samedi 14 mai 2011

42e anniversaire de la légalisation canadienne de l'avortement

En ce 42e anniversaire (euh... quelques jours plus tard, Blogger ne me laissant pas écrire de nouveau billet depuis mercredi dernier) de la loi C-150 décriminalisant l'avortement, je propose un billet célébrant cette loi qui pourrait être en péril. En effet, chaque année en cette date, des militants pro-vie manifestent sur la colline parlementaire, tentant de faire annuler cette loi de 69. Puisque le gouvernement au pouvoir n'est non seulement conservateur, mais aussi très chrétien, beaucoup de députés CONservateurs sont eux-mêmes pro-vie. 
(Image provenant de ce très intéressant billet sur l'avortement)

J'en profite donc pour écrire un billet non seulement pro-choix, mais pro-avortement .Bien que je ne sois pas pour l'avortement comme moyen de contraception (de toute manière, les capotes et la pilule contraceptive, c'est beaucoup moins douloureux comme façon de ne pas faire d'enfant), je suis on ne peut plus en faveur de l'avortement comme moyen de maintenir le plein contrôle sur sa procréation. Ce n'est pas en forçant des femmes à avoir des enfants non voulus en leur refusant l'avortement qu'on va améliorer la société. Ce n'est pas non plus en criminalisant l'avortement que l'avortement cessera pour autant. 

Regardez en Afrique où l'avortement est illégal dans presque tous les pays. Celles qui ne veulent pas avoir (généralement un autre...) un enfant vont voir des femmes, bien souvent celles-là mêmes qui excisent les petites filles, et elles se font charcuter. Il y a probablement davantage d'avortement pratiqués dans des conditions d'hygiène douteuse et de manière dangereuse pour la femme que des avortements faits en clinique. 

D'ailleurs, je suis tombée sur cet excellent reportage effectué au Niger par Une heure sur Terre à propos du grand nombre de femmes qui meurent en couche en Afrique. Il parle également d'avortement illégal et de ses dangers. C'est un reportage d'une vingtaine de minutes qui est des plus intéressants. Vous pouvez le regarder gratuitement ici, sur le site de Tou.tv http://www.tou.tv/une-heure-sur-terre/S2010E20

Vouloir enlever le droit aux femmes de se faire avorter n'est non seulement ridicule, selon moi, mais aussi très dangereux.

C'est pourquoi je vous invite à ne plus avoir honte d'avoir eu un avortement. Je connais beaucoup de femmes qui en ont eu un, pour diverses raisons, toujours bonnes, mais qui ne l'ont avoué qu'à certaines personnes, à voix basse, presque honteuses. Je revendique donc le droit d'être fière de nos choix et ne pas avoir peur de dire: "J'ai été enceinte, je n'en ai pas voulu. J'ai fait le bon choix que je ne regrette pas et j'en suis fière!"

5 commentaires:

milimus a dit...

Bonjour!

Moi je n'ai pas honte de dire que j'ai eu recours à l'avortement. C'est le meilleur choix que j'ai fait de ma vie entière. Je considère, personnellement, que j'ai rendu service à cet enfant. Le père était un homme porté sur l'alcool, qui était violent (non pas de façon physique, mais psychologique). Évidemment je l'ai quitté peu de temps après. Donc imaginez si j'avais gardé l'enfant. Quelle vie de merde pour l'enfant, avec des parents séparés et un père irresponsable. Au contraire, je pense qu'il aurait été vraiment égoïste de le mettre au monde.

Mélissa

Magenta Baribeau a dit...

Merci pour ce témoignage :)

Anonyme a dit...

Je suis pour, - absolument et sans réserves! - pour que les femmes aient le choix, et je le serai toujours. Et si le droit à l'avortement venait à être menacé je m'engagerais et je descendrais dans la rue pour le protéger.

J'ai avorté il y 8 ans de cela. Je suis maintenant mère de 3 enfants (un choix d'autant plus muri et réfléchi après un avortement.)Je ne regrette pas du tout mon choix mais cet avortement, cette expérience, ont laissé en moi une trace profonde.

