suis pas. Mais ça ne m'empêche pas de comprendre ce choix. Et de le respecter!

j'ai tout de même une remarque, qui peut porter à discussion. Vous écrivez "Moi, par exemple, l'idée de passer 6 mois, voire un an à la maison avec bébé attaché à mon sein, à mal dormir et à ne penser qu'à mon enfant, ça me semble être le comble de la platitude. " J'ai 3 enfants, et à part le sommeil, je ne me retrouve pas là dedans :)

Je sais bien qu'il s'agissait d'un exemple, mais l'idée qu'on puisse penser cela de toutes les femmes qui deviennent mères m'a fait froid dans le dos, et j'ai pensé... Beurk, non merci !

Bonne continuation

Magenta Baribeau a dit...

Merci pour le commentaire. Et oui, ce n'était qu'un exemple. En fait, rien de la maternité/parentalité ne m'attire. Il fallait bien que je trouve un exemple :)

julie a dit...

bien sûr je comprends!

De toutes façons, difficile de ne pas tomber dans le cliché, de part et d'autre. Une maman sentira le vomi et aura les cheveux et la mine défaits, tandis qu'une femme qui ne désire pas d'enfant sera une égoiste carriériste... les gens peinent à se comprendre et à s'occuper d'eux mêmes!

Avoir des enfants, c'est s'oublier un moment, avoir des responsabilités de plus sur un long terme. Je comprends tout à fait ce choix de ne pas en vouloir, même si ce n'est pas le mien (quoi que, plus j'écris plus je me demande combien vaut un bébé à la bourse)

Alaiya a dit...

J'ai 35 ans, et depuis toujours, j'ai dit que je ne voulais pas d'enfant. Et mon avis sur le sujet n'a pas changé. Et, oui aussi, j'ai eu droit à ces réflexions tellement formatées qu'on se rend bien compte que la société conditionne de façon saisissante la manière de penser d'une grande majorité.

Je pense par contre que les raisons de ce choix évoluent avec l'âge. A 18 ans je ne voulais pas d'enfant "parce que". Point. Parce que les enfants me mettaient mal à l'aise, parce que je ne me voyais pas avec des enfants, mais maintenant que j'y repense, je me rends compte que c'était bien nébuleux, tout ça. Que ça ne reposait sur pas grand chose de concret et, "à la limite", je peux comprendre a posteriori les adultes qui me disaient alors "tu verras, tu changeras d'avis", parce qu'effectivement, à 18 ans, on ne sait pas grand chose de la vie, pour ne pas dire rien.

Aujourd'hui, et depuis pas mal d'années maintenant, je sais exactement pourquoi je ne veux pas d'enfant. C'est par pur égoïsme, dans le sens où je ne veux pas modifier, bousculer, altérer mon mode de vie actuel. Il n'est pas question que je sacrifie mon temps, mes loisirs, mes congés, mon corps, mon couple et mon travail à un enfant. C'est clair, net, et argumenté.

Après, bien sûr, subsistent encore les éléments qui influaient déjà mon choix quand j'étais jeune, à savoir que, non, je n'aime pas toujours ces êtres humains incomplets que sont les enfants, qui s'apparentent à des extraterrestres pour ce qui me concerne. Que je ne les supporte pas plus (le bruit, les cris, les pleurs) non plus.

Donc, pour conclure, oui, on peut faire un chois très jeune, et s'y tenir, même si les raisons ne sont plus forcément les mêmes.

Alaiya a dit...

Ah, et j'ai oublié! je voulais te faire part de cette chronique très courte entendue que j'ai entendue sur France Info la semaine dernière:

http://www.france-info.com/chroniques-la-face-b-de-l-info-2011-10-25-enfin-une-vie-sans-enfants-571045-81-556.html

Pour info^^

Anonyme a dit...

À l'âge de 11 ans, j'ai annoncé pour la première fois que je ne voulais pas d'enfants. Évidemment, tout le monde me disait que je changerais d'avis, que j'étais trop jeune pour comprendre la beauté de la maternité, et que si ma mère avait pensé de la même façon que moi, je n'existerais pas. Aujourd'hui, à 26 ans, quand je dis que je ne veux pas d'enfants, j'ai droit aux mêmes commentaires. Je me demande quand je cesserai d'être "trop jeune" pour que les gens ne me répètent pas que je changerai d'idée. Pour ma part, plus que jamais, je sais que je ne suis pas faite pour avoir des enfants. Plus le temps passe et plus je me félicite de ma décision. Je suis écrivaine, et moi, mes bébés, c'est mes personnages. Il me paraît inconcevable que cela pourrait changer un jour.

Debra a dit...

