lundi 5 septembre 2011

Ne pas aimer les enfants des autres

Ça se dit rarement en société. Surtout en tant que parent. Ou en tant que non-parents, quand on y pense. Combien de fois avez-vous entendu: "Mais tu peux pas savoir, toi, t'as pas d'enfant" ou "tu ne peux pas juger la manière dont j'éduque mon enfant, tu en as pas, toi!" Peut-être, mais faudrait pas exagérer non plus.

En tant que childfree, les gens nous prennent souvent pour des anti-enfant, ce qui dans mon cas n'est pas toute la vérité, mais une partie de vérité. Je viens d'une famille particulière. Ma mère n'aime pas les enfants. Elle m'a adorée moi, mais elle continue de le dire: "Je n'aime pas les enfants des autres." Et telle mère, telle fille...

N'ayant pas d'enfant moi-même, je n'ose pas dire que je n'aime pas les enfants. Ce ne serait pas vrai. Mais ceux décrits avec brio par Lorraine Devon Wilke dans son article anglais "I Don't Love Your Kid" sont exactement ceux qui me rappellent à quel point je n'ai pas envie de vivre ça quotidiennement.
"I don't love your kid.
You know the one: 
That kid who's allowed to chase his brother around the grocery store while screaming bloody murder and knocking over chip racks and those geriatric gals with the walkers. 
That kid who's having a prolonged hissy fit in a fine dining establishment, ignored by parents who believe she needs to "work it out herself" rather than intervene for the sake of ambiance, fellow diners and the sanity of the wait staff. 
That kid who gleefully dances in bare feet atop the lobby coffee table of a chi-chi country club while her parents assault passersby with those "Isn't she cute?" grins. No, she isn't. Get her off the table and into some shoes. 
That kid who is the white-hot flaming center of every conversation with parents who extol each talent, skill, accomplishment, latest funny thing, every breath they take as if history is being made. He/she's swell, but how about we refocus on the visiting lecturer we invited to this shindig?"

J'en reviens toujours à dire que moi, ce n'est pas l'enfant que je n'aime pas, mais ses parents. Parce qu'un enfant, ça ne sait pas ce que ça fait. Ça crie, ça pleure, ça remue beaucoup. C'est normal, c'est une étape de son développement. Par contre, les parents eux, sont des adultes qui devraient savoir que tout n'est pas permis à tout moment.
Je vais écrire un guide, je crois, sur ce que les parents peuvent faire pour les aider à garder leurs amis non-parents sans les rendre complètement fous. Voilà. C'est le projet que je me donne dans les prochaines semaines! Voyons voir si je m'attire les foudres des parents ou si quelques uns comprendront mon point de vue.

11 commentaires:

LM a dit...

Tout à fait d'accord !
Personnellement, je ne me risque pas à donner quelconque conseil d'éducation, déjà parce qu'à leur place, je n'aimerais pas ça :-p En revanche, si ça atteint ma propre personne, là je ne me prive pas d'intervenir. Exemple : un enfant qui m'a quémandé quelque chose comme un dû, c'est un non catégorique, et même si ça m'a attiré les foudres d'une personne âgée en me disant "t'as pas honte, c'est qu'un gosse !". Et alors ? Justement que je sache, on n'a pas à répondre aux caprices.

Bref. J'attends généralement patiemment que les parents réalisent eux-mêmes qu'il y a quelque chose qui cloche. Comme mon amie d'enfance qui se laissait toujours couper la parole par son premier enfant, ce qui avait le don de m'agacer... ou alors qui faisait comme si on ne l'entendait pas plutôt que de lui demander d'attendre... Quand il m'a fait le coup à moi, je lui ai répondu "je parle là, tu attends que j'aie fini !". Il a fallu plus d'un an à ma copine pour qu'elle s'y mette, soit à l'arrivée de son deuxième enfant lol.

Rah lala, qu'est-ce qu'on subirait pas pour voir les adultes que l'on aime ! mdr

marie a dit...

Bonjour Magenta,
je n'ai encore jamais commenté sur ton blog mais je lis (et j'approuve!) régulièrement.
Cette fois, une phrase m'a donné envie de réagir, parce que c'est quelque chose qu'on n'entend pas souvent.
Effectivement, je ne veux pas d'enfant, pour des tas de raisons, mais l'une d'elle est que je ne veux pas être parent. Je n'apprécie pas particulièrement les enfants et je crois que j'aime encore moins les parents !
Devenir parent change vraiment trop les gens qu'ils le veuillent ou non, qu'ils s'en rendent compte ou non. Ça fait accepter des choses qu'on n'aurait jamais permis avant.
Effectivement, ça peut être intéressant que tu creuses de ce côté...

LM a dit...

Ca me fait penser... N'avez-vous jamais entendu vos proches, depuis qu'ils sont parents, se plaindre de ne plus voir personne et que plus personne ne s'inquiète d'avoir de leur nouvelle ? Perso je l'entends souvent... sauf que, à mon avis, c'est parce qu'à force de demander à les voir / de téléphoner pour avoir des nouvelles, sans jamais que ce soit le bon moment, que c'est toujours remis à plus tard, qu'ils sont toujours difficiles à joindre, au bout d'un moment, on se lasse de leur courir après... Enfin. C'est un autre sujet ! lol

Olivier T a dit...

