lundi 1 mars 2010

L'horloge biologique



Y croyez-vous? 


Je commence à émettre de fortes réserves quant à son existence. Au fil de mes rencontres lors de ma recherche pour mon documentaire Maman ? Non merci ! j'ai rencontré nombre de femmes dans la fin trentaine, début quarantaine me disant qu'elles n'ont jamais entendu cet appel de l'utérus (expression que j'abhorre, par ailleurs). 

Quant à moi, du haut de mes presque 32 ans, c'est le mutisme de mon bas-ventre. Encore tôt, diront certaines... Peut-être. N'empêche que j'ai toujours dit que l'humain était plus qu'un simple animal. Si un jour, je ressens du fond de mes entrailles un appel à procréer, je dirai calmement à mes hormones de se calmer les nerfs puisque malgré les hormones qui souhaiteraient avoir un enfant, reste ma tête et mon coeur qui eux n'en ont certainement aucune envie. 

Me semble que nous sommes davantage qu'un sac hormonal devant obéir à chaque pulsion. Si tel était le cas, les hommes marqueraient leur territoire sur chaque coin de rue en levant la patte comme un chien et tout le monde baiserait peu importe où et peu importe avec qui tant que le désir y est. Quelle monde fou, ce serait. Alors pour ce désir hormonal d'enfanter qui prend le dessus de toute raison, je dis "on repassera." Je me vois mal oublier ma tête au profit de mes ovaires. 




"The Biological Clock. She watched the years speed by in horror!", dixit le cadran. Moi aussi vieillir me fait peur, mais certainement pas parce que que je serai un jour infertile... Et cette femme pop-art, qu'est-ce qui lui fait réellement peur?






2 commentaires:

Maïté a dit...

Bonjour,
Merci pour ce formidable blog et pour le projet de documentaire. Est-ce qu'il sortira également en France ? Je l'espère en tout cas.
Moi non plus je ne souhaite pas avoir d'enfants et je ne crois pas à cette fameuse horloge biologique... cela voudrait dire que notre baisse de production d'ovules après 30 ans déclencherait la production d'hormones qui nous déclencherait le besoin d'enfanter ? Je n'ai jamais trouvé de publication qui prouve ou décrive ce mécanisme. A propos, est-ce qu'on ne vous a jamais dis "c'est pas naturel de pas vouloir d'enfants" ? ou encore "chaque individu est sur Terre pour se reproduire" ? J'entends ça tout le temps et ça m'ennerve car ben si c'est bien naturel de ne pas se reproduire. Dans les sociétés animales, on peut observer des femelles qui ne se reproduiront jamais. Chez les hyènes ou les singes par exemple qui vivent en sociétés hiérarchisées, certains individus (souvent considérés de 'rang inférieur' mais c'est là un jugement humain!) ne se reproduisent pas mais contribuent à la survie du groupe en chassant et en aidant au nourrissage des jeunes. D'autres animaux non grégaires pour qui l'élevage du jeune est un investissement lourd (exemple albatros) peuvent arrêter de se reproduire pendant quelques années en attendant que les conditions environnementales soient meilleures. Et que dire encore des sociétés d'abeilles où il n'y a qu'une seule femelle reproductrice ? Elles n'ont pas besoin, elles, que toutes les femelles pondent pour assurer la survie de l'espèce! C'est seulement quelques exemples mais je suis sure qu'en cherchant bien on peut en trouver des centaines d'autres. J'ai parfois l'impression de revenir 100 ans en arrière quand on disait que l'infidélité n'est pas naturelle (alors que la grande majorité des espèces animales sont infidèles), que l'homosexualité n'est pas naturelle (plusieurs comportements homosexuels ont été rapportés chez les singes, les dauphins, les pingouins,...) La nature est bien plus diversifiée que l'on veut nous le faire croire...
Bon courage à tous et à toutes pour défendre vos choix de vie. Vivement la ménopause pour qu'on nous laisse enfin tranquilles ;-)

Sat a dit...

Bon, je commente un peu tard, mais j'ai peut-être un petit quelque chose à apporter à la question.

Je ne désire pas d'enfants non plus mais, contrairement à vous, la perte de ma fertilité me fait peur. Je ne pense pas être la seule. Je conçois que c'est tout à fait paradoxal, mais les années qui passent et me rapprochent de la ménopause m'angoissent, alors même que si je réfléchis un instant sérieusement au désir d'enfant, j'aboutis à chaque fois à la même conclusion : je n'en veux pas, tout simplement, et ce n'est pas faute de pouvoir en avoir, ni de pouvoir les élever.

Je ne pense pas que ce soit une question d'hormones, je n'avais d'ailleurs jamais pensé qu'on puisse prendre cette expression d'horloge biologique au sens propre. Je pense que cette angoisse est davantage le fait de la pression sociale, qui fait que notre choix est sans arrêt remis en question par presque tout le monde, surtout à partir de la trentaine, où tout le monde nous presse de nous activer ! C'est toujours très dur de faire et d'assumer un choix qu'on est quasiment le seul à faire. La trentaine passée, il ne nous reste presque plus aucune amie sans enfant, ce qui signifie grosso modo qu'il ne nous reste presque plus aucune amie, tout court. On se sent donc un peu seules, et on sait que désormais cette solitude va durer, à moins de se faire de nouveaux amis sans cesse plus jeunes. D'autre part, on est angoissées également par la peur de vieillir, peut-être même par la peur de regretter, parce qu'on ne sait pas comment ce choix, qu'on a fait à une époque où on pouvait s'investir dans beaucoup d'autres domaines, peut évoluer à un âge où pour la plupart des gens il ne reste plus qu'à jouer son rôle de grand-parent.

Donc, très sincèrement, en ce qui me concerne, c'est plutôt votre point de vue que je ne comprends pas, et pourtant j'aimerais le partager et me débarrasser de mes peurs, qui me mettent parfois en danger de procréer sur un coup de tête !