vendredi 12 février 2010

La Domination masculine


J'ai été voir ce documentaire choc de Patric Jean hier au Cinéma Beaubien (honte à moi, c'était ma première excursion dans ce cinéma... mais certainement pas ma dernière) après n'avoir pu le voir en grande première au Québec aux RIDM parce que sold-out suite à la publicité découlant des menaces de mort qu'avait reçu le cinéaste s'il se pointait dans notre belle province de la part de masculinistes !

Béatement naïve, je ne découvre que cette année l'existence de ces hommes souhaitant un retour au "bon vieux temps" où la femme était soumise à l'homme... Eh oui, les masculinistes québécois ont un site web qui me donne la nausée. Un blog du nom de Marc Lépine... Faut quand même être dérangé pour idéaliser un tueur de femmes!

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En premier lieu, j'aime beaucoup l'affiche que je trouve frappante et amusante. Les chroniqueurs de Bazzo.TV ne semblent pas d'accord avec moi. À vous d'en juger.


Quant à moi, je ne trouve pas cette affiche anti-féministe. La dame n'a pas particulièrement les ongles "négligés" à mon sens. Courts, oui. Rongés ou sales, non. Et son décolleté n'est pas voyeur. Montrer sa "craque de seins", comme disent les chroniqueurs n'est pas indécent. Une femme a des seins et j'ai vu des exemples bien plus dérisoires pour la femme que cette image.

Pour en revenir à La Domination masculine telle quelle, j'ai bien aimé ce film et surtout sa facture indépendante. J'ai l'impression que Maman ? Non merci ! sera la petite soeur de ce film, tous deux tournés au Québec, France et Belgique et décriant une chute libre du féminisme.

Je suis impressionnée par les personnages de Patric Jean, ils se livrent sans pudeur à sa caméra. Le film commence par un homme nu, passant au bistouri pour une chirurgie d'allongement du pénis. Cet homme que j'aurais cru pudique se montre à visage découvert et nous livre les raisons pour lesquelles il souhaitait cette chirurgie.

Plus tard, des femmes battues à la clinique nous racontent leurs mésaventures. Même un ex-homme batteur nous livre sa façon de penser. Je suis impressionnée par ces témoignages difficiles à récolter. Bravo!

Et excellente recherche de documents d'archive. Léo Ferré qui raconte à la télé en 71 que la seule chose créative dont est capable une femme est d'enfanter et qu'elle arrête d'essayer autre chose, m'a sidérée. De même que certaines pubs de voiture, livres pour enfants, etc.

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Je vous dirais que ce qui m'a frappé le plus, est la différence de mentalités entre les Françaises et les Québécoises. Dans le premier quart du film, on rencontre plusieurs femmes lors d'une soirée de speed dating. Elles nous décrivent leur prince charmant : "Un homme qui fait bien entendu plus d'argent que moi. C'est quand même à l'homme que revient la tâche de subvenir aux besoins du couple." "Je cherche un homme jaloux, possessif... et arrogant." "J'aime les hommes qui me dominent..."

Je n'en croyais pas mes oreilles. Jamais, au Québec on n'entendrait une jeune femme dire cela. Peut-être le pense-t-elle, sait-on jamais, mais elle n'oserait le dire à voix haute. Choc culturel. Où est donc passé le féminisme des années 60-70? Dur retour du balancier. Du machisme intériorisé chez les femmes. À l'aide!

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Je vous recommande donc le visionnement de La Domination masculine qui vous fera sans doute rouler des yeux une quantité incroyable de fois, soupirer et même rager. Mais je prêche sûrement pour ma paroisse...

Pour plus d'info:

Si le film vous intéresse, il est à l'affiche jusqu'au 18 février prochain au Cinéma Beaubien.

Cliquez ici pour connaître les horaires :





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