Je crois que tu as tout dit Magenta. En effet, ce qui est parfois insupportable chez les enfants des autres, ce sont leurs parents. Tu remarqueras que c'est la même chose en ce qui concerne les animaux de compagnie (et je ne compare pas enfants et animaux, quoi que...), ce qui revient à dire que tout est affaire d'éducation. Mais comme les gens ont une tendance naturelle à reproduire ce que l'environnement familial les a habitués à vivre... il y a de fortes chances pour qu'il y ait des enfants insupportables jusqu'à la fin des temps.

Magenta Baribeau a dit...

En effet... c'est un constat triste, mais probablement fort réaliste.

Belle comparaison, par ailleurs. Je n'ai jamais été contre comparer des pommes et des oranges :)

Estelle Ogier a dit...

Bonjour Magenta,
Dommage que le texte que tu cites soit en langue anglaise que je ne lis pas correctement... Quant au guide, j'attends cela avec une impatience démesurée ! Je te salue très amicalement.

Magenta Baribeau a dit...

Désolée, je n'ai pas eu le temps de faire une traduction. Par contre, Google Translate peut te donner une bonne idée de ce dont raconte l'auteure :)

Veggie a dit...

"Je vais écrire un guide, je crois, sur ce que les parents peuvent faire pour les aider à garder leurs amis non-parents sans les rendre complètement fous. "
mwhahahaha, bonne idée !

Cela me fait penser au fait qu'avec mon compagnon, on trouve que la plupart des parents sont bien hypocrites.
Quand nous ne voulions pas d'enfant :
1- on nous demandait sans cesse pourquoi (sous-entendu "qu'est-ce qui cloche chez vous ?")
2- on nous vantait l'expérience merveilleeeeeeeuse de la parentalité

Maintenant que je suis enceinte :
1- personne ne nous a demandé pourquoi on a changé d'avis (c'est tellement "naturel" de procréer, ils supposent que les hormones nous ont remis dans le droit chemin ?)
2- TOUS les parents nous disent : profitez à fond maintenant ! Sortez, dormez, après ce sera foutu !

Au final, je pense que la majorité des parents prennent les non-parents pour des débiles... Comme si nous n'avions pas attendu si longtemps justement parce que nous étions bien conscients de tous les "désavantages".
Etre parent est pour beaucoup un suicide social. Mais ils ne savaient pas ce qu'impliquaient le fait de devenir parent ?

Midinette a dit...

Bon et bien moi je suis maman et pourtant je n'aime pas particulièrement les enfants des autres ;)

Pour ce qui est de se renfermer quand on est parent comme on peut le lire dans les commentaires, c'est une volonté des parents... perso moi je vois mes copines, je sors, on fait garder le petit et on se fait des restos... bref si certains parents voient leurs enfants comme des boulets c'est bien dommage ;)

une française a dit...

C'est clair, certains enfants, sont malpolis, chiants, effrontés, et tout ce que tu veux, et quand t'as le malheur de faire une remarque, c'est toi qui est pas normal! Les parents laissent leur enfants foutre le bordel dans les magazins, mettre les étalages en plein milieu du passage, empêcher les visteurs dans les musées de profiter pleinement de la visite, et si tu te plaints, c'est toi le malpoli! J4ai envie d'en étrangler!

Lili Bougainville a dit...

Ce message ne s'adresse pas qu'aux adultes n'ayant pas d'enfant, mais aux parents aussi - ce qui est mon cas !!! Je suis une femme exigeante, impatiente, avec quelques principes incontournables... Alors, forcément, les enfants des autres.... Je n'en supportent pas bcp, même si je sais que ce n'est pas totalement de leur faute, mais surtout celle de leur parents (et bizarrement je peux avoir envers eux quand même un sentiment de protection et de responsabilité quand leurs parents ne sont pas là...) ! Quand je n'avais pas encore d'enfant, je pensais qu'on élevait ses enfants SYSTEMATIQUEMENT comme on est vraiment, mais ce n'est pas du tout le cas : je veux dire que je peux m'entendre avec mes amis et ne pas du tout apprécier leurs enfants, qui me paraissent mal élevés ou pire (attention les foudres !!!) inadaptés (politesse, culture, place dans la vie par rapport aux adultes,...). Je me permets de m'exprimer, car j'ai cru comprendre qu'il s'agissait d'échange de point de vue sur votre blog (dont j'ai entendu parler dans 'Les Maternelles'). C'est un vrai sujet, dont on parle que maintenant, mais qui date depuis des lustres, mais les femmes n'osaient pas le dire : je ne suis pas sûre que toutes nos dames depuis des siècles aient appécié de perpétuer les générations, de gré ou de force.... Il suffit d'interroger nos grand-mères... Et pour répondre à LM, je ne vois pas les enfants que je ne peux pas voir, au même titre que les adultes, je triche en inventant des diners adultes, ou des soirées copines, voir même une baby sitter en prétextant que c'est pr ne pas que les petits s'ennuient, alors que c'est pr pas les voir... (oh, ça c'est moche !!! J'assume !). Pas question de se laisser envahir !!! Je continue ma visite... A bientôt, Lili.