mercredi 2 juin 2010

La Fête des non-parents en photos!



Le 15 mai dernier, j'ai eu la chance d'assister à la deuxième édition de la Fête des non-parents organisée à Paris par Théophile de Giraud et Frédérique Longrée.


C'est en arrivant dans la salle qu'on nous remet cette fameuse "médaille du mérite écologique" que j'arbore ici fièrement! Il s'agit donc d'un condom attaché à un ruban rouge.



La Fête prit un peu de temps à démarrer. Les anarchistes et artistes de surcroît ne sont pas des plus ponctuels... (Vous pouvez d'ailleurs noter ici que nous avions réservé la première rangée afin de pouvoir bien capter le son avec notre nouveau micro de location et sa fameuse moumoute!)




Puis les organisateurs appellent tous les panélistes à venir s'asseoir et la soirée a pu commencer.

D'ailleurs, ce fut une fête haut en couleur! Normal, direz-vous, pour un événement organisé par des anarchistes et où l'alcool coulait à flots... même que Théophile buvait sa bière dans un biberon! (Si vous scrutez bien l'image, vous pourrez le repérer!)


Pour être franche, j'ai été un peu surprise de la dureté de certains propos. L'ambiance était davantage à la provocation et aux débats qu'à la réjouissance et à l'acceptation. Dès les premiers instants de la discussion, Théophile invita le public à intervenir, que ce n'était pas ici une conférence, mais bien une discussion. Par contre, la première dame à intervenir fut rapidement échaudée par Corinne Maier qui lui reprocha de ne pas savoir lire et de n'avoir vu qu'un premier degré à son bouquin No Kid. Aïe!

Même que sur le panel, les invités n'étaient pas toujours tous d'accord entre eux. Ils se coupaient la parole et invectivaient parfois le public.


J'en suis restée estomaquée. J'avais eu le plaisir de rencontrer Mme. Maier le matin même et elle fut des plus cordiales avec moi. J'en ai donc déduit qu'avec toutes les caméras présentes et devant un auditoire, cette soirée était davantage un spectacle provocateur qu'une fête entre amis pour célébrer notre vie pas toujours rose.

Et la présence médiatique était plutôt lourde. Je croyais du fait être la seule à tourner un documentaire sur les non-parents volontaires... j'ai vite été détrompée! Trois dames y étaient dans le contexte d'un reportage, ainsi qu'une télé suisse-romande et une radio (France Inter).


J'ignore si c'est à cause de tous ces médias que les gens étaient un peu réticents à parler d'eux-mêmes, mais les témoignages personnels furent peu présents, éclipsés par des débats intellectuels à propos de l'environnement, de l'anarchisme et de la surpopulation

Les propos de l'environnementaliste Laure Noualhat, plus modérés, m'ont davantage touchée que ceux d'un Noël Godin (l'entarteur anarchiste) un peu ennivré qui beuglait parfois dans le micro les mêmes âneries jusqu'à ce qu'on remarque sa présence. Les organisateurs quant à eux, sont restés plutôt discrets, agissant davantage à titre de chefs d'orchestre que panélistes.

Bref, bien que j'aie grandement apprécié l'initiative d'une telle fête (et la gentillesse des organisateurs), c'est cette absence de côté festif que je déplore. Je m'attendais davantage à une célébration de nos vies qu'à un débat idéologique quant à savoir quelle était LA meilleure raison intellectuelle de ne pas procréer.

J'invite donc les organisateurs ainsi que tous ceux qui désirent observer cette fête dans les prochaines années d'y aller d'un modèle plus démocratique et humaniste où chacun parle de sa petite histoire personnelle afin qu'on puisse se sentir épaulés et non plus comme des extra-terrestres seuls dans une mer d'humains "normaux" lire ici avec désir d'enfant.

Qui sait peut-être organiserais-je une telle célébration à Montréal, l'an prochain?

8 commentaires:

Mél@nie a dit...

Conjointe d'un Français pure laine, je reconnais la verve. Je ne suis pas du tout surprise du discours. Sache que tes mots seront reconnus et discutés franchement au Québec. Mon conjoint, désirant ardemment avoir d'autres enfants (avec moi) doit se faire à l'idée qu'il sera un papa "unique". La seule similitude entre les Français et les Québécois, c'est la langue... pas la culture.

Bravo pour ton travail!

Magenta Baribeau a dit...

Merci pour ton beau commentaire :) C'est vrai que nous discutons très différemment au Québec et en France. J'apprécie notre sens du tact et notre courtoisie venant de notre héritage anglo-saxon :)

Anonyme a dit...

Misère... Si des images doivent être diffusées où l'on montre une bande d'intellos à l'égo démesuré (et totalement bourrés) expliquer pourquoi il ne sont pas parents et pourquoi, selon eux, il ne faudrait pas l'être, ça n'est pas comme ça qu'on cessera de passer pour des extra-terrestres !

Le commun des mortels aura vite fait d'en conclure que ceux-là ont drôlement bien fait de ne pas se reproduire ! Et comment l'en blâmer...

Begonia a dit...

Zut alors, je n'ai pas pû m'identifier sur mon commentaire !! Donc l'anonyme qui taille un costard aux intellos bourrés, c'est moi, Begonia...

Magenta Baribeau a dit...

C'est un peu ce que je me disais, Bégonia. N'empêche que j'ai aimé le concept. Il n'a peut-être besoin que d'être un peu retravaillé. L'expérience des années ne pourra nuire :)

Jamed Lavy a dit...

Je suis d'accord avec vous et l'an dernier je les avais trouvés un peu snobs (et pas si anar que ça au final) ; cela dit, est-ce que notre but est forcément d'intégrer une certaine normalité, de rassurer les gens qui nous prennent pour des monstres ? Personnellement je me fiche de savoir si la masse me considère comme une cinglée.

Magenta Baribeau a dit...

Je me fous un peu moi aussi de la normalité. Par contre, bien que je ne souhaite pas rassurer les autres, mais bien nous rassurer, nous, que nous ne sommes pas seuls.

Estelle Ogier a dit...

Lorsque j'ai lu "Bienheureux les stériles" d'Annaba ou "L'art de guillotiner les procréateurs" de Théophile de Giraud ; j'ai repris ma respiration ; j'ai compris pourquoi je refusais de procréer ; j'ai pleuré car je n'étais plus seule... Comme l'exprime justement Magenta, la fête des non-parents nous rassure en nous prouvant que d'autres partagent nos convictions. Je remercie tous les individus qui m'autorisent par leurs actions à être ce que je suis.