mardi 16 mars 2010

Une pression inégale pour les hommes et pour les femmes.

Une amie m'a fait part du très intéressant billet publié par le blogueur Chez Feel O'Zof où l'auteur (de sexe masculin) traite de la réaction des gens à son égard lorsqu'il dit qu'il ne veut pas avoir d'enfant. Mais mieux encore, il nous parle de la réaction amplifiée qu'ont les gens lorsque sa copine dit la même chose que lui.

"Quand c'est moi qui dis ne pas vouloir d'enfants, la réaction des gens n'est pas si pire. Mais quand c'est ma blonde, on dirait que c'est blasphématoire. Dire que même après cinquante ans de féminisme, on en soit encore au stade où la femme est considérée comme un incubateur vivant."  
(citation de  Feel O'Zof))

Malheureusement, même en 2010, on élève une fillette de manière à ce qu'elle devienne un jour mère, sans lui demander son avis. On prend pour acquis que les poupées l'intéresseront, que changer une couche et donner le biberon sont des jeux intéressants et adolescente, on lui met la pression pour qu'elle soit gardienne d'enfants.

Comme plusieurs femmes que j'ai rencontrées lors de ma recherche pour mon documentaire, les poupées ne m'intéressaient pas le moins du monde. Je préférais de loin prendre mon vélo, jouer à la cachette ou à la "tag", jouer au ping-pong chez mes voisins, bref faire les mêmes trucs actifs que mes amis masculins. Une poupée, c'est plate!

La pression sociale mise sur les femmes commence avec la poupée, mais ne fait que s'empirer plus la jeune fille vieillit. Toute sa vie, elle entend : "Quand tu auras des enfants..." "Quand tu me donneras des petits-enfants..." etc. Jamais de "Si tu veux..." toujours des "Quand tu..." Aucun choix, c'est juste une question de temps.

On prend pour acquis que puisqu'une femme détient un utérus, elle compte s'en servir. Cela va presque de soi. Pire encore, on prend pour acquis que la femme crée l'enfant de toute pièce, que l'homme ne sert à rien dans le procédé. C'est elle qui le porte, c'est donc elle qui le fait. Pourtant, un enfant se fait à deux. Alors pourquoi la femme porte-t-elle tout le poids social de la procréation?


(Image gracieuseté du blog Word Warrior)

Je ne revendique pas ici qu'on rajoute de la pression aux hommes, mais j'essaie de comprendre pourquoi la femme est seule à devoir se justifier autant lorsqu'elle ne veut pas avoir d'enfant. Si, si, j'ai un utérus, c'est vrai. Mais j'ai aussi la capacité mentale d'être un docteur, mais ça ne m'a jamais intéressée. J'ai aussi les muscles qu'il faut pour être déménageuse, là encore, aucun intérêt. Où est la différence? 

3 commentaires:

Ian a dit...

La pression envers les hommes qui ne veulent pas d'enfants est plus subtile. On leur explique que leur compagne ne peut que souffrir de ce refus.

Il est arrivé plusieurs fois que des personnes à qui je dis que ma conjointe et moi ne voulons pas d'enfants me répondent que je serai forcé d'en avoir puisque son horloge biologique se réveillera un jour ou l'autre.

On m'a aussi expliqué plusieurs fois que ma décision était due au fait que je n'avais pas encore trouvé la bonne personne, comme pour me rassurer. Et comment sait-on si on est tombé sur la bonne personne ? Quand on a envie de faire un enfant avec elle, bien sûr !

Magenta Baribeau a dit...

Merci pour ton commentaire, c'est vraiment efrayant toutes les idioties qu'on peut entendre!

Jamed Lavy a dit...

Moi ce n'est pas l'utérus qui me manque (ce qui est bien dommage parce que qu'est-ce qu'il me fait morfler avec ses contractions horribles), mais l'horloge tout entière ! Vous pensez que si j'avale un réveil tout cru je vais recouvrer le drôa chemin et produire de la chair à travail-plaisirs-domination-canon (rayer l'éventuelle mention peu politiquement correcte) ? ;o)