mardi 29 mars 2011

Sous-représentation des femmes en cinéma

Je débute ce billet en citant un récent article du journal Le Devoir sorti lors de la Journée de la femme 2011 en mars dernier à propos des femmes réalisatrice.

J'en avais déjà parlé en février 2010, mais vaut souvent mieux le redire deux fois: les femmes n'ont pas la cote en cinéma. Ce n'est pas qu'elles n'appliquent pas pour avoir du financement, loin de là, ce n'est pas non plus qu'elles n'étudient pas le cinéma (dans ma classe, nous étions beaucoup plus de femmes que d'hommes), c'est simplement qu'on ne nous fait pas confiance. Pendant longtemps, les femmes n'ont eu que des jobs de secrétaire dans l'industrie cinématographique. À tel point qu'un poste s'appelle même (en anglais) "script girl", pas "script person", mais bel et bien "girl" c'est-à-dire le nombre d'hommes qui ont dû occuper ce poste dans les derniers 100 ans...

Si vous aimez les statistiques ou si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire l'étude complète 2011 publiée par les Réalisatrices équitables. Un très intéressant (et alarmant) document!

L'article du Devoir en cite un extrait:
Les filles ne tournent pas plus qu'hier avec, en gros, 28 % des projets acceptés et 17 % de l'enveloppe de production. 
Ce qui me fit tout de suite penser à une citation d'Anne Depétrini, une réalisatrice française:
"Je m'aperçois que ça reste un truc pénible. On doit sans arrêt faire ses preuves. On arrive toujours comme une débutante partoute. Il y a toujours un soupçon: si on réussit pas ou si on réussit. Quel que soit le choix qu'on fait, c'est pas bien, c'est pas ça qu'il fallait faire. Voilà, les gens s'autorisent à parler beaucoup sur nos choix. Il y a quelque chose de moins tracé et évident que pour un homme."
Et encore plus à ma propre situation. J'ai déposé maintenant 8 fois pour avoir du financement pour mon documentaire, autant auprès du gouvernement québécois que canadien, à la SODEC, ainsi que dans divers organismes venant en aide aux artistes. Et c'est toujours la même rengaine: "qu'as-tu fait avant" et "c'est un sujet sensible" et avouons-le, le féminisme a mauvaise presse et mon documentaire ne se cache pas, il est féministe (que pourrait-il être d'autre lorsqu'il questionne la condition des femme en 2011?) C'est un sujet de femmes, réalisé et produit par une femme... oh là là que c'est pas évident!

Mais je crois qu'il est possible de changer les choses. Traitez-moi d'idéaliste autant que vous voudrez. J'ai décidé que coûte que coûte, faille-t-il que je m'endette pour les 30 prochaines années, je ferai mon film. Et si comme moi, vous croyez que c'est possible, alors encouragez-moi, encouragez les arts, encouragez les femmes et contribuez à mon documentaire!

Ou contribuez via Indie GoGo en cliquand sur cette image ci-bas!

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