vendredi 5 février 2010

Petit historique de la contraception au Québec

Le mouvement féministe des années 60-70 au Québec tout comme en Europe et aux États-Unis cherchait à donner aux femmes davantage de possibilités de carrière que celle de lafemme au foyer. Nombre de féministes de cette époque refusèrent d'obéir au modèle patriarcal de contrôle de la femme en n'ayant pas d'enfant. Le retour du balancier s'opère dans les années 2000. On enregistre une hausse du taux de natalité de 16% depuis 2002 eten 2008 l'indice de fécondité a atteint son sommet depuis 1976.

La libéralisation de la contraception est une des grandes victoires de la révolution sexuelle. Le travail du Dr Morgentaler à la fin des années 60 révolutionne la façon de penser du Québec face à l'avortement qui est finalement décriminalisé en 1988. La stérilisation autant masculine que féminine reste un tabou dont on entend beaucoup moins parler que de la pilule, du préservatif ou de l'avortement. Aujourd'hui encore, c'est beaucoup plus ardu pour une femme d'y avoir accès que pour un homme alors que le taux de réversibilité est le même.

Quelques dates importantes

1870 Le premier préservatif apparaît sur le marché français. Mise en marché commerciale vers 1900. (date inconnue au Québec).

1930 Le stérilet est conçu, mais mis sur le marché qu'après la Seconde Guerre mondiale

1956 La première pilule contraceptive est créée par le Dr Grégory Pincus. Cette pilule est mise sur le marché afin de remédier aux troubles du cycle menstruel. Le Code criminel canadien interdit la diffusion de toute information concernant la limitation des naissances et certains députés réfractaires à la contraception prédirent l’extinction de la population sur dix années. L’Église catholique interdit la contraception sous peine d’excommunication (tout en permettant son utilisation pour le contrôle des difficultés menstruelles)

1960 Ce n’est qu’en 1960 que cette pilule contraceptive est autorisée aux États-Unis en tant que moyen contraceptif. D'abord réservé aux seules femmes mariées, puis étendu aux femmes célibataires, son usage se généralise en dépit de résistances légales. Le 10 juin 1960, le gouvernement conservateur de John Diefenbaker autorise la commercialisation de la première pilule contraceptive et son utilisation ne cesse de croître. L'apparition des méthodes de contraception permet aux couples de contrôler leur reproduction.

1969 Le Parlement canadien décriminalise la contraception. L'avortement reste illégal

Au terme de modifications adoptées en 1969, les médecins qui pratiquaient un avortement pouvaient, dans certaines conditions, bénéficier de l'immunité. La loi légalisait l'avortement s'il était effectué par un médecin dans un hôpital accrédité après qu'un comité eût certifié que la continuation de la grossesse mettrait probablement en danger la vie ou la santé de la mère. Cette modification codifiait le moyen de défense théorique excipant de la nécessité.

Plusieurs individus ont milité pour le droit à l'avortement sur la place publique, un des principaux acteurs étant Henry Morgentaler. Le site concernant l'historique de
l'avortement stipule que "Dans les années 60, le médecin Henry Morgentaler pratique ouvertement l'avortement en cabinet privé. De plus, il demande publiquement l'abolition de la loi sur l'avortement en 1967." Les Québécois ont commencé assez tardivement une lutte pour le droit à l'avortement. Ce n'est qu'en 1973 que s'oppèrent le début des batailles juridiques au Québec.

• Durant les années 1960-1970, les stérilisations chirurgicales sont accordées selon une règle mathématique basée sur l'âge et le nombre d'enfants. Durant les années 1980, la stérilisation est accordée davantage sur la base du choix individuel. Dès le début des années 1990, le ministère de la Santé et des Services sociaux s'inquiète du nombre élevé de couples de 30 ans et plus dont l'un des partenaires est stérilisé.
(Québec, Orientations ministérielles en matière de planification des naissances, p. 15).

L'Institut de la statistique du Québec signale que les ligatures des trompes sont en décroissance depuis un certain nombre d'années. De 26 705 en 1980, elles sont passées à 9 947 en 1999. Durant la même période, le nombre de vasectomie a augmenté de 15 317 à 18 113. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce renversement de situation: les hommes assument une plus grande responsabilité face à leur fertilité; la vasectomie est une intervention chirurgicale moins lourde et moins coûteuse que la ligature, etc. Globalement, le nombre de stérilisations féminines et masculines a chuté de 42 000 à 28 000 ces 20 dernières années.

Le 28 janvier 1988, la Cour suprême du Canada déclarait inconstitutionnel l’article 251 du Code criminel dans le célèbre arrêt Morgentaler, parce qu’il restreignait les droits à
la vie, à la liberté et à la sécurité des femmes. L’avortement était enfin décriminalisé.

2008 La pilule du lendemain est maintenant en vente libre au Québec.

2010 Un homme peut se faire vasectomiser au Québec dès l'âge de la maturité (18 ans) alors qu'une femme de plus de 30 ans doit toujours insister pendant plusieurs années avant qu'on lui accorde un rendez-vous pour une ligature des trompes. Le Dr Nicolas Nélisse, spécialiste en vasectomies (Votrevasectomie.ca) me répond dans un courriel où je lui demande si mon copain (fictif) de 19 ans pouvait se faire vasectomiser: « Je ne refuse pas de patient en fonction de leur âge. La vasectomie est une chirurgie définitive. Il existe bien une chirurgie pour reconnecter les
canaux mais cette procédure n'est efficace que dans 30-35% des cas. Donc, chez la majorité
des gens, une fois la vasectomie effectuée, il n'y a plus de retour en arrière. »

Le mythe veut que la vasectomie soit plus accessible que la ligature des trompes puisque réversible, ce qui est faux, elle ne l'est qu'à 30%. Donc 70% des vasectomies sont ad vitam aeternam. Même chose pour une ligature des trompes. Bref, aucun âge minimal pour un homme adulte, mais pour une femme adulte, oui.





Aucun commentaire: