vendredi 18 mars 2011

Les réseaux sociaux et les enfants, pas facile d'etre parent!

Je lisais récemment un dossier paru dans La Presse (cliquez ici pour un autre article, et aussi ici) à propos de l'intimidation chez les jeunes victimes de crimes cybertechnologiques (textos d'injures, pages Facebook ridiculisant une fillette avec surplus de poids, photos d'ados nues, et j'en passe) et je me disais: "Maudit que je sais pas ce que je ferais comme parent devant tout ça. "

Je pense parfois que je deviendrais comme ma mère, c'est-à-dire une mère poule qui surprotège par désir qu'il n'arrive aucun mal à sa progéniture, mais Dieu sait que je ne voudrais pas faire subir ça à un enfant. J'ai parfois trouvé dur de ne pas avoir les mêmes privilèges que mes autres amies du même âge. En vieillissant par contre, je commence à comprendre... et à me dire que je fais donc bien de ne pas avoir d'enfant.

C'était déjà assez difficile d'élever un enfant sans Internet, mais maintenant vraiment j'avoue que je me sentirais totalement impuissante face non pas à la menace d'inconnus perverts pouvant exploiter mon enfant, mais celle de ses compagnons de classe qui lui font découvrir des trucs trop tôt, ou tentant de lui faire faire des trucs qu'il ou elle ne veut pas faire ou en l'injuriant de 26 manières différentes. Je connais une petite fille de 11 ans que ses parents ont trouvé en train de flirter dans un chat de rencontre où son surnom était quelque chose comme sexy4u97. Onze ans! 

Je suis contente d'avoir eu une vraie enfance peuplée de dessins animés et non de vidéos érotiques trouvés sur Internet et surtout heureuse de ne pas avoir été précoce, peut-être justement parce que j'ai grandi dans une autre époque ou que j'étais bien entourée à l'école comme à la maison. À 13-14 ans, je commençais à peine à penser aux garçons, à les embrasser peut-être, mais j'ignorais encore ce que faire une pipe voulait dire que de quoi pouvait bien avoir l'air un pénis. Et je suis bien heureuse que ce soit longtemps resté ainsi.

Je sais que la sexualité précoce ne date pas d'hier, mais j'en ai traité l'an dernier dans un billet à propos de l'hypersexualisation de l'enfance, l'Internet n'aide certainement pas les enfants d'aujourd'hui à rester enfants bien longtemps. Mais qu'est-ce que les parents peuvent faire exactement? Interdire à leurs enfants de toucher un ordi, quitte à ce qu'ils deviennent des mésadaptés technologiques lorsque adultes et moqués par leurs camarades de classe parce qu'ils n'ont ni un téléphone cellulaire, ni un compte Facebook? Permettre un accès limité en monitorant toute activité Internet de son enfant quitte à le rendre parano et donner raison à George Orwell? Lui expliquer dès qu'il est assez grand pour s'asseoir devant un ordi ce qu'est un sein, un pénis, un film porno pour que quand ses amis lui en parleront, il puisse dire: "Mais je sais déjà tout ça?" quitte à lui enlever un peu de son innocence?

Plein de questions. Aucune réponse. Vraiment, peut-être aie-je raison et n'aie-je tout simplement pas la fibre parentale parce que je regarde mes amis qui ont des enfants assez grands pour être confrontés à ces réalités et je me dis: "Oh là là, je suis heureuse de ne pas avoir à gérer tout ça, moi!" Suis-je lâche? Peut-être. Mais peut-être aussi aie-je choisi mes batailles. Entre temps, je lis des histoires d'horreur sur Internet, j'entends des parents dire qu'ils sont perdus et je me dis: "Dans quel monde vit-on?"

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