J'ai vu comme il était "facile" d'avorter. Personne pour vous parler réellement. Une indifférence toute clinique sous couvert de respect. Rien n'est entrepris pour que l'avortement ne soit pas un simple moyen de contraception. Ni en amont ni en aval. Aucun accompagnement après l'avortement. Peu d'entre nous avortent de gaité de cœur, mais l'acte d'avortement est traité comme un simple acte chirurgical.

Chaque avortement est un échec, celui d'une histoire d'amour parfois, et dans presque tous les cas un échec dans les maitrises des méthodes de contraception, dans la maitrise de sa sexualité

En france l'éducation sexuelle est un tissu de mièvreries mi-biologiques, mi-politiquement correctes de quelques heures par an.
Mais au fond apprend-t-on aux jeunes gens à connaitre leur corps et à le respecter ? Aux jeunes filles à reconnaitre les moments de leur cycle et quels sont les signes d'une ovulation ? (ça me parait tout de même la base !!! Et bien non : pas un mot!) Les moyens de contraceptions sont rapidement évoqués, en une heure voire deux. Pas de réel dialogue sur les + et les - de chaque méthode. Pas de débats. Pas un mot sur l'état de l'avortement dans le monde, les différents délais légaux, les différentes pratiques. Les possibles suites psychologiques. La possible stérilité.

Jamais on ne dit aux jeunes qu'il faut aborder la sexualité avec toute les précautions dus à un acte qui est autant porteur de vie (l'enfant) que de mort (MST, avortement), de plaisir (orgasme) que de douleur (viol, prostitution, instrumentalisation du corps), ou de symboles. On ne leur apprend pas que le sexe n'est pas un produit de consommation courante. On ne leur leur apprend pas que sexualité doit rimer avec prudence et responsabilité.

Si je suis pour le droit à l'avortement je suis surtout pour une meilleure éducation sexuelle et pour la gratuité absolue de tous les moyens de contraception, et alors peut-être que le contrôle des naissances sera un vrai contrôle, conscient, volontaire et responsable et s’appuiera moins sur l'avortement qui reste un "dérapage" de la contraception.

LM a dit...

Je dévie un peu du sujet pour une interrogation personnelle... Dans celles (et ceux après tout lol) qui ne veulent pas d'enfant et qui ont eu recours à l'avortement, comment l'ont-ils vécu ? Je pense que malgré tout, ça n'est pas une décision facile pour soi-même, et encore plus en devant affronter le regard des autres (et notamment des médecins, certains se montrant très froids et brutaux face à ce type de demande chez une femme en âge de procréer, et surtout si elle est en couple stable...). Je parle de ce qu'on m'a raconté, je ne l'ai pas vécu moi-même.
J'ai en revanche vécu une grossesse extra-utérine sous stérilet, et je n'ai pas été insensible à cette grossesse. Ca a tout de même été une épreuve psychologique car je me disais que j'avais un peu de mon amoureux en moi, et qu'un "nous" avait commencé à se créer, bien que sans issue. De toute façon, mon compagnon et moi aurions opté pour l'avortement. Mais j'ai été surprise de voir que je n'étais pas indifférente à cela. Je ne sais pas comment d'autres "childfree" ont pu vivre ce type d'épreuve, voilà mon interrogation ;-)

Anonyme a dit...

I hope you read English (I read French, but my written French is poor to non-existent). In any case, I want to say that as much as I'm pro-choice and I think we should always be vigilant about our rights, the idea that Stephen Harper's going to make abortion illegal smacks a bit of paranoia. It also strikes me as ironic that at least in recent years, the most egregious violations of women's reproductive rights took place not in a right-wing God-bothering theocracy but in a left-wing officially atheistic state, Communist Romania, where not only abortion but even contraception was banned. If I had lived in Romania in Communist times, I might now have four kids (the minimum Romanian women were supposed to bear) rather than the one child I have today, whom I wanted and planned. And even some 'pro-lifers' have described Harper as 'pro-abortion.' So let's keep our eyes open, but let's not make a mountain out of a molehill.