Bonjour Magenta, bonjour à tous,

J'aime toujours autant lire vos billets qui "me parlent" furieusement. J'approuve également les arguments d'Alaiya. Mais moi ce profond désir de ne pas avoir d'enfants je l'avais dès l'école primaire !!
A l'époque déjà je considérais mes petits camarades comme des monstres, des brutes sans coeur... Mon jugement est un peu moins sévère depuis quelques années :)

A partir de 10 ans j'ai observé les premiers ventres ronds prêts à exploser, et cela me dégoutât au plus haut point. D'ailleurs je détourne aujourd'hui encore le regard en croisant une femme enceinte... En coeur, mon mari et moi, faisons "beuuurk" avec la ptite grimace qui va bien, lol !!

En fait ce n'est qu'à 33 ans que j'ai vraiment été rassurée en rencontrant mon homme idéal, celui qui me correspond... Grâce à lui je peux respirer et me dire que je ne serai jamais obligée de subir la barbarie d'un accouchement... Adieu à jamais cette épée de Damoclès sur ma tête, ouuuf !!!

Voilà, aujourd'hui j'en ai 37, nous vivons en harmonie, dans un environnement calme et toujours nickel, et profitons de notre argent durement gagné comme bon nous semble (voyages, restos, shopping...). Ahlala, trop dur la vie de childfree j'vous dit =D
Et je ne pense pas me tromper en affirmant qu'une bonne moitié des réflexions déplacées viennent de personne jalouses !

Par contre plus rares sont les aveux, comme ceux de cette dame de 54 ans, qui me disait hier que si elle avait eu le choix elle n'en aurait pas eu non plus, que j'ai raison. Je salue sa franchise.

Je continue bien sûr d'entendre les remarques des parents et futurs parents, mais avec mon homme et l'assurance que dégage notre parfait petit couple, ces remarques me passent loin pardessus la tête, et j'en rigole... enfin !

Belle vie à tous les childfree.

Anonyme a dit...

Personellement je ne trouve pas dégoutant les femmes enceintes. C'est la nature, pas la peine d'en faire un plat, ni en positif ni en négatif. Mais je comprends que ça bouleverse la vie et qu'on n'y est jamais préparé. je regardais encore l'interview d'Eliette Abecassis à propos de son film 'Un heureux évènement'. Il est temps qu'on fasse ce genre de films. Elle dit aussi quelque part que ce n'est que depuis le 21ième siècle qu'on fait comme si c'est quelque chose d'extraordinaire d'enfanter, depuis des siècles les femmes mettaient au monde des enfants sans histoires. Je me rend aussi compte que je fais partie d'une petite majorité de femmes qui ont droit à la parole sur ce chapitre. C'est un luxe car dans la plupart des pays je n'aurais même pas le droit de choisir ma vie, ni mon partenaire, ni l'accès à la contraception.

Maëva a dit...

et oui, c'est tristement vrai, lorsqu'on est jeune, on n'est pas pris au serieux lorsqu'on dit qu'on ne veut pas d'enfant, qu'on en a jamais voulu, et qu'on en voudra jamais. j'ai 21 ans, et je fais face aux reactions que tu cites dans ton article depuis un paquet d'année. c'est très pénible, il faut l'avouer, c'est pour cela que je suis ravie d'avoir trouvé un "endroit" comme ton blog, où je me sens en accord parfait avec ce qui est dit ^^ merci

Sophia a dit...

En fait,je ne suis pas très fière, mais il m'est arrivé plusieurs fois de dire à des femmes mariées qui racontaient ne pas vouloir d'enfants 'Ca va changer'. J'ai dit ça sans trop réfléchir, persuadée d'être originale et a-normale et je me suis tellement fait critiquer que j'ai été endoctrinée sans m'en rendre compte :-/ Je regrette maintenant, mais d'après leur réaction calme je pense qu'elles avaient l'habitude, ce qui n'est pas une excuse... C'est bien qu'il y ait ce genre de blogs, ça fait prendre conscience de ces choses-là

Izalixe Straightheart a dit...

Hé comment ça va? Je suis venue faire un tour sur ton site voir comment ça évoluait et si le documentaire serait bientôt prêt! J'ai hâte de voir ça...

Quant au sujet de ton billet.... je suis allée à un salon funéraire dernièrement avec mon père, pis vlà les matantes qui disent à mon père "T'aurais pas aimé ça être grand-père?"..... devant moi et sans aucune gêne comme si je l'avais privé d'une joie de la vie.... tabarnak comme si c'était quelque chose qu'on devait faire pour faire plaisir à nos parents. !!!! Autre exemple mon voisin d'à côté qui commence à me dire "qu'il serait temps" je lui ai répondu "J'en veux pas!" pourtant lui il a 55 ans et il en a pas d'enfant alors pourquoi se permet-il de me dire que "il est temps"? Juste parce que je suis une fille? ARF!

Par contre, il y a une chose qui m'intrigue... à cause du sujet de ton documentaire, et de ton blog, tu dois te taper des recherches de sujets et d'images qui concernent constamment des choses que tu ..."abhorres" si on peut dire ou du moins n'est pas friante de, soit les enfants, les bébés la grossesse... ça ne t'écoeure pas de devoir toujours traiter de ce que tu veux justement éviter? Moi je ne serais pas capable!

J'ai aussi une toute petite remarque qui m'a énervé... moi je fume, je connais des gens super corrects qui fument aussi... bien sûr tes voisins d'après ce que tu nous dis d'eux, semblent être de vrais cons.... mais c'est pas à cause qu'ils ont "une cigarette au bec"... c'est entre les 2 oreilles... ;) en tant que fumeurs, on se fait quasiment traiter comme des criminels, les gens nous regardent de travers quand on fume dehors, etc... alors qu'en fait, c'est un choix de vie comme consommer de l'alcool ou pas, etc. Il appert évident que tu n'apprécie pas les fumeurs mais il ne sont pas tous des imbéciles... donc je ne vois pas ce que le fait que tes voisins fument a à voir avec leur connerie... (bien sûr ça peut paraître con de fumer pour les non-fumeurs et même pour des fumeurs, mais alors là c'est un autre débat) c'était juste une remarque comme ça car ça m'a frappé. Je dois dire que je trouve que la cigarette ça pue je ne fume que des cigarillos qui sentent bon et modérément entre 5 et 10 par jour.

Quant à tes voisins.... ouch... de lire ça je me suis dit que j'étais contente de ne plus vivre en appart... les derniers 3 mois il y avait une fille avec un bébé qui braillait tout le temps dans l'appart voisin et j'en pouvais plus!!

En tout cas lâche pas et j'ai hâte de te voir poster que le doc s'en vient!!

xx
Iza

Magenta Baribeau a dit...

Salut Iza, désolée de t'avoir offensée avec ma remarque de cigarette. Je ne suis pas du tout anti-tabac, par contre je crois que fumer devant/sur/à côté de ses enfants, c'est irresponsable. C'était l'essentiel de ce que je voulais dire à ce propos dans mon billet.

Quant à mon docu, il avance bien. Je suis en montage et j'espère qu'il sortira au printemps 2012 :)

À noter d'ailleurs, que le sujet ne "m'écoeure" nullement. J'adore ce sujet. Ce n'est pas parce que je n'aimerais pas voir un petit être grandir en moi que lire sur le sujet m'écoeure pour autant. Bien au contraire :)

Laetitia a dit...

Bonjour.
Ce blog est une bouffée d'oxygène pour moi. Parce que je me sens moins seule dans mes choix de vie. Parce que oui, c'est un vrai tabou que de ne pas vouloir d'enfant. Et cette fichue phrase du "tu changeras d'avis un jour tu verras"!! Un beau jour, dans des circonstances bizarres je me suis retrouvée chez mes voisins qui ressemblent beaucoup à la description des parents des jumeaux dans un article précédent. On était avec la police car il y avait des histoires de trafic de drogue impliquant les fameux voisins. Et au milieu leur bébé de 1 an. Là ils y vont tous, les parents et les policiers, de leur couplet sur les nuits blanches à cause des mouflets etc.., et quand ils me demandent si j'en ai et que répond "j'en ai pas envie, surtout quand j'entends des anecdotes comme les vôtres" j'ai eu droit au "vous pouvez pas savoir".. et limite je passe pour le monstre. Et eux, qui font baigner leur bébé dans la crasse, le deal, l'insécurité, passent pour des gens respectables? Ça m'a toujours rendue malade! Et encore à 31 ans il faut se justifier. Quand les gens en font 5 qu'ils n'ont pas de quoi finir les mois, qu'ils vivent dans un 2 pièces, on ne leur demande jamais de se justifier. Pourquoi 5? Pourquoi pas juste 1 ou 2 qui auraient eu une meilleure qualité de vie?
Ceci dit ça a fait rire mes collègues de boulot, mais du moins ont ils compris.. j'ai lâché un jour "j'aime pas les bébés". Ça parait affreux comme phrase, ils ont été choqués deux secondes mais ils ont tous compris, et tout roule désormais.
A bientôt pour te lire.

Pepette a dit...

J'ai 25 ans...Et pourtant je suis ferme sur mon choix :) Pepette de france

Julie-Cerise a dit...

Coucou,et mille fois merci pour ce blog

Pour ce qui est de devoir se justifier en permanence j'ai une anecdote : lors de la crémaillère de notre maison, nous avons reçu notre famille (celle de mon conjoint). Mon beau-frère à attendu que mon mari sorte de table pour m'assener d'un : Maintenant que vous avez la place, je vous laisse 3 mois pour récupérer les affaires de bébés qu'on mets de côté pour vous !...
Pourquoi attendre que son frère quitte la table??? il espérait une réaction plus douce de ma part car j'adore mes beaux-parents et que je ne veux pas les mettre mal à l'aise? Alors que son frère aurait été plus libre que moi de répondre. Et bien tant pis... j'ai dit que les enfants n'étaient pas prévu pour dans 3 mois... et qu'ils n'étaient même pas prévus du tout... A bonne entendeur! Les relations sont désormais tendues mais au moins je suis libérée de ce poids.
J'en ai ensuite discuté avec mon homme, il a du mettre les choses au point car le sujet n'est revenu sur